Nous avions adoré assister à la naissance d’un cinéaste, et c’est peu dire que la confirmation de nos espoirs s’est faite attendre. Il y a trois ans, le réalisateur français Mathieu Turi signait Hostile, un post-apo aussi horrifique qu'intimiste, riche de mille surprises. Cette année, enfin, après une longue tournée des festivals et bien évidemment plusieurs mois de salles fermées pour cause de pandémie, son successeur, Méandre, avec Gaia Weiss (Porunn dans la série Vikings), arrive cette semaine sur nos écrans. Et régalez-vous avec la boîte aux trésors de ce fan de Spielberg, Hans Zimmer, et Francis Cabrel

Deep Purple

Soldier Of Fortune

Je commence par celle qui est, pour moi, la plus belle chanson de tous les temps. D’autant plus que je l’ai découvert par hasard. Je suis un gros gros gamer, et je me revois, ado, attendre comme un fou la sortie de Snake Eater, le troisième opus du chef d'œuvre de Kojima, Metal Gear Solid. Et comme j’attendais le jeu comme un dingue, je traquais tout ce qui s’en approchait de près ou de loin. Et là je tombe sur un trailer «home made» qui reprenait des extraits de tous les trailers du jeu, remonté sur la musique de Deep Purple. Je croyais que c’était une bande-annonce officielle, mais la chanson n’est même pas dans le jeu ! Mais cette voix, cette tristesse, cette simplicité, et cette gratte qui donne envie de chialer, franchement, je m’en suis toujours pas remis.

Johnny Cash

Hurt

Flash-back, 2005. J’arrive à Paris depuis ma campagne du sud de la France, je découvre le métro, le bordel, la vie parisienne. Et je m’achète un album au hasard sur mon tout premier iPod, qui est de couleur noire, comme le style de Johnny Cash, et celui que je me donne à l’époque (pendant deux ans, je ne porte que du noir, comme lui). Et quand j’écoute “Hurt”, la mélancolie de la chanson se mêle à la mienne, aux souvenirs de cette époque, d’une certaine solitude, à 18 balais, tout seul dans cette ville immense.

Enya

May It Be

Fan ultime du Seigneur des Anneaux, bien entendu, donc cette chanson, chaque fois que je l’écoute, je suis dans la Comté, avec Frodon et les autres, ou alors aux côtés d’Aragorn, qui charge une dernière fois. Dans tous les cas, je chiale à chaque fois, touché au plus profond par cette voix, ces paroles, et le souvenir d’un choc cinématographique et humain. .

Aerosmith

Dream On

Celle-là, peu importe la version, elle me donne envie de déplacer des montagnes, en mode «never give up». L’originale, les versions live avec un orchestre, la version d’Eminem (wow), peu importe la version, elle me donne toujours ce petit boost qui me dit que tout est possible.

Francis Cabrel

La Corrida

Toute mon enfance, j’ai entendu cette chanson, et toute mon enfance, je m’en foutais un peu. Mes parents écoutaient pas mal de variétés françaises, et je trouvais ça pas terrible, un peu... Bah un peu vieux quoi ! Et plus tard, mais vraiment plus tard, je ne sais pas pourquoi, je me suis mis à comprendre le sens de la chanson : le point de vue de l’animal mis à mort. Je n’avais jamais écouté, jamais compris. J’ai compris la puissance du point de vue et des mots avec cette chanson.

Hans Zimmer

Drink Me Hearties Yo Ho

Parce que même après l’avoir écouté cent fois, quand ce morceau bien précis de la bande originale de Pirates des Caraïbes 3 est en route, je me retrouve à agiter les bras comme un chef d’orchestre, comme si j’avais une idée de ce que j’étais en train de faire. Il y a une énergie, une puissance dans ce morceau, je sais pas, c’est plus fort que moi... Je vais au concert l’année prochaine, pour le vivre en vrai, donc il y aura deux chefs d’orchestre ce soir là, le vrai, et moi comme un con dans le public, en train d’agiter les bras. .

Eddy Mitchell

Couleur Menthe à l’eau

Parfois, une chanson raconte une histoire comme si les images étaient là. Je ne sais pas pourquoi, si c’est à la fois les paroles, la voix de Mitchell ou la façon d’amener les choses, mais cette chanson me touche. Encore une fois, l’histoire ne concerne pas celui qui chante, et pourtant il est là, dans la pièce. Le point de vue, forcément, ça me parle, mais là, je ne sais pas pourquoi, ça marche sur moi à 100%.

Lana Del Rey

Ride

J’ai écouté cette chanson en boucle quand j’écrivais Hostile , mon premier long. C’est souvent le cas pour écrire, il y en a toujours une qui, sans raison, se met à coller à toute l’imagerie et les intentions. Lana Del Rey , qu’on aime ou pas, c’est un univers unique et mélancolique qui me parle et qui, à chaque fois, me met dans un mood particulier, comme si tout était au ralenti. 

James Newton Howard

The Gravel Road

Ce morceau, mais ce morceau ! Je pense que c’est peut-être ce que Newton Howard a fait de plus beau dans toute sa carrière. Cette envolée perpétuelle, ce mouvement dans les cordes, comme du vent dans les branches d’un arbre, cette émotion... C’est toujours difficile d’écouter de la musique de film encore et encore sans anticiper ce qui va se passer, et du coup, on peut vite se lasser (à part les grands classiques, bien entendu). Là, c’est plus intime, et en même temps parfait. Le film, Le Village, m’a bouleversé, et même si je suis un des seuls à le penser, je trouve que c’est une des plus belles histoires d’amour du cinéma.

Queen

Princes Of The Universe

Une autre madeleine, évidemment à cause du générique de la série Highlander ! Ces guitares électriques qui crachent, ces percussions de malade qui feraient résonner un stade... Et comme beaucoup de gamins fans de la série, je n’avais jamais entendu la suite ! La chanson part dans un autre délire, avec un solo de guitare monstrueux ! J’ai donc eu le plaisir de l’écouter en entier et de la détacher de mes souvenirs... pour l’apprécier encore plus !