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        <title>Les chroniques GMD</title>
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            <title>Les chroniques GMD</title>
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			<title>Tell Me Your Dream - Ceremony</title>
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			<content:encoded><![CDATA[Plus de vingt ans de tournées interminables et de disques increvables, ça achète une liberté que peu de groupes du milieu s'autorisent : celle d'aller gratter ailleurs sans jamais donner l'impression de fuir quoi que ce soit. Revoilà ces punks de <b>Ceremony</b> avec <i>Tell Me Your Dream</i>, septième album d'une carrière qui refuse obstinément de se laisser enfermer dans un genre ou une époque. Et c’est peut-être ce qui explique la fascination dont fait l'objet le groupe californien. 
<link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/in-the-spirit-world-now/>On l’avait déjà dit il y a 7 ans</link>, les jours du powerviolence sont lointains et la formation est désormais méconnaissable, non sans avoir fait grincer quelques dents au passage. Toute leur discographie n'aura été qu'une sorte de grand jeu d'orientation à la recherche d'une destination finale qui prenait un malin plaisir à changer à chaque disque. Sauf que cette fois, plutôt que d’opérer un nouveau virage à 180°, Ceremony combine tout : <i>Tell Me Your Dream</i> sonne comme un groupe qui aurait arrêté de se demander qui il est censé être, et qui balance à la place toutes ses vies précédentes dans le même sac et sans complexe. 
Surtout, on sent ici un groupe en pleine possession de ses moyens. Depuis <i>Zoo</i>, on avait parfois l'impression que les natifs de Rohnert Park tâtonnaient un peu, non sans une certaine réussite bien sûr, avec une incursion garage rock par-ci, une tentation post-punk par-là, un virage carrément synthwave ensuite… Comme s'il s'agissait avant tout de se débarrasser d'une étiquette encombrante, celle du groupe hardcore qui ne pourrait jamais être autre chose. Ici, plus de doute : l'identité est assumée, et le <i>songwriting</i> n'a rien perdu de sa précision. Ceremony ne cherche plus à prouver qu'il peut faire autre chose que du punk hardcore, il le fait, tout simplement, avec l'assurance tranquille d'un groupe respectable et respecté, qui sait exactement où il met les pieds. Un groupe qui excelle sur tous les tempos, et qui surtout canalise incroyablement son énergie, jusqu'à des explosions qui tombent toujours aux meilleurs moments. 
On retrouve ici <b>John Reis </b>à la production, celui qui avait déjà bossé avec eux sur <i>The L-Shaped Man</i> en 2015, et ce n’est peut-être pas un hasard. Son empreinte se retrouve dans ce grain un peu crade et cette énergie de groupe qui joue live plus que de celui qui peaufine en studio. Le disque ne dépasse pas la demi-heure et se montre régulièrement tendu, avec cette même manière de laisser la rythmique cogner sèchement pendant que le chant vient s'y accrocher. Par ailleurs, la place qu'occupe <b>Anthony Anzaldo</b> - guitariste, claviériste, cerveau officieux du groupe depuis toujours - prend nettement plus d’ampleur. S’il avait déjà commencé à s'imposer vocalement sur <i>In The Spirit World Now</i>, et venait régulièrement se glisser en doublure de <b>Ross Farrar</b>, il est bien plus présent ici, autant dans les arrangements que les <i>backing vocals</i>.&nbsp;
Ceremony n'a pas renié son ère post-punk sombre, il l'a juste rangée un cran plus bas dans le mix, au profit d'un son plus sec, plus habité par les fantômes du hardcore et de l'anarcho-punk période <b>Discharge</b>&nbsp;/&nbsp;<b>Crass</b>. <i>Tell Me Your Dream</i> n'est pas le disque d'un groupe qui cherche à prouver quelque chose : c'est le disque de celui qui, à l’aube de son quart de siècle, fait le bilan et a enfin arrêté de choisir entre ses différentes phases pour toutes les faire cohabiter. Longue vie à Ceremony. ]]></content:encoded>
			<pubDate>Sun, 16 Aug 2026 09:32:38 +0200</pubDate>
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			<title>Liminal Shrines - Gutvoid</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/liminal-shrines/</link>
			<description><![CDATA[C’est beau comme les apparences parfois ne sont aucunement trompeuses. Une pochette sans référence, ornementée à l’acrylique dans un décorum très...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[C’est beau comme les apparences parfois ne sont aucunement trompeuses. Une pochette sans référence, ornementée à l’acrylique dans un décorum très lovecraftien qui évoque autant une fin du monde qu’une renaissance : ça ne peut être que du death metal doomisant, cosmique à certains endroits et à la technique probablement bien insultante. Clap de fin, c’est exactement de ça dont il s’agit ici, donc les plus fainéants peuvent quitter cette page en prenant le soin de laisser une pièce dans le panier à la sortie. Pour les autres, vous apprendrez que <b>Gutvoid </b>est canadien (tiens donc), que <i>Liminal Shrines</i> est leur deuxième album - et première partie d’un diptyque - et que les aspirants astronautes sont signés sur le très recommandable <b>Profound Lore Records</b>. Voilà pour la partie factuelle.
