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        <title>Les concerts GMD</title>
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        <description>Derniers comptes rendus parus sur notre webzine</description>
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				<title>Oneohtrix Point Never</title>
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				<content:encoded><![CDATA[Dans la musique électronique, il y a deux extrêmes : ceux qui sortent le carnet de chèques pour noyer un set très scolaire sous un jeu de lumière qui fait un an de ta consommation électrique (coucou Justice et Gesaffelstein), et ceux qui font le choix de déverser une violence algorithmique dans le noir complet (coucou Autechre). Entre ces deux opposés que rien ne semble vouloir unir, ils ne sont pas légion ceux qui s’efforcent d’offrir une performance ni trop scriptée, ni pas assez. On peut quand même évoquer le set de Floating Points au Cent Quatre il y a quelques années - <link record:tx_gmdchron_concerts:490>on avait été aussi tendres qu’un flic un jour de manif</link>. On peut ajouter à cette courte liste de &quot;centristes du synthé&quot; le petit nom de l’increvable Oneohtrix Point Never qui défendait ce jeudi 7 mai la salle Pleyel de Paris son Tranquilizer, chouette opus paru en novembre dernier qui opérait un retour aux sources assez bienvenu après quelques ainés très aventureux – parfois trop pour nous, même s’il a toujours su nous rappeler qu’il avait encore le truc.<br /><br />Si ce dernier disque porte donc bien son nom, il était surtout révélateur d’une promesse secrète : celle de voir Daniel Lopatin reprendre sur scène sa couronne du pape de la vaporwave, après quelques flirts avec la musique néoclassique. Car en matière de musique vaporeuse, et malgré bientôt trois décades de carrière, l’Américain a toujours aussi peu de concurrents. Et ce, malgré que la recette à laquelle il s’emploie n’ait pas différé tant que ça depuis tout ce temps : on boucle comme un salopard, on truffe tout ça de synthétiseurs aériens volés à Vangelis, ou on noie un sample de pop joué à la mauvaise vitesse dans une vallée d’échos. Tout ce cahier des charges pourrait presque relever de la parodie aujourd’hui si Lopatin n’était pas parvenu à garder intact ce goût du bricolage, comme une signature qu’il a enrichi et &quot;professionnalisé&quot; disque après disque, sans jamais perdre finalement ce côté bancal et brouillon et en laissant toujours une immense place à l’émotion. L’œuvre d’OPN, finalement, on pourrait la résumer comme un date où l’on serait tour à tour très amoureux de la personne rencontrée, sans jamais réussir à mettre de côté le profond phénomène de vallée de l’étrange qu’elle nous inspire.<br /><br />Pour exister dans une salle aussi grande que Pleyel, habituée aux concerts de classique, il fallait donc inverser le rapport de force et faire en sorte que la partie visuelle soit au service de sa propre musique. C’est à ce moment-là que Freeka Tet entre en scène : Lopatin a vu dans l’artiste français qui a déjà mis ses talents au service de gens aussi recommandables qu’Amnesia Scanner le VJ parfait pour ce gros set best of qui vient aléatoirement piocher dans ses onze albums studio. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils se sont bien trouvés : tour à tour oppressante avec le laser rouge qui balaie le public avant le final trance haut en couleur de &quot;Mutant Standard&quot;, épileptique sur le deep cut &quot;Rush&quot;, ou extraterrestre sur le superbe &quot;Lifeworld&quot;, le VJ joué artisanalement aux côtés de Lopatin est comme un urbex dans les ruines de l’œuvre qu’il habille. Il faut voir la réaction du public, bouche bée, durant la grosse purée euphorisante qui entame ce set pour comprendre à quel point ce qu’il se passe est fort.<br /><br />Si le reste du set semble plus écrit au point qu’on se demande exactement ce que Lopatin trafique sur ses machines, la magie ne s’est pas fait la malle pour autant : l’alchimie entre l’image et le son est telle que la revisite de ce catalogue est un plaisir total, et les moments d’émotion bien trop nombreux pour les évoquer de façon exhaustive ici. Allez, quand même, on est bien obligés de le dire : si tout ce qui a été joué ce soir était d’excellente facture, &quot;Chrome Country&quot; était, est et restera un morceau parfait. Bien sûr qu’il est un passage obligatoire pour son géniteur qui, depuis le temps qu’il le joue, ne doit plus pouvoir le blairer. Alors il s’emploie à le revisiter régulièrement, comme pour éviter que la passion ne s’use entre ce morceau et le public qui l’attend inlassablement en conclusion, en bouquet final. Sur le Tranquilizer Tour, force est de l’admettre : le tour de magie est certes élimé, mais son exécution est toujours aussi fonctionnelle, intestable. Si bien que quand les lumières se rallument après 1h30 de spectacle, on quitte la salle Pleyel le cœur au bord des yeux, en se disant que tout ceci est passé bien trop vite. Et en espérant que la prochaine fois sera au moins aussi bien.<br /><br />Crédit photo : Reddit]]></content:encoded>
