Guillemots

Paris, La Maroquinerie, le 06-06-2008 | par Splinter le 11-06-2008
Première partie: Marie Modiano

Passer du statut de "next big thing" à celui de grosse baudruche en l'espace de deux ans n'est pas chose facile à digérer, même quand on s'appelle Fyfe Dangerfield et qu'on est donc nominativement paré pour faire face à tout type d'aventures. Car si Through the Windowpane, en 2006, avait su rafler tous les suffrages, Red, en revanche, sorti voici quelque deux mois, aura laissé la critique au mieux indifférente, au pire franchement hostile. Et l'on peine toujours à comprendre les raisons d'un tel déferlement d'animosité, tant l'album, s'il comporte quelques faiblesses, renoue sans difficulté avec l'inventivité et l'énergie communicative des Guillemots tels qu'on les avait découverts sur leur fameux EP, From the Cliffs.

"Energie" était d'ailleurs le maître-mot du show donné ce soir, à la Maroquinerie, par des volatiles tout simplement survoltés, le fieffé Fyfe en tête, pas désarçonné par cette salle minuscule à moitié remplie. Surprise : le groupe n'est composé que de quatre membres, alors que le foutoir sur disque laissait imaginer une bande de cinq ou six. Et que dire de la performance live ! Dangerfield, à pourtant bientôt 28 ans, donne l'impression d'un gamin hyperactif, le genre de génie incontrôlable, immense pantin désarticulé, dont la voix est tout simplement aussi éblouissante qu'en studio. Derrière ses énormes claviers ou ses lunettes de soleil, la tête pensante des Guillemots, un droitier qui joue de la guitare avec la main gauche, parvient sans peine à traduire in vivo l'incroyable bouillonnement musical dont il est l'auteur.

Comme sur disque, les Guillemots produisent une musique brindzingue oscillant entre la balade calme et mélodieuse ("Words", "If the World Ends") au morceau-dynamite ("Last Kiss", "Trains to Brazil"), voire carrément explosion rock ("Kriss Kross"), qui parvient à faire bouger quelques têtes parmi une audience globalement mollassonne (sans doute anesthésiée par la performance franchement cheap et nulle de Marie Modiano en première partie). Portés par l'incroyable et explosive prestation du batteur Greig Stewart (alias "Gas"), les quatre larrons auront livré un set tout simplement excellent, qui s'est terminé dans la cacophonie la plus totale, un festival de percussions, riffs, hurlements et… bruits bizarres, un véritable feu d'artifices !

A peine trois minutes après la fin du concert, on trouvait Stewart et la belle Aristazabal Hawkes (basse, contrebasse) en train de tenir boutique pour vendre les t-shirts et autres lacets de chaussures estampillés Guillemots à des fans juste déçus de ne pas avoir pu entendre l'exceptionnelle "Annie, Let's not Wait". L'occasion en tout cas de mettre la main sur l'un de leurs premiers EPs, "Of the Night", dédicacé !

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