Ce que ce premier paragraphe ne dit pas par contre, c’est que <i>Liminal Shrines</i> est un disque à double degré de lecture en ce qu’il est toujours suffisamment bas du front dans sa partie death/doom pour être sûr de raccrocher tous les distraits au wagon à chaque fois que la machine décide de partir trop loin dans le cosmos. La chose est bien faite parce qu’elle reprend peu ou prou tous les codes qui avaient fait le succès passé du premier - et meilleur, à notre sens - album de <b>Blood Incantation</b>, le tout-puissant <i>Starspawn</i>. Une figure death un poil intello qui n’oublie pas qu’une belle pièce de viande se définit surtout par le persillage de son gras. Et si ça finit toujours par virevolter dans l’espace à un moment dans le morceau - les parties guitar hero étant souvent hors normes, à l’image des deux marathons finaux d’une douzaine de minutes chacun que sont “Lead Me Beyond The Sleeping I” et “Chasm of Displaced Soul” - Gutvoid possède dans sa besace suffisamment d’expérience pour ramener le titre sur un créneau bien jurassique à un endroit ou à un autre.
Comme vous pouvez maintenant l’imaginer, Gutvoid a toujours été surqualifié pour écrire sa musique en chapitres successifs, la bonne nouvelle étant que les Canadiens ont désormais les épaules assez larges pour les inclure dans de bonnes chansons. Du chœur en pagaille, de l’arpège qui flirte avec du riff mystique et tourmenté, du changement de rythme et de hauteur permanent qui désoriente les sens et renforce le rapport au strictement corporel dans une fresque finale…qui ressemble à son artwork. Une guerre des mondes qui se veut naturellement cinématographique et remplie à ras bord d’allers-retours narratifs. À ce niveau, ça impressionne pas mal, même là où ça aurait pu être quelque peu raboté - Gutvoid n’étant pas réputé pour prendre des raccourcis au milieu de son mysticisme permanent.
<i>Liminal Shrines </i>est ce pendule qui balance lourdement dans le vide, hésitant sans cesse entre le corps et l’esprit, empruntant un ton grave dans sa déclamation et chatoyant dans son déplacement. Une comète en mouvement, imposante par sa masse, intimidante dans le grondement qui la suit et remplie de signes uniquement lisibles par ceux qui décideront d’y laisser le paquet d’écoutes qu’elle mérite. Les fans de <b>Demilich </b>et de son <i>Nespithe </i>éternel se régalent, autant que les mordus de <b>Tomb Mold</b> ou <link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/le-dernier-crepuscule/><b>Chthe’ilist</b></link>, qui aiment selon l’envie leur prog rock horriblement physique ou leur death metal la tête dans le noir des étoiles. Une jolie réussite.]]></content:encoded>
			<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 09:53:17 +0200</pubDate>
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			<title>Bivabippabualukka - Sofie Birch</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/bivabippabualukka/</link>
			<description><![CDATA[C’est la fin du mois de juillet, et on peut déjà le dire : 2027 s'annonce comme un des rollercoasters les plus épuisants du siècle en cours. Pour...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[C’est la fin du mois de juillet, et on peut déjà le dire&nbsp;: 2027 s'annonce comme un des rollercoasters les plus épuisants du siècle en cours. Pour <b>Sofie Birch</b> par contre, on a le sentiment que c’est <i>business as usual</i>. Fidèle à elle-même, la Danoise continue de vivre sa meilleure vie dans son coin et d’être invisible au sens où on pourrait l’entendre en 2026&nbsp;: elle ne tourne pas intensivement, existe assez peu sur les réseaux sociaux, et son actualité se résume à peu de choses près au journal de bord qu’elle tient dans <link https://www.nts.live/shows/sofie-birch>son émission <i>Ambient Abracadabra</i> sur la webradio </link><b><link https://www.nts.live/shows/sofie-birch>NTS</link></b>. C’est peu dire donc que l'artiste s’épanouit en marge du brouhaha du monde, creusant son sillon sur des disques à l’impact réduit, mais dans une relation de fidélité rare avec un cercle d’auditeurs qui tend à s'élargir.
