Get Well Soon

Bordeaux, le 10-10-2012 | par Michael le 23-10-2012
Première partie: David Lemaitre

Rendez-vous pris ce 10 octobre pour revoir Get Well Soon dans la belle ville de Bordeaux au BT 59, nouvelle petite salle qui bouge dans la banlieue béglaise. Elle se trouve dans le curieux nouveau quartier des Terres Neuves tout juste sorti de terre et qui, renseignements pris auprès du fort sympathique patron du restau italien adjacent, est une ancienne zone militaire qui servait de dépôt pharmaceutique à l’armée.

Peu de monde, et le car des Allemands stationne juste devant la salle. On devine les silhouettes des musiciens qui pour tromper l’ennui regardent leur mails ou des vidéos sur leurs PC portables. La salle est de taille modeste et assez agréable avec un bar prenant tout le côté gauche. Il ne faudra pas patienter trop longtemps avant l’arrivée de David Lemaitre accompagné de ses deux musiciens, un percussionniste et un violoniste/clavier. Le sympathique chanteur qui se présente comme un Bolivien vivant à Berlin produira un folk sans prétentions et joliment arrangé. Mention spéciale au titre « Megalomania » qui a tout du tube de poche lorgnant plus vers une veine proche de Phoenix. Mention spéciale également au percussionniste qui, en plus d’une grande élégance vestimentaire, aura également épaté son mode avec sa valise en carton en guise de grosse caisse, sa collection de percussions qu’on croirait sorties d’une boîte à malice et son jeu tout en subtilités et finesse. Un deuxième album est à priori prévu pour le début 2013 avec une distribution française à la clef.

Les musiciens de Get Well Soon arrivent ensuite après une petite pause pour installer eux-mêmes leur matériel, et dieu sait qu’il y en a des choses à installer pour la petite troupe de Konstatin Gropper, entre claviers, guitares, mandolines, percussions, violon, trompette, trombone, vibraphone… surtout au vu de la profusion instrumentale présente sur les albums du groupe et en particulier du petit dernier The Scarlet Beast O’ Seven Heads.

Le groupe revient quelques minutes plus tard sur scène après un petit passage par les loges et attaque d’entrée tout en douceur avec l’ouverture du dernier album : « Prologue ». Le son est comme d’habitude avec le groupe : parfait. « The Last Days Of Rome » vient ensuite tirer la salle de cette douce torpeur notamment avec un trio batterie/percussions particulièrement impressionnant. On enchaîne sans temps mort avec « 5 Steps/7 Swords », à filer le frisson à un ours polaire, et avec le grower « Roland, I Feel You », premier single du dernier album. On alternera ainsi durant tout le set entre moments féériques comme sur la superbe version de « Disney », où Konstantin insère un vinyle sur une platine en plein milieu du morceau et reprend la mélodie avec le groupe en entier, et moments plus pêchus comme « Seneca’s Silence », « We Are Free » ou « Angry Young Man ».

Au niveau de la setlist on aura eu droit à la quasi intégralité du dernier album, ainsi qu’à de belles poignées de titres de Vexations et Songs Against The Glaciation. En revanche, et ce sera notre seul regret de la soirée, aucun titre extrait du premier album.

En résumé, un beau set d’une heure et demie (rappel compris) avec un final tout en montée sur « You Can’t Cast Out The Demons (You Might As Well Dance) » pour lequel Konstantin délaisse ses guitares pour se livrer au chant et à une nouvelle joute de percussions avec Paul Kenny, l’excellent batteur irlandais qui aura mis tout son cœur à l’ouvrage durant le concert.

On est vraiment impressionnés par l’excellence des musiciens et leur générosité, ainsi que celle de Gropper qui, en véritable membre du groupe plus qu’en leader égocentrique, tire les morceaux vers des envolées qui ne sont pas sans déclencher de nombreuses décharges d’adrénaline. Verena, la sœur de Konstantin, est elle aussi assez bluffante, notamment au chant, et se révèle un parfait complément à la voix de son frère. Une voix qui dégage une force et une technique toujours au service d’une émotion qui semble sortir de la bouche de Konstantin sans effort, de manière complètement naturelle et absolument pas forcée. Et puis bon, Konstantin il a quand même la classe grave sans en faire des caisses.

Mais c’est tout de même rageant, profondément rageant même, de constater que malgré un succès critique certain un groupe de la trempe de Get Well Soon peine à remplir une salle comme celle du BT 59, qui n’est pas franchement ce qu’on peut appeler un zénith de province. Quand on voit Muse remplir le Stade de France, on se dit qu’il n’y a quand même pas de justice. Alors certes, comparer Get Well Soon avec Muse, si les deux conjuguent un lyrisme forcené et assumé, c’est somme comparer un blockbuster américain d’été avec un petit film d’auteur bulgare des années 60, mais quand même... quel dommage.

 

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