				<pubDate>Wed, 27 May 2026 09:04:08 +0200</pubDate>
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				<title>Revolution Calling 2025</title>
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				<description><![CDATA[Organisé depuis 5 années à Eindhoven, le Revolution Calling Festival est devenu l’un des événements majeurs d’Europe pour la scène hardcore punk. La...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<i>Organisé depuis 5 années à Eindhoven, le <b>Revolution Calling Festival</b> est devenu l’un des événements majeurs d’Europe pour la scène hardcore punk. La déclaration d’intention est simple : célébrer l’énergie, l’héritage et la diversité créative du hardcore, tout en offrant une plateforme à des groupes de plusieurs générations. Et la formule convainc complètement puisque le festival pouvait à nouveau se targuer d’une édition sold out en 2025, tant pour la journée principale que pour le pré-show la veille, avec des spectateur·ices venu·es de 55 pays, rien de moins. </i>
<i>Si vous n’avez entendu parler de cette scène que l’année dernière grâce à l'explosion de <b>Turnstile</b> (c’est déjà un bon début), on répond à 5 questions qui, peut-être, vous permettront de ne pas seulement y tremper les pieds mais de sauter à pied joint dans ce monde merveilleux. </i>

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<b>Comment le festival reflète-t-il les valeurs de la scène ? </b>
L’événement s’est construit sur les cendres d’un autre rendez-vous (The Sound of Revolution) et a su reprendre la flamme sans la dénaturer. Année après année, Revolution Calling affirme une identité fidèle à l’éthique DIY, tout en offrant une organisation exemplaire avec trois scènes, pas de barrières pour maximiser l’activation du pit et un événement ouvert à tous les âges. Les bases sont posées et tout est ici pensé par des acteur·ices de la scène pour les gens de la scène.&nbsp;C’est dans cette dynamique qu’intervient aussi <b>Stronger Bookings</b>, structure incontournable dans la mise en place du festival. Dirigée par <b>Martijn Van Den Heuvel</b>, chanteur du groupe <b>No Turning Back</b>, elle incarne à elle seule la passerelle entre le terrain, les tournées et l’événementiel. 
Sur place, l’engagement ne se limite pas à la musique puisque plusieurs associations fortes de sens sont présentes. Parmi elles, on mentionnera par exemple la <b>Hardcore Help Foundation</b>, cette ONG allemande essentielle qui œuvre pour venir en aide aux personnes marginalisées et soutient des projets de santé, d’éducation et d’eau potable dans divers pays tout en développant un travail social durable avec des partenaires locaux.&nbsp;
Alors certes, la parité de l’affiche dans son ensemble est encore très loin d’être un acquis mais on a senti une volonté de la part de l’équipe d’être aussi représentatif que possible. On regrettera également qu’en ces temps sombres, les artistes se soient montrés nettement moins vocaux que d’habitude sur les questions sociétales. Les prises de parole sur l’égalité, l’antiracisme, l’entraide ou les luttes politiques, généralement chères aux acteur·ices de la scène, sont restées plutôt discrètes, voire absentes. Une retenue inhabituelle, surtout dans un milieu où l’idée même de monter sur scène s’accompagne traditionnellement d’un besoin d’affirmer haut et fort ses convictions. 
<b>Le festival est-il accessible aux personnes qui découvrent ce style ? </b>
Oui et non. Si le festival se veut être une célébration de la culture hardcore dans ce qu’elle a de plus pur, son affiche verse dans le penchant plus “dur” du genre, au détriment des courants adjacents. A l’inverse du <b>Outbreak Festival</b> qui aujourd’hui tend vers un line-up plus hétéroclite, Revolution Calling ne mise pas forcément sur les groupes emo, indie-punk voire hip-hop que l’on sait proche de ces sphères. 