Car les disques de la Danoise sont rarement défricheurs&nbsp;: ce n’est pas une quelconque volonté d'exister dans les marges qui a rendu Sofie Birch importante aux yeux des gens qui l’écoutent. C’est plutôt son artisanat revendiqué, les moyens qu’elle déploie pour s’éviter d’écrire toujours le même disque, mais surtout cette douce tranquillité qui parcourt sa musique. En 2022, on l’avait laissée sur un <i><link https://sofiebirch.bandcamp.com/album/holotropica>Holotropica</link></i> joli mais inégal, où son ambient commençait à aller voir ailleurs que dans son studio. En 2026, la donne a un peu changé : Sofie Birch a fait en sorte que sa musique ne soit plus une affaire d’accidents individuels mais collectifs, et avec l'aide son frère Alfred et de quelques amis, elle se demande ce que sa musique pourrait donner en misant davantage sur l'organique.
Autant le dire tout de suite&nbsp;: si révolution il y a sur <i>Bivabippabualukka</i>, elle tient au&nbsp;<i>modus operandi</i>&nbsp;privilégié par la Danoise. Si les synthés ont toujours voix au chapitre, ils semblent presque relégués à l’arrière-cour de cet orchestre de fortune qui se déploie titre après titre, s’affranchissant du seul cadre de la musique ambient pour aller gentiment embrasser la léthargie de la bossa nova, la folk ou le jazz <i>new age</i>. Un truc qui pourrait largement donner le sentiment de s’écouter jouer si on ne sentait pas ce on-ne-sait-quoi de contagieux qu’à toute cette troupe à improviser, expérimenter et globalement s’amuser dans ce laboratoire où la cheffe d’orchestre vient ensuite piocher et arranger pour assembler le produit fini. Et à l'arrivée ? Treize titres comme autant de vignettes réussies pour ce nouveau virage à 360°.
