Phoenix

Ancienne Belgique, Bruxelles, le 27-03-2010 | par Jeff le 28-03-2010
Première partie: Two Door Cinema Club

On a souvent l'habitude de dire qu'il n'en faut pas beaucoup pour qu'une soirée soit réussie. Depuis le début de leur tournée mondiale, les Versaillais de Phoenix tendent à nous prouver le contraire, et avec une classe incroyable s'il vous plaît. La preuve avec l'étape belge du Wolfgang Amadeus Phoenix World Tour. En effet, ce samedi soir, tout était réuni pour faire de ce concert à l'Ancienne Belgique un moment mémorable qui en dit long sur les possibilités qui s'offrent (encore) aux Versaillais.

Il y a tout d'abord une salle à la taille parfaitement adaptée à la notoriété de Phoenix et à l'acoustique absolument irréprochable qui en fait, outre l'une des meilleures salles de Belgique, celle qui était taillée sur mesure pour accueillir un show digne de ce nom. Il y a ensuite la première partie confiée aux Nord-Irlandais de Two Door Cinema Club qui ont pleinement justifié leur statut: même si cette pop pleine de bonne humeur s'inscrit dans le droit fil des dernières réalisations de Phoenix, on ne peut que rester pantois devant la capacité de ces quatre-là à enchaîner les bombinettes dansantes, fulgurantes et épatantes – souvent meilleures que le single qui a fait connaître le groupe, « Something Good Can Work ». En trente minutes, c'est tout leur premier album ou presque qui y est passé, et vu la réaction enthousiaste d'un public conquis, on se dit que d'ici peu, ceux-là ne démonteront plus leur matos eux-mêmes une fois leur concert terminé.

Venons-en maintenant à Phoenix. Avec quatre albums où les Versaillais n'ont que très rarement été pris en défaut et une hype qui a atteint des proportions assez hallucinantes depuis la sortie de Wolfgang Amadeus Phoenix, c'est forcément face à un public 'chaud comme une baraque à frites' que le groupe entre sur scène, derrière un grand rideau blanc, qui ne se laisse tomber que lorsqu'il se lance tête la première dans le refrain de son tube « Lisztomania ». Et c'est là que se révèle un Phoenix sûr de lui et de son sujet, qui dégage une classe folle sans en faire des tonnes et livre un set carré certes, mais totalement irrésistible. Tirant au mieux profit de l'espace énorme offert par l'Ancienne Belgique, le groupe occupe la scène à merveille, et est bien aidé par un jeu de lumière qui, et dieu sait si ce n'est pas toujours le cas, se révèle vraiment faire partie intégrante du spectacle – notamment lorsqu'il ne vient pas du haut de l'estrade, mais du fond de la salle, avec un ingénieux jeu de projections.

Niveau setlist, on pourrait résumer assez facilement le concert de Phoenix: des tubes, encore des tubes, les deux volets de « Love Like Sunset » histoire de faire une petite pause après quelques émotions, le retour des tubes, suivis de quelques tubes histoire de ne pas s'ennuyer avant la fin de la première partie, et puis un rappel exclusivement composé de tubes. Et si le groupe a évidemment allégrement pioché dans son petit dernier, il n'a pas manqué de nous ressortir quelques 'crowd pleasers' tirés de ses trois premiers albums (« If I Ever Feel Better », un « Run, Run, Run » au final électrifiant ou « Napoleon Says ») et d'agrémenter son set de quelques surprises (la reprise de « La fille aux cheveux clairs » de Johnny Hallyday ou un « Everything Is Everything » avec pour seul accompagnement la guitare de Christian Mazzalai).

Si vous ajoutez encore à tout cela un public dont l'enthousiasme n'aura pas fléchi pendant les 90 minutes de concert, un groupe visiblement heureux d'être là, un batteur tout simplement exceptionnel qui se révèle rapidement être l'un des meilleurs atouts de Phoenix sur scène et un « 1901 » qui s'étire sur une petite dizaine de minutes, cela vous donne une soirée que l'on oubliera pas de si tôt. Vous savez, le genre de concert où une fois les lumières rallumées, le public ne demande pas son reste et quitte gentiment la salle, le sourire aux lèvres, sans oublier de faire un petit tour par le stand merchandising, convaincu qu'une prestation de ce niveau, ça mérite bien de lâcher 18 euros pour avoir un t-shirt qui vous rappellera l'évènement pendant quelques mois encore.