<b>No Pressure</b> par exemple, le projet pop-punk du chanteur <b>Parker Cannon</b> (<b>The Story So Far</b>) était très certainement le plus accessible du line-up et a fait le job. <b>Terror</b>, pour sa 2000ème apparition en Europe minimum, faisait office de passage obligé si vous vouliez vous rendre compte de ce qu’est le meilleur groupe de hardcore du 21e siècle. Enfin, la présence d’<b>American Nightmare</b>, pionniers du hardcore émotionnel et sombre des années 2000, servait également de témoin de ce courant, moins brutal que ses pairs, qui a submergé la scène à cette époque. Ne vous y trompez pas: Si vous êtes encore relativement novices à ce genre de rassemblement, sachez que l’ambiance y est complètement conviviale, que les concerts y sont toujours énergiques, la communauté extrêmement accueillante et l’atmosphère bien festive: autant de facteurs qui ne nécessitent aucun prérequis pour être appréciés. Et ne vous laissez pas impressionner par la horde d’experts en arts martiaux qui peuplent le pit, il y a de la place pour tout le monde et Revolution Calling se place comme un endroit où la musique est encore une affaire de communauté.

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<b> Quels enseignements cette affiche donne-t-elle sur la vitalité de la scène d’aujourd’hui ? </b>
Le line-up de cette année témoigne d’une immense richesse stylistique dont on ne peut que se réjouir : du hardcore anglais le plus abrasif à une scène française en lévitation ces dernières années, du powerviolence scandinave à l’Oi!-hardcore, du NYHC légendaire au beatdown de Détroit : Chaque groupe apporte sa couleur et son vécu, ce qui donne au festival un relief rare. Cette diversité n’est pas le fruit du hasard et reflète la volonté profonde de Revolution Calling de faire dialoguer les générations, de reconstruire un pont entre ceux qui ont construit la scène hardcore et ceux qui la redessinent aujourd’hui. 
L’équation pour un bon line-up n’est pas si compliquée quand on y pense : les jeunes groupes qui ont la dalle et les vieux groupes qui ont écrit l’histoire. Défendre la scène plutôt que la nostalgie à tout prix et montrer que le hardcore n’est pas une relique mais un organisme bien vivant, c’était semble-t-il la feuille de route au moment d’élaborer ce line-up bien dodu qui allait faire trembler les murs du Klokgebouw, usine réhabilitée où résonnent d’ordinaire les fantômes de l’industrie néerlandaise. A ce titre, on espère chaudement y avoir vu les fers de lance du genre dans les prochaines années. 
Cela pourrait être <b>Clobber</b> et leur hardcore poisseux qui ont eu la lourde tâche d’ouvrir la Stronger Stage (deuxième en termes de capacité) mais a largement réveillé les esprits, notamment avec une reprise pas vilaine du “<i>Ace Of Spades</i>” de <b>Motörhead</b>. Il faudra également regarder du côté de Paris avec des représentants solides comme <b>Calcine</b> ou nos chouchous de <b>Sorcerer</b>, dont la courbe de progression est tout bonnement hallucinante.&nbsp;
Cela pourrait passer par <b>Xiao</b>, seul représentant powerviolence d’une scène scandinave également en plein essor et venu présenter un set court et chaotique ou encore le “evilcore” viscéral de <b>Whispers</b> qui, par sa simple présence, rappelle que l’Asie du Sud-Est est devenue un foyer brûlant du genre.&nbsp;Il fallait également voir les californiens de <b>Big Boy</b> qui fêtaient ici leur toute première apparition européenne avec un set hyper euphorisant, eux qui n’ont toujours pas sorti le moindre album mais dont la notoriété repose essentiellement sur la scène live et le bouche-à-oreille.&nbsp;Enfin, comment ne pas mentionner <b>Guilt Trip</b> qui est déjà passé dans ce braquet supérieur du metalcore, au même titre que des compatriotes chevronnés comme <b>Malevolence</b> par exemple. Le groupe a livré une performance extrêmement carrée et a tenu à célébrer sa récente signature sur <b>Roadrunner Records</b> avec une reprise foudroyante du “<i>Davidian</i>” de <b>Machine Head</b> en conclusion. L’avenir est radieux pour eux.