Avec cet album logé quelque part entre la mélancolie langoureuse de <b><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/people-on-sunday/>Domenique Dumont</link> </b>et le psychédélisme solaire de <b><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/knock-knock/>DJ Koze</link></b>, on comprend mieux que jamais ce qui pousse Sofie Birch à se tenir à l’écart de l’époque dans laquelle elle vit&nbsp;: pour mieux préserver ce formidable optimisme qu’elle décline disque après disque, à chaque fois avec davantage de beauté et de maîtrise. Vous l'avez compris, vous devriez tous avoir un peu de Sofie Birch dans votre vie.]]></content:encoded>
			<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 06:36:12 +0200</pubDate>
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			<title>Who Coppin - Larry June</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/who-coppin/</link>
			<description><![CDATA[On sort d’un enchaînement Roland Garros / Coupe du Monde / Tour de France, soit deux mois placés sous le signe de la performance. Être confronté H24...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[On sort d’un enchaînement Roland Garros / Coupe du Monde / Tour de France, soit deux mois placés sous le signe de la performance. Être confronté H24 aux exploits d’athlètes de haut niveau étant une source potentielle de détestation de soi, on a besoin dans nos vies de disques comme ceux de <b>Larry June</b>, car il faut reconnaître au rappeur de San Francisco un talent : celui de donner l’impression qu’il n’en a pas vraiment, ou en tout cas pas beaucoup plus que toi.&nbsp;<br /><br />Souvent associé à la mouvance<i> stoner rap</i> pour l’indolence manifeste de sa musique, Larry June capitalise sur les bases jetées par des gens comme<b> Curren$y </b>ou <b>Wiz Khalifa</b>, et s’associe ensuite à des producteurs conscients de ses qualités et des limites de sa motivation sur des albums dont les formes généreuses renvoient à ce G-Funk dont il aime se faire l’apôtre, et dont la vitesse de croisière est inversement proportionnelle à celle des bagnoles sur le capot desquelles il aime poser son auguste postérieur. Et <i>Who Coppin</i> ne bouscule pas la hiérarchie : mis en confiance par des productions aux basses plus ronflantes que ton pote dans la tente du festoche après 20 bières, l’auditeur est transporté sur une <i>highway</i> américaine, en route vers une plage de sable chaud avec dans le coin de la bouche un joint de kush dont le diamètre se rapproche de celui d’un Cohiba de dictateur sud-américain. Bref, c’est la Californie dans ton salon, et sans devoir passer par une fouille rectale à la douane de LAX.<br /><br />Oui, on le sait, c’est toujours la même rengaine, et oui c’est un confort dans lequel Larry June se complait. On aurait donc pu faire l’économie d’une chronique puisque tous ses disques sont les mêmes. Sauf que ce <i>Who Coppin</i> est peut-être son meilleur depuis <i>2 P’z in a Pod</i> en 2022. Ce n'est donc pas rien, et cela se manifeste dès le premier titre, le bondissant « Go Outside Intro », sur lequel il atteint en quelques mesures à peine des sommets de décontraction et de flex – n’essayez surtout pas de reproduire cela chez vous. Toujours aussi à l’aise dans son costume de hustler / entrepreneur, toujours convaincu qu’il pourra nous faire oublier certains placements foireux par son charisme, toujours peu mais bien accompagné (s/o la sensualité vaporeuse de <b>Jhené Aiko</b> sur « California Dream), Larry June donne ainsi l’impression d’être concerné par son sujet comme rarement auparavant, propulsé par une énergie que l’on qualifiera de folle à son échelle, et qui permet à ce nouveau long format de proposer un peu de diversité dans une discographie à l’homogénéité un chouïa trop affirmée.<br /><br />Certains rétorqueront que c’est dans cet immobilisme stylistique et ce je-m’en-foutisme de façade poussé à son paroxysme que réside tout le sel de la musique de Larry June, mais c’est aussi ce qui nous empêche souvent d’arriver au bout d’un album sans penser à ne surtout pas oublier de racheter du beurre au supermarché. Et parce qu’on sait que la probabilité qu’il retombe dans ses travers dès le prochain album est grande, et que celui-ci sortira plus tôt que tard, et qu’on risque donc de ne pas vous en parler, ne boudez surtout pas notre plaisir.]]></content:encoded>
			<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 07:58:55 +0200</pubDate>
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			<title>On The Promise Of The Moon - Reeking Aura</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/on-the-promise-of-the-moon/</link>
			<description><![CDATA[On aurait voulu essentialiser cette chronique du deuxième album de Reeking Aura que toute notre analyse aurait pu tenir sur cette première seconde...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[On aurait voulu essentialiser cette chronique du deuxième album de <b>Reeking Aura </b>que toute notre analyse aurait pu tenir sur cette première seconde d’ouverture. Cette respiration initiale, cette prise de souffle au démarrage qui synthétise tout ce qui va suivre, cette capacité à parcourir l’extra mile jusqu'à l’intensité que demande ce niveau absurde de remplissage. Et comme un début ne signifie rien sans une fin, on finirait notre analyse sur ce départ de scène de manière totalement abrupte, sans aucun embryon d’adieu. Quasiment en plein milieu d’un riff, <i>On The Promise of The Moon</i> disparaîtra tout à l’opposé de cette première respiration, avec la même intensité et le même sentiment que toutes les questions n’auront pas reçu de réponses.
