Queens of The Stone Age

Ancienne Belgique, le 03-05-2011 | par Gwen le 06-05-2011

Mardi 3 mai, 18h30, devant l’Ancienne Belgique. Une jeune fille au regard de cocker et à la mâchoire serrée piétine sur le trottoir, un morceau de papier scotché sur le revers de sa veste. "NEED ONE TICKET, PLEEEASE !". Au vu de la scène, on prend la mesure de l’armée de fans qui a été lâchement abandonnée par le site web de la salle le jour de la mise en vente des places. Pour obtenir le droit de se faire dynamiter les oreilles, certains d’entre eux seront prêts à verser jusqu’à 150 euros aux vautours habituels.

Une fois dans la place, une rapide étude sociologique effectuée à l’œil nous jette un chiffre : 90% de mecs. Ce soir, ça va sentir l’animal tatoué. Plus tard, depuis le balcon, on observe l’ingé son, un type à l’allure de chef sioux, portant barbe, tresses et lunettes à la John Lennon. Il a l’air d’avoir ingéré tellement de substances toxiques durant son existence qu’on se demande comment il va pouvoir nuancer le volume. La réponse arrivera bien assez tôt : il ne le fait pas.

Vraisemblablement, les Queens of The Stone Age avaient des fourmis dans les jambes. Prétextant la remasterisation de leur premier album, ils ont eu envie d’entreprendre une tournée des petites salles, comme au bon vieux temps. Et comme au bon vieux temps, ils commencent par se ramasser les fonds de gobelets. Afin de repousser l’assaillant, ils font sauter les premiers pacemakers avec "Regular John", entamant sans surprise les quatorze titres annoncés au programme. Même si ce disque n’est pas le plus inoubliable de leur oeuvre, tout le monde s’en fout. Un fan est un fan et celui-ci réclame sa dose de guitare huileuse. De son côté, Homme se montre moins jouette que lors de leur passage au Pukkelpop en août dernier. Plus concentré sans doute, moins bourré certainement. Quoi que... La bastonnade se poursuit avec entrain en s’attardant sur "You Would Know" qui plonge tout le monde en apnée. Près d’une heure plus tard, le tour de la boutique s’achèvera sur un "I Was A Teenage Hand" orgiaque. On baisse les lumières, on fait semblant de se dire au revoir et on fait descendre des loupiotes qui, tout le long du deuxième set, taquineront la nuque des gaillards dont l’abus d’alcool à manifestement réduit la psychomotricité.

Il est temps de faire plaisir en balançant de la viande fraîche aux alligators. "Sick, Sick, Sick", "A Song For The Death", "Little Sister" et tous leurs petits cousins s’enchaînent pour faire oublier le prix du billet. Alors que "No One Knows" vrombit de toutes ses basses, un inconscient parvient à se hisser sur scène pour aller serrer la quenotte à Josh qui, étonnamment, se laisse faire et le laisse repartir le poignet intact. "T’as de la chance que je suis d’humeur badine aujourd’hui. Un autre jour, je t’aurais fracassé la tête !" (approximativement et sans les fuck). 

22h20, retour à la réalité. Les voisins ont probablement porté plainte pour tapage nocturne. On les emmerde, on est sourd depuis un bon moment déjà.

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