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<b>Les vieux bandent-ils encore ? </b>
Oui. A côté de la <i>next gen</i>, les légendes américaines constituaient tout de même les principales têtes d’affiche. Il ne fallait pas rater <b>Killing Time</b> dans l’après-midi pour une de leurs très rares apparitions européennes. Formée à New York en 1988, la bande menée par <b>Anthony Comunale</b> peut se targuer d’avoir sorti l’un des albums les plus influents du genre avec <i>Brightside</i> (1989) et c’est forcément celui-ci qui composait l’essence même de leur setlist conclue sur un parfait “<i>Backtrack</i>”. Visualisez votre grand-père sur scène et 15 personnes qui lui sautent dessus pour hurler “<i>One step forward - Two steps back</i>”, vous aurez le tableau. 
Dans un registre plus souterrain, les discrets mais extrêmement respectés <b>Battle Ruins</b> et leur hardcore inspiré du heavy metal se sont également fendu d’une apparition exclusive européenne tandis que la redoutable entité <b>Ringworm</b> prouvait à nouveau à celles et ceux qui en doutaient pourquoi le son de Cleveland, ce mélange de crossover thrash, metalcore old-school et hardcore sombre, passe forcément par eux. Il ne fallait certainement pas manquer non plus les les darons de Boston <b>Slapshot</b> qui célébraient leur tout dernier concert sur le sol européen avant de tirer une révérence bien méritée. De 1985 à 2025, merci pour les travaux. 
 Si on parle NYHC, impossible de ne pas causer <b>Gorilla Biscuits</b>. Groupe fondateur, icône du hardcore positif et mélodique, la bande à <b>Walter Schreifels</b> contiunue d’attirer un public multigénérationnel malgré une actualité discographique inexistente. Il suffit pourtant d’entendre les nombreux hymnes qui jalonnent <i>Start Today</i> pour comprendre que ce groupe est intemporel. Leurs nombreuses reprises en forme de célébration de cette musique, de <b>Warzone</b> aux Clash en passant par <b>Minor Threat</b>, prouvent également que le hardcore est un genre qui s’adapte, qui absorbe, qui recrache, et qui finit toujours par retrouver sa route. Une institution, tout simplement. 
 Enfin, on en place une pour l’une des attractions de cette journée : <b>Cold As Life</b>. Le groupe de beatdown originaire de Detroit est l’un des plus cultes de sa génération, certainement bien aidé par ce mythe violent qui repose autant sur leur musique que sur la dureté de leur histoire (<b>Jeff Gunnells</b> a pris 10 ans de prison pour braquage à main armée, sombre enroule). De retour depuis sa libération et en Europe pour la première fois depuis des années, le leader ne cache pas son bonheur d’être là et sa gratitude de pouvoir reprendre les affaires. Leur influence sur le hardcore actuel est immense et le plaisir qu’on a pris devant leur prestation fût de même envergure, malgré un dernier titre avorté par la Croix Rouge pour une histoire de stage dive qui a très mal fini… 
<b>Hatebreed est-il le meilleur groupe de hardcore au monde ? </b>
La réponse est oui. Bonne journée. ]]></content:encoded>
				<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 08:50:28 +0100</pubDate>
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				<title>Tangerine Dream</title>
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				<content:encoded><![CDATA[ Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’aller écouter un groupe fondé en 1967. Pour vous donner une idée&nbsp;: 1967, c’est l’année de création de <b>Procol Harum</b> et de <b>Amon Düül</b>. Ça ne nous rajeunit pas&nbsp;- surtout moi, qui était loin d’être né. <b>Tangerine Dream</b>, légende du krautrock, de l’ambient, des musiques électroniques, et de tout un tas d’autres genres, mais aussi une légende de la formation musicale. Groupe composé d’<b>Edgar Froese</b> et <b>Volker Hombach</b> notamment, il est ensuite rejoint par<b> Klaus Schulze</b>, puis plein de musicien·ne.s qui vont et viennent, à tel point qu’il fait partie de ces ensembles des années 1960 qui vont lentement glisser de «&nbsp;groupe&nbsp;» à «&nbsp;franchise musicale&nbsp;».
Toujours est-il que le trio qui a officié au Sucre ce jeudi 16/10 n’a plus rien à voir avec celui des débuts, même si Edgar Froese a continué à y participer jusqu’à sa mort en 2015. <b>Thorsten Quaeschning</b> est désormais le daron de l’affaire, lui qui est présent depuis 2005, aujourd’hui accompagné de <b>Hoshiko Yamane</b> (qu’on a principalement vue au violon électronique et sur laptop) et de <b>Ulrich Schnauss</b> (à la basse et aux moult synthés). 