Dans l’intervalle, il y a un monde complet. En tous cas si on s’en tient à tout ce qui est proposé par les New-Yorkais, une sorte d’hybride insaisissable au cœur duquel tout fait pourtant sens. Nous ne sommes pas friands des hybrides maladroits, des <i>crossovers </i>trop ambitieux pour le talent des esprits censés les produire. Pour le dire simplement : on préfère cent fois notre metal banal mais incroyablement exécuté que potentiellement incroyable mais exécuté d’une manière insuffisante. Notre enthousiasme est ici calme et serein, là où il aurait pu être extatique et bêtement dithyrambique. Peut-être qu’après la cinquantaine d’écoutes qui nous sépare de notre découverte de Reeking Aura - essentiellement via une signature sur Profound Lore Records - nous avons compris la substance profonde du langage musical qui nous est offert ici.
Et il n’en fallait pas moins pour que l’ensemble tienne debout. Non pas que les élans shoegaze/atmo n’aient rien à foutre dans une gigantesque leçon de death metal, mais il est clair que rien de tout ça n’était gagné d’avance. Un death organique qui roule tout en technique, tout en mélodies imbriquées, qui passe d’une structure à une autre sur des temps assez courts, qui se projette d’idée en idée comme un Tarzan fou d’une liane à une autre. Il y a pas mal de grindcore aussi à certains endroits - notamment dans les attitudes vocales exceptionnelles de l’ancien leader de Artificial Brain qui ne sont qu’une cerise sur le gâteau - dans les capacités d’accélération du groupe pour qui rien ne semble impossible à concilier.&nbsp;
Un hybride death progressif et technique qui mêle intensité légèrement disso-death (tirant parfois jusqu’au post-rock ou au lointainement gothique), attitudes de grindeux ingérables et intercalage d’ambiances atmosphériques très émotionnelles. Il n’y avait aucune chance que ça ne sonne pas autrement que dégueulasse et pourtant on tient sans aucun doute possible un top 10 de fin d’année dans sa catégorie. Un mélange malin entre le meilleur de la synthèse proposée par <link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/meritoriousness-of-equanimity/>le dernier </link><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/meritoriousness-of-equanimity/>Eximperitus</link>, le charme organique et hautement sincère du <link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/ego-dissolution/>premier </link><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/ego-dissolution/>Ancient Death</link> et le <i>delivery </i>fou de rage et de technique du <link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/suffer-as-one/>premier </link><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/suffer-as-one/>Living Gate</link> dans une forme finale que seul Reeking Aura était capable de sortir.&nbsp;
Car c’est bien là que brille <i>On The Promise of The Moon</i> : dans la singularité de son langage musical, qui devient à force d’écoutes une entité impossible à pleinement séquencer dans la somme de ses influences. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle ce deuxième album est viable une fois sorti au contact de l’air : sa capacité à être à la fois l’accumulation de ses partis pris musicaux et la toute puissance d’un tout qui ne souffre d’aucune autre référence que son propre modèle. Un disque assez rare dans l’exactitude de son propos, qui tient en seulement trente minutes sa leçon de metal total, belle de son empressement et de son obsession à vouloir tout nous donner, dans l’ordre ou pas. Avant de disparaître soudainement dans ce qui est passé comme un seul battement de cœur.]]></content:encoded>
			<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 07:56:13 +0200</pubDate>
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			<title>Music, Fashion, Film - Charli xcx</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/music-fashion-film/</link>
