Micro Festival 2011

Liège, Espace 251 Nord, le 06-08-2011 | par Duke le 23-08-2011

Je le concède, si j’ai d’abord entendu parler du Micro Festival, c’est en farfouillant le web à la recherche d’un passage de Civil Civic dans nos contrées. Je dois préciser que je les ai lamentablement ratés deux fois au cours des quelques derniers mois. Aussi, sans trop réfléchir, il était impératif pour moi de pointer le nez à Liège sans chercher à en savoir davantage. Loin d’être monomaniaque, je débarquais quasi vierge dans le quartier Saint-Léonard. Quasi… Je dois confesser avoir regardé avec délice quelques extraits live de Publiscist histoire d’en savoir un peu plus et les Thermals évoquaient un nom déjà lu sur une compilation. Mais globalement, je débarquais sans aucun a priori dans un festival tout neuf (ou presque) qui proposait une affiche audacieuse. En même temps, en ayant fait jouer l’année précédente Action Beat, The Black Diamond Heavies et Efterklang, on avait du mal à imaginer une quelconque faute de goût pour cette seconde édition.

Quand j’arrive, j’ai déjà raté, à mon grand regret, The Kerbcrawlers (qui jouaient pour défendre les couleurs JauneOrange) et Marble Sounds. Le temps de me poser dans l’herbe et de me sentir comme dans une cour de récréation au collège, j’entame l’après-midi avec les Belges d’I Love Sarah. Un micmac de pop pollockienne, vas-y que je te jette un coup par ici et que je te gicle un coup par là. Des morceaux labyrinthiques qui nous emmènent d’un pôle à l’autre du chapiteau, à l’image d’un batteur plein d’humour et d’un guitariste emmuré dans sa tête.

Coup de pute, un disquaire est présent sur place. Je vide mes poches et vu que l’activité est relativement chronophage, je manque le début d’Antilles sans même le réaliser. Mais la moitié de set à laquelle j’ai assisté a suffi à me faire taper du pied sur le sol comme une mule envapée par un shaman sous acide. Fuck Buttons emmené sous des latitudes tropicales, on ne sait plus trop si c’est la pluie ou la sueur qui rend l’atmosphère aussi moite. Malheureusement, le temps de rentrer dedans et les vingt minutes de scène restantes aux Français filent comme une langue de crotale sur une flaque de venin. On se retrouvera mes petits gars, je vous le promets!

A suivre, Left Lane Cruiser, signé sur Alive Records et dont l’album est produit par un membre des Dirtbombs. Rien que ça, ça annonce du lourd. Je ne peux empêcher les termes « blues » et « distorsion » de résonner dans ma tête sans même avoir vu le duo jouer. Et bon dieu, c’est exactement ce à quoi je m’attendais. J’ai cru toucher du bout des doigts le rêve que James Hetfield n’avait en fait pas écouté que ces pédés de Slayer avant de monter un groupe. Du sexy en diable, façon Stetson et graisse à frites, c’est à l’ombre des derricks que les enceintes crachent une country pétrolée et enflammée. There will be blood?

Je passerai sur la prestation entraperçue à distance d’Alamo Race Track. Juste aucun intérêt à mes yeux. Verdict tristement identique pour les Thermals qui ne m’ont pas convaincu avec leur garage pop dominicale, référence probable des Blink et autre joyeusetés pour teenagers. Ça commence à faire long avant de voir les Australiens de Civil Civic. Et à force d’avoir trop attendu, la déception me colle une grosse gifle dans la gueule dès les deux premiers morceaux. Mous du genou, ils annoncent que les morceaux les plus lents sont terminés et qu'ils vont passer à la suite. J’attends qu’il éclatent un "Less Unless" tonitruant histoire de rattraper le coup mais c’est à cloche pied que les morceaux les plus vifs sont joués. Bien que l’air très appliqué, les gars ne gèrent pas leurs compositions à la perfection et après une demi heure de rodage, le son commence doucement à s’étoffer. Mieux vaut tard que jamais.

Le site se vide assez rapidement après le dernier concert. Quelques personnes ont pris de l’avance pour rejoindre l’after-party qui fera, visiblement, salle comble. Publicist jouera sans moi. Déçu par la conclusion australienne du festival, je n'ai pas vraiment le cœur à pousser la nuit plus loin. Et je suis surtout pas très emballé par les deux heures de route à m’enfiler avant d’être au pieu… Mais ça ne m’empêchera pas de me lever à l’heure pour être là l’année prochaine.