Invité dans le cadre d’un trio de soirées estampillées Nuits Sonores (avec <b>Sunn O)))</b> et <b>Zentone</b>), le groupe a offert un set spécial pour le 50<sup>e</sup> anniversaire de <i>Phaedra, </i>un disque sorti en 1975 par un line-up quasiment originel.

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<b>Phaedra&nbsp;Fantasy Remake</b>
Quand on arbore le nom de Tangerine Dream, il faut se montrer digne de cette étiquette de magicien du son et d’adorateur de synthétiseurs que cela implique. Coup de bol, Thorsten Quaeschning a le look parfait pour ça. Vous le savez, à GMD, on ne fait pas dans les remarques sur le physique donc je ferai court, mais c’est bien simple&nbsp;: je n’ai jamais vu un type autant ressembler à un magicien de Las Vegas. Coupe de cheveux, gestuelle, il aurait sorti une scie pour couper un Moog en deux que je me serais attendu à avoir un 3 de trèfle dans mon portefeuille à la sortie. Dans cette esthétique très vieille école, au sein de laquelle les synthés bourdonnent de lumières en arrière-plan alors qu’un public de tout âge s’installe – le Sucre avait eu la bonne idée d’installer des canapés pour certaines personnes très âgées – Quaeschning débarque seul avec une flûte à bec ténor pour accompagner un ancestral son de modulaire. 
À entendre ces sonorités en live dans une salle comme le Sucre, l’effet est immédiat&nbsp;: ça a vieilli. Et puisque <i>Phaedra</i> est joué dans l’ordre des titres, l’étonnement tiendra jusqu’à la fin d’un <link https://youtu.be/pqHChUdb1zg?si=iDTuKutmfQp3fvQF>«&nbsp;Mysterious Semblance At The Strand Of Nightmares&nbsp;»</link> un poil décevant par rapport au matériau d’origine. Sauf que l’étiquette Tangerine Dream n’est pas celle d’une bande d’antiquaires incapables de vivre avec leur temps, c’est celle d’amoureux·ses des musiques électroniques et de leur évolution. La suite du concert va alors déployer tout son potentiel, comme on passe de la 2D à la 3D, comme on passe d’un très bas à un très haut débit. En recréant avec les effets actuels le feu d’artifice qu’a dû être l’album à sa sortie en 1975, le trio a mis une soufflante à tout le monde.
Déstructuré, plein à craquer de cliquetis et d’effets de boucles, en mouvement permanent dans la spatialisation des enceintes, le son de Tangerine Dream joue avec les limites de ce que le public est en capacité d’entendre. Pour celles et ceux qui apprécient les lives récents d’<b>Aphex Twin</b> ou d’<b>Autechre</b>, il faut imaginer un élan similaire – avec un résultat certes bien différent. 
À ce niveau, c’est probablement un des «&nbsp;vieux groupes&nbsp;» les plus intéressants qu’il m’ait été donné d’entendre, si bien que j’ai immédiatement pensé à Final Fantasy. Feu d’artifice visuel et narratif à sa sortie, vite dépassé par la technique, le jeu vidéo des années 1980 et 1990 trouve aujourd’hui une actualisation dans une réflexion complexe et pleine de choix difficiles lors de «&nbsp;remakes&nbsp;» qui n’ont parfois plus rien à voir avec la version originelle. 
Faut-il reproduire le gros aplat vert dégueulasse de Final Fantasy VII à l’ère du photoréalisme&nbsp;? Faut-il jouer <i>Phaedra </i>tel qu’il existe à nos oreilles en 2025, ou bien tel qu’il existait au moment où il a été composé&nbsp;? Celles et ceux qui y étaient, et il y en avait dans la salle, ont dû apprécier une musique comprise, retravaillée, et qui se paie le luxe de tenir depuis cinquante années l’effet de surprise&nbsp;; celles et ceux qui comme moi n’y étaient pas en 1975, ont pu revivre quelque chose de cette découverte passée et profiter de ce qui nous reliait tous·tes dans la salle. 