			<description><![CDATA[D’aucuns ont affirmé que Brat était son victory lap, mais ce n’était pas le cas. Comment le dire autrement, face à un disque qui s’affranchit de tout...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[D’aucuns ont affirmé que <i><link record:tx_gmdchron_article:7939>Brat</link></i> était son <i>victory la</i>p, mais ce n’était pas le cas. Comment le dire autrement, face à un disque qui s’affranchit de tout ce que <b>Charli xcx</b> avait construit auparavant, qui s’offre <b>David Cronenberg</b>&nbsp;sur son dernier morceau, et qui affiche sur sa pochette — comme dans l’un de ses <link https://www.youtube.com/watch?v=eO3zsYsDnbI&list=RDeO3zsYsDnbI&start_radio=1 _blank>clips</link> — ses muses de vieux patriarches blancs&nbsp;? Plus organique, moins lisse, parfois même plus chaleureux et sensuel avec son esthétique DIY, ses riffs abrasifs et ses guitares saturées, <i>Music, Fashion, Film</i> ressemble à un caprice autocentré et délicieux, dans la lignée de <i><link record:tx_gmdchron_article:6852>how i'm feeling now</link></i>, un de ses précédents disques conçu pour l'aider à surmonter la pandémie. Ce n’est pas un disque en rupture avec <i>Brat</i>, mais plutôt en décalage avec les logiques de rentabilité qu’on attend après un tel blockbuster. On ne prétend pas que Charli vient de sortir un projet radicalement expérimental qui va vous retourner la tête — on attend peut‑être le nouvel album d’<b>Arca</b> ou un retour du <b>Gloupier</b> pour ça. Mais une chose est sûre : elle n’a visiblement plus grand‑chose à faire du Billboard,&nbsp;si tant est qu’elle s’en soit déjà souciée un jour. 
Tout au long de ce disque, portée par une esthétique plus libre et décomplexée, Charli xcx expose ses doutes — des questionnements auxquels il n’est nul besoin d’être une popstar pour s’identifier. Comme nous toustes à un moment ou un autre, elle traverse la crise de la trentaine et l’angoisse de sa propre finitude (« <link https://www.youtube.com/watch?v=twLhSqabby0&list=RDtwLhSqabby0&start_radio=1 _blank>SS26</link> », « <link https://www.youtube.com/watch?v=eO3zsYsDnbI&list=RDeO3zsYsDnbI&start_radio=1 _blank>Camera</link> », « <link https://www.youtube.com/watch?v=ly3kGDyoNU8&list=RDly3kGDyoNU8&start_radio=1 _blank>No One Lasts Forever</link> »). Quand ça va moins bien, elle se réfugie dans une nostalgie sucrée (« <link https://www.youtube.com/watch?v=VVCsNcHlgdQ&list=RDVVCsNcHlgdQ&start_radio=1 _blank>2007</link> » is the new « <link https://www.youtube.com/watch?v=6-v1b9waHWY&list=RD6-v1b9waHWY&start_radio=1 _blank>1999</link> »), ou se débat avec ses troubles de l’attachement (« <link https://www.youtube.com/watch?v=__9X5wRuio0&list=RD__9X5wRuio0&start_radio=1 _blank>I’m Afraid</link> », « <link https://www.youtube.com/watch?v=gvv69EofTU8&list=RDgvv69EofTU8&start_radio=1 _blank>Persona</link> »), avant de se raccrocher à ce genre d’ami sur lequel on peut toujours compter (« <link https://www.youtube.com/watch?v=_-XRY7mGxog&list=RD_-XRY7mGxog&start_radio=1 _blank>Magic Metal Montana</link> », ode à sa longue bromance avec <b>A.G. Cook</b>). Et pour dynamiter tout ça, des morceaux comme « <link https://www.youtube.com/watch?v=ozXlmYzF3JM&list=RDozXlmYzF3JM&start_radio=1 _blank>Card Declined</link> », « <link https://www.youtube.com/watch?v=ox1Eemj8FDo&list=RDox1Eemj8FDo&start_radio=1 _blank>Rock Music</link> » ou « <link https://www.youtube.com/watch?v=BAp4q27hTOc&list=RDBAp4q27hTOc&start_radio=1 _blank>Wink Wink</link> », où elle renoue avec son côté fêtard et hyper badass, équilibrent parfaitement le cocktail final en le rendant particulièrement touchant. 
<i>Music, Fashion, Film </i>est donc peut‑être l’album idéal à écouter en voiture avec ses potes, sur le chemin du retour d’un city‑trip revigorant auquel ils ont dû vous traîner pour que vous acceptiