Grems

Le Trabendo, le 15-11-2012 | par Aurélien le 27-11-2012
Première partie: Le Jouage & Rimcash

Fracturer le double H français à grands renforts de vibes UK, voilà le lot quotidien de Grems: qu'il soit seul ou accompagné, il n'a de cesse de se poser en véritable godfather d'un grime à la française qui n'a pas grand chose à envier aux têtes de gondoles du genre. Affinant sa grondante artillerie à un rythme effrené, c'est une jolie collection d'hymnes ravageurs que le MC a accumulée, n'attendant plus que l'épreuve du live pour boucler la boucle. Les conditions étaient donc naturellement réunies pour faire de cette performance au Trabendo, bien accompagné des joyeux drilles de son groupe PMPDJ, le prétexte idéal à une setlist best of où les trois boute-en-train allaient pouvoir casser pendant deux heures des nuques et des gambettes.

Et le "Usle Gang" ne s'autorise aucun temps mort pour crever bien correctement son auditoire : l'entame conclue par Le Jouage et Rimcash, la foule a à peine le temps de s'éparpiller que la voix du maître de cérémonie résonne de derrière les coulisses pour prendre la température. Quelques cris de joie plus tard, la soirée échappera à tout contrôle : la foule se retrouve rapidement au beau milieu d'un bordel soigneusement orchestré où Grems et sa bande, visiblement surexcités, assurent à la perfection la carte de l'entertainment exigeant et bestial.

Résultat : ça beatboxe, ça freestyle, ça revisite les titres de Airmax jusqu'à Haterville, ça ramène les potos Willow Armsgood, James Delleck ou Rimcash sur scène pour une poignée de titres, et ça secoue tout ce que l'Angleterre sait faire de mieux derrière les platines d'un Blackkenpouperz, qui ne prend pas son taff à la légère. Aucun MC ne cherche à tirer trop fort la couverture : ainsi, Entek assure son rôle de human beatbox à la perfection tandis Starlion prouve avec conviction que, s'il est le dernier arrivé, il apporte énormément à l'alchimie sonore du crew. Preuve en est, il vole presque la vedette lorsqu'il entonne a capella son "Petit homme", repris en choeur par un Trabendo au souffle pourtant coupé par les versions survitaminées de "Rencontre avec un ballon", "Chat Con" ou "Stachmou".

A l'arrivée, on pourrait probablement parler des heures durant de la sauvagerie et de la générosité déployés par PMPDJ ce 15 novembre, tant l'alchimie entre artiste et public n'a parue aussi optimale que ce soir-là. Mais ce qu'on se dit surtout, c'est que la formidable machine que met en branle Grems depuis une dizaine d'années n'a probablement jamais été aussi jouissive et aboutie : le deepkho apparaît fin prêt à s'émanciper de son laboratoire pour marquer de son empreinte une bien belle page du rap français. C'est en tout cas ce que tend à démontrer l'unanimité de cette petite salle Parisienne où 700 personnes ont regagné leurs pénates cassés, mais heureuses d'avoir applaudi une équipe à l'apogée de son art. Ce n'était pas la première fois, et ça ne sera certainement pas la dernière.

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