On se met alors à rêver&nbsp;: même si tous les vieux groupes ne partagent pas cet aspect essentiel de la technique présent dans Tangerine Dream, pourquoi pas remaker les autres&nbsp;? On veut voir une version moderne d’<b>AC/DC</b>&nbsp;(est-ce que c’est <b>KGLW</b>?)&nbsp;! Si d’autres groupes de la même époque ont suivi des pistes similaires, comme <b>King Crimson</b> ou <b>Gong</b>, il semble néanmoins que cette tournée de Tangerine Dream doit pouvoir servir d’exemple, au moins pour la réflexion. 
Après une petite heure d’un set qui nous a tous·tes eu·e.s, clap de fin et standing ovation pour le trio de la franchise allemande.

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 <b>Discoclub et Grand Theft Auto </b> &nbsp;
Sauf que pas du tout, puisque le rappel à duré presque deux heures. Comme libéré du poids du patrimoine, Quaeschning s’est enfin exprimé&nbsp;: «&nbsp;now we can play whatever we want&nbsp;». À partir de là, Tangerine Dream a abandonné le format du set, enchaîné les singles, redonné de la place à Hoshiko Yamane (qui était un peu sous-utilisée dans <i>Phaedra</i>), et a fait péter le disco. 
De l’ambient spacerock au nightclub, on aura donc tout eu pendant ce rappel dans lequel on a repéré quelques titres emblématiques&nbsp;: des titres plus récents mais qui faisaient plus vieux, parce que la présence d’Edgar Froese jusqu’en 2015 a polarisé le groupe dans une atmosphère <b>John Carpenter</b>-like, avec par exemple «&nbsp;Genesis of Precious Thoughts&nbsp;»&nbsp;; des trucs moins connus comme <link https://youtu.be/h0j1vFfyxvg?si=ML9r2M6WquRuEeI4>le très beau «&nbsp;Portico&nbsp;» de leur dernier album <i>Raum</i>,</link> qu’on vous conseille intégralement si vous avez le temps&nbsp;;&nbsp;de l’OST de GTA V bien entendu, avec «&nbsp;No Happy Endings&nbsp;», véritable consécration pour Froese ; des titres qui synthétisent bien l’histoire du groupe, comme <link https://youtu.be/uG7eRgTwkck?si=s5_jEJVUAxZAaIqN>le magnifique «&nbsp;Love On A Real Train&nbsp;» de 1985</link>. 
Quelle excellente idée, en tout cas, d’avoir invité Tangerine Dream comme contrepoint des Nuits Sonores&nbsp;: <link https://www.goutemesdisques.com/concerts/c-r/nuits-sonores-2025/>on vous parlait en juin de l’évolution du festival</link> et de sa compréhension assez élargie de la culture électronique. Ici, c’est toute l’histoire d’une multiplicité de genres musicaux qu’on retrouve, d’univers qui ont su se mélanger a posteriori à partir de ces groupes allemands des années 1960. Le trio nous a quittés en promettant de revenir à Lyon&nbsp;; on y compte bien, car croyez-nous, pas besoin d’être un fan absolu du groupe pour réserver sa soirée.
Crédits photo : Noémie Lacote&nbsp;]]></content:encoded>
				<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 08:34:41 +0200</pubDate>
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				<title>Turnover</title>
				<link>https://www.goutemesdisques.com/concerts/c-r/turnover/</link>
				<description><![CDATA[Ce samedi 6 septembre, le Cirque Royal Club accueillait les américains Turnover pour le passage bruxellois de leur tournée célébrant les dix ans de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[Ce samedi 6 septembre, le Cirque Royal Club accueillait les américains&nbsp;<b>Turnover</b> pour le passage bruxellois de leur tournée célébrant les dix ans de <i>Peripheral Vision</i>.&nbsp;<b>Austin Getz</b> et ses camarades savent depuis longtemps que <i>ce&nbsp;</i>grand disque de 2015, est devenu leur mètre étalon et a marqué un tournant plus que décisif dans leur carrière. Abandonnant le pop-punk relativement convenu des débuts en 2009, Turnover s’est engouffré dans une dream pop vaporeuse portée par des textes à la mélancolie diffuse. En 10 ans, l’album a largement pu trouver écho auprès d’une génération, autant à l’aise avec <b>Title Fight</b> que <b>DIIV</b>, devenant l'indéniable classique du genre qu'il est. Mais cette tournée anniversaire souligne autant l’aura éternelle de cet album que la difficulté du groupe à s’en détacher. 
