Flatbush Zombies

Grande Halle de la Villette, le 30-05-2014 | par Aurélien le 03-06-2014
Première partie: The Underachievers & Pusha T

J'aurais aimé vous parler de cette soirée comme de celle où trois monstres sacrés du rap US se sont succédés. Vous dire que The Underachievers ont confirmé leurs ambitions sur scène, et que la prestation de Pusha T fut aussi intense qu'un concert de Clipse à la grande époque du duo. Mais très vite, ce que mon BFF à coutume d'appeler la "conscience professionnelle" m'a rattrapé: non, la réalité ne fut pas tout à fait à la hauteur des espérances. Trop de pilotage automatique, entre des cadets qui ont rappé sur des bandes et un aîné qui a mis un point d'honneur à jouer tous les titres où il n'apparaît qu'en featuring. Bref, gardons notre encre pour les Flatbush Zombies, qui ont assumé avec brio le rôle de plat de résistance.

Sous le charme du Better Off Dead des Américains, on se dit à voir la tronche de l'audience que notre avis est largement partagé par la jeunesse d'aujourd'hui. C'est par une armada de jeunes en Supreme scandant haut et fort "Zombies ! Zombies !" qu'on retrouve dans la fosse à la fin du set maladroit et expéditif des Underachievers. Une belle réussite pour les trois New-Yorkais qui, avec seulement deux albums en libre téléchargement à leur actif, ont su se constituer une fanbase en acier trempé. Et cette réussite, on comprend bien vite qu'elle ne doit rien au hasard : si les trois MC's sont des stakhanovistes de première bourre, ils sont surtout des showmen charismatiques déployant une énergie contagieuse. 

Meechy Darko, Zombie Juice et Erick Ark Elliott bien installés, la messe s'ouvre sur l'incroyable "MRAZ" et à partir de là, tout va aller trop vite: on se rappelle avoir pris des coudes en pleine gueule, avoir souvent tâté la poche arrière du jean en priant que le portable ne trinque pas trop, s'être pris dans le dos l'épaule du sieur Darko en mode crowdsurfing, et même avoir souhaité mourir quand le trio à enchaîné "Bath Salts" et "Thug Waffle" à un moment où l'oxygène commençait à manquer. Mais ce qu'on retiendra surtout, c'est sa remarquable façon de maintenir la pression et d'apporter une vraie dimension live à ses albums.

Quand j'ai quitté la fosse compacte, le concert n'était pas encore tout à fait terminé. J'ai regagné le fond de la Grande Halle de la Villette avec la soif du millénaire, une chemise trempée, et une montre en moins. Tant pis pour moi: j'avais de toute façon trop hurlé et bien trop pris mon pied pour en avoir quoi que ce soit à foutre. Le temps d'effectuer quelques danses de la traction sur le "Amerikkkan Pie" d'anthologie qui a bouclé le concert, de couvrir les Flatbush de mes applaudissements et de penser à mes envies d'encore, pour le coupe énormes. Et ça tombe bien, les mecs seront de retour en Europe au début du mois d'août.