The Vaccines

Le Botanique, Bruxelles, le 25-02-2011 | par Jeff le 28-02-2011

Davantage que la prestation des Vaccines ce vendredi à Bruxelles, ce que l'on retiendra, c'est que l'ascension du groupe est l'exemple type de tout ce que la hype peut avoir de pervers. En effet, il y a quelques semaines, le nom des Vaccines était un buzz parmi d'autres, porté il est vrai par une poignée d'excellents titres comme l'incandescent « Wreckin' Bar (Ra Ra Ra) ». Lorsque le concert bruxellois du groupe avait été annoncé, c'était dans le minuscule Witloof Bar du Botanique qu'il devait se tenir. Depuis, la machine promotionnelle s'est mise en branle et le sirupeux (mais néanmoins très efficace) « Post Break Up Sex » est passé par là. L'engouement a depuis pris des proportions démentielles qui font penser que si la carrière des Vaccines est mal gérée, ceux-ci pourraient tomber dans l'oubli aussi rapidement qu'ils n'ont été propulsés aux sommets.

Mais ce genre de considérations ne sont pas l'affaire du Botanique bruxellois qui, vu la demande massive, avait décidé de déplacer le concert dans la salle de l'Orangerie (800 places), ne récompensant pas vraiment les plus perspicaces qui auraient pu dans quelques mois se vanter d'avoir vu le groupe juste avant son explosion. Autre signe qui ne trompe pas: alors que le quatuor n'a même pas encore sorti son premier album, ce n'est pas un vieux van blanc qui est parqué devant la salle bruxelloise, mais bien un magnifique « tour bus » généralement réservé aux gros vendeurs de disques – un statut que devrait d'ailleurs atteindre les Vaccines sans trop forcer, à en juger par ce qu'il nous a été donné d'entendre et de voir en cette fin de semaine.

Car les Vaccines n'auront pas dû vraiment forcer leur talent pour démontrer qu'il faudrait compter sur eux en 2011. En effet, un concert d'une bonne trentaine de minutes seulement (et sans rappel!) aura suffi pour convaincre un public acquis à la cause des Londoniens qu'il faudrait être un sacré pisse-froid pour ne pas déceler chez ces quatre là un fort potentiel. Certes, le groupe ne joue pas vraiment la carte de la complexité ou de l'originalité (un peu de Strokes par ci, un peu de Interpol par là et des rythmiques punk pour enrober le tout), mais compense par un joli paquet de singles potentiels et le genre d'attitude un brin détachée qui va faire craquer un nombre incalculables de minettes en Wayfarer dans les semaines à venir. D'ailleurs, pouvoir afficher une telle assurance alors que le public ne connaît des Vaccines qu'une poignée de titres seulement en dit long sur le petit nuage sur lequel évolue un groupe dont l'agenda est déjà surchargé pour les six prochains mois.

Bref, ce vendredi, pendant une demi-heure, l'Orangerie du Bota était clairement « the place to be » et surtout la première et dernière occasion d'assister à un concert des Vaccines dans une salle de moins de 1.000 personnes. Pour les autres, faudra repasser en festival, et certainement pas sur une scène annexe en début d'après-midi entre le groupe de punk du neveu de l'organisateur et une bande de folkeux velus...

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