Car dix ans après, Turnover tourne encore largement sur son dos, et ce malgré trois albums de bonne facture sortis depuis (<i>Good Nature</i>, <i>Altogether</i>, <i>Myself in the Way</i>). Artistiquement, le constat est sans appel : <i>Peripheral Vision</i> reste le <i>magnum opus</i> du groupe et si c’est comme ça que ça doit se passer, il serait dommage de ne pas le fêter dignement. La salle secondaire du Cirque, plus étroite et torride que son grand théâtre attenant, fait donc office d’écrin pour ce rendez-vous quasiment complet où le groupe de Virginia Beach doit rejouer pour la première fois son album le plus culte en intégralité. 
C’est <b>Glixen</b>, jeune formation fondée en 2020 autour de la chanteuse et guitariste <b>Aislinn Ritchie</b>, qui se charge d’ouvrir le bal dès 17h45 pour ce <i>early show</i>, le dernier de la tournée sur le sol européen avant que le package ne parte attaquer la Grande Bretagne. Venu tout droit, et pour la première fois ici, de Phoenix, Arizona, le quatuor propose un shoegaze des plus classiques sur le papier mais qui se révèle rapidement infectieux sur la scène. Leur deuxième EP,&nbsp;<i>Quiet Pleasures</i>, sorti cette année, n’a d’ailleurs pas volé son titre et on sent déjà derrière les murs de fuzz, une vraie écriture, fragile et mélodique. Assurément un nom qu’on réentendra vite. 
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Dès 18h30, les lumières s’éteignent et les premières notes de &quot;Cutting My Fingers Off&quot; résonnent. La suite est connue d’avance mais attendue comme un rituel : &quot;New Scream&quot;, &quot;Humming&quot;, &quot;Hello Euphoria&quot;… Le cocon mélodique se referme vite sur les 350 participante·es et les dix titres de l’album se succèdent sans pause inutile, dans l’ordre du disque. Turnover joue proprement, sans surjouer l’émotion, tandis que son public de trentenaires reprend en chœur les refrains dans un moment de jeunesse suspendue. Yeux fermés, paroles murmurées, couples enlacés... Autant de conséquences que provoquent l'écoute de titres comme &quot;Like Slow Disappearing&quot; ou &quot;Take My Head&quot;.&nbsp;Cette foutue nostalgie n’est jamais finie.
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Et c’est parfois là toute la cruauté de l’exercice. Rejouer <i>Peripheral Vision</i> dix ans après, c’est accepter de ressortir le fantôme qui hante Turnover, tout en portant le constat silencieux que rien dans le reste de leur discographie n’a jamais égalé son éclat. La salle, désormais au-dessus des 30 degrés, vit son bon moment quoi qu’il en soit, tandis que le groupe délivre la magie de ces titres avec un mélange d’application et de gratitude pour le chemin parcouru. Et alors que l’on pensait que le groupe ne s'attarderait pas une fois ledit disque conclu, il annonce par la voix de son leader puis joue deux nouveaux morceaux d’un potentiel album à venir. Les récentes expérimentations disco-pop récentes du groupe ou le vernis soft rock qui suivent (“Tears Of Change&quot;, &quot;Super Natural&quot;) n’ont pas forcément la même résonance que leurs prédécesseurs mais se laissent toutefois consommer avec allégresse. Turnover choisit enfin de conclure sa soirée sur un énième bonbon de leur premier album <i>Magnolia</i>, avec l’ancienne favorite, “Most of The Time”. 
En toute sobriété, le groupe remercie infiniment les siens et promet de ne plus mettre cinq ans avant de revenir en Europe.&nbsp;Cette tournée tenait autant du devoir de mémoire que de la célébration sincère d’une fanbase qui a toujours suivi la bande dans ses aventures mais le temps de regarder dans le rétroviseur est désormais terminé.]]></content:encoded>
				<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 13:08:59 +0200</pubDate>
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				<title>Autechre </title>
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				<content:encoded><![CDATA[Le <i>brat summer</i> est apparemment mort. Terminés la coke et l’hédonisme, et pour s’en assurer (et planter un dernier clou dans le cercueil) on a donc décidé d’aller voir un des groupes les moins extravertis du monde dans une ville peu connue pour son tourisme et sa sensualité : <b>Autechre</b> à Varsovie.
