Oasis

Lille, Le Zénith, le 30-01-2009 | par Popop le 15-02-2009
Première partie: Twisted Wheel

Pour tout trentenaire qui se respecte, un concert d’Oasis est forcément synonyme de voyage dans le temps. Que le groupe se soit assagi, ait complètement changé de line-up et ait sorti 4 disques plus ou moins réussis, rien n’y fait : chaque sortie publique des frères Gallagher nous ramène inlassablement au cœur de la folle période Britpop, ces années 1994 à 1997 où rien ne semblait leur résister.

Pour autant, ranger définitivement Oasis au rayon de la nostalgie serait injuste : au prix actuel des places de concert, il en faut plus pour justifier une virée sur Lille, et c’est bien Dig Out Your Soul, sorti fin 2008, qui motive ce retour de flamme. Avec leur 7ème album, les frères terribles du rock britannique ont prouvé au monde entier qu’ils étaient encore capables de composer des morceaux à la hauteur de leurs ambitions (toujours démesurées), et il n’en fallait pas plus au fan de la première heure pour reprendre le chemin des salles obscures, après avoir boudé les derniers passages français du groupe.

Alors, Oasis sur scène en 2009, ça vaut quoi ? Commençons par la plus grosse déception : le public. Il n’a pas seulement vieilli comme le groupe, il a changé. Exit les groupies fanatiques, les adolescents qui viennent chercher leurs premières sensations fortes, les piliers de bar britanniques imbibés de bière qui reprennent les chansons en chœur. Bonjour le public sage, embourgeoisé, qui hausse le sourcil à l’intro de "Rock’n’Roll Star", baille sur "Cigarettes & Alcohol", va chercher un coca light pendant "Slide Away" et ne se réveille que pour "Wonderwall". Triste constat qui ne touche pas qu’Oasis et qui va de pair avec l’explosion du prix des places de concert qui laisse trop souvent le vrai fan à la porte…

Autre déception : le groupe n’arrive pas à reproduire sur scène les meilleurs morceaux de son dernier album. Donc pas de "Bag It Up", pas de "The Turning", pas de "Soldier On", il faudra se contenter d’un "To Be Where There’s Life" tonitruant. Pour le reste, malgré quelques problèmes de voix et un son pas toujours au top (pas de miracle, c’est bien un Zénith), Oasis a livré une prestation carrée et efficace, parfois même assez jouissive, alternant tubes certifiés ("Supersonic") et en devenir ("The Shock Of The Lightning") sans oublier de faire plaisir aux fans avec une superbe version de "The Masterplan" - peut-être la meilleure face-B jamais écrite.

Et puis, il y a ces petits plus, Liam avec sa présence quasi-animale, Noel qui rayonne dès qu’il prend le micro, une fille qui verse une larme sur "Champagne Supernova", deux potes qui se prennent par l’épaule sur "Morning Glory", un frisson qui parcourt la salle sur le premier refrain de "Don’t Look Back In Anger"… Des trucs simples et bêtes mais qu’on ne voit finalement pas si souvent en concert. Pas grand-chose à voir avec le rush d’adrénaline des années 90, bien sûr mais comment attendre d’un groupe de quarantenaires la même énergie, la même fougue qu’il y a 15 ans ? Avec le temps, Oasis a gagné en émotion ce qu’il a perdu en arrogance.

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