Pour cette courte série de dates estivales qui les voyait parcourir 5 villes européennes avant une tournée US et UK, le duo anglais était accompagné de <b>Russell Haswell</b> et de «&nbsp;talents locaux&nbsp;» sur certaines dates. Aucune idée donc de qui était la première personne sur la scène du Klub Progresja ce dimanche soir, on sait simplement qu’elle joue intégralement sur Eurorack. Le tout modulaire, c’est également le choix qu’avait fait Russell Haswell pour un live court mais ultra-efficace. Arc-bouté sur son set-up posé à même le sol, l’anglais a alterné entre ambient, noise et moments ultra-percussifs, tout en rendant hommage à <b>Ozzy Osbourne</b> et en s’enquillant quelques Heineken au passage. Absolute Chad.
Mais sans leur manquer de respect pour autant, le public n’était pas là pour les premières parties. Non, les spectateurs attendaient Autechre comme des morts de faim, t-shirts du groupe sur le dos (toujours le même design depuis 2022 à l’exception de l’année indiquée... on l’a évidemment racheté) et bras croisés en attendant l’extinction des feux. 21h pile, la salle est plongée dans l’obscurité, et les premières textures émergent.
On pourrait décortiquer sans cesse la moindre prestation live d’Autechre, et les fans hardcore ne s’en privent d’ailleurs pas sur Reddit. Pour tenter de s’inscrire dans leurs pas, on évoquera rapidement un live dans la lignée de Rennes (le set C version «&nbsp;sombre&nbsp;» donc <link https://www.reddit.com/r/autechre/comments/1gjo3cn/abcde_set_types/>selon la nomenclature de r/autechre</link>) mais sous stéroïdes, les morceaux les plus rythmés pouvant parfois le rapprocher de Lisbon_B / Lyon (le set D tant apprécié des fans). Bref le fameux <i>Rig</i> du duo continue d’évoluer, et on a hâte d’entendre les différents update apportés, surtout que les deux Anglais ont annoncé vouloir continuer sur leur lancée de tournées, sans projets de disques à venir.
Ceci, on ne l’a bien sûr conscientisé qu’après coup, tant l’intensité du live proposé empêche toute réflexion. 90 minutes d’une musique toujours au bord du précipice, Rob et Sean jouant extrêmement bien avec les attentes du public, au point de faire croire à une fin du live au bout d’une grosse heure avant de repartir de plus belle sur 20 minutes endiablées. Perdus dans le noir, il n’est alors question que d’osciller entre deux lignes de basses, d’essayer de se raccrocher à une structure rythmique avant qu’un nouveau séquenceur ne l’envoie valdinguer par dessus bord, et de prendre régulièrement quelques gros ascenseurs émotionnels sur de superbes segments mélodiques qui surgissent du néant. Un univers entier convoqué au détour d’un patch Max/MSP et d’un geste sur un contrôleur MIDI, avant de repartir dans la soupe primordiale d’où il était venu pour céder la place à de nouvelles constructions.&nbsp;
Les deux architectes de cette Création sont bien là, deux figures fantomatiques derrière leurs écrans de MacBook en luminosité minimum. L’un très calme, semblant à peine bouger, l’autre beaucoup plus engagé, se balançant en rythme alors qu’il agit mystérieusement sur le son. Et quel son ! De là où on était, on n’a clairement pas eu à souffrir de quelconques problèmes d’EQ, et ce alors qu’on était près des enceintes / loin des ingés son. S’il fallait critiquer quoi que ce soit, ce serait d’ailleurs plutôt les 2-3 personnes qui décident de transformer leur téléphone en grenades flash au moment de prendre quelques vidéos. Les yeux fermés pour ne plus être dérangés, on a quand même pris conscience que la luminosité augmentait tout à coup, trop pour que ce soit de simples téléphones. Incroyable mais vrai, c’était bien les projecteurs du Progresja qui étaient allumés, avant de trembloter pendant les 5 dernières minutes du concert. Un dernier souffle drone pour la route, et Rob et Sean de tout à coup disparaître alors que le son commence à faiblir. 30 secondes plus tard, deux ombres se faufilent en back-stage sans un regard, sous de pesants sacs à dos et les acclamations du public. Le <i>brat summer</i> est mort, vive le <i>neurodivergent summer</i> !]]></content:encoded>
				<pubDate>Tue, 12 Aug 2025 21:36:52 +0200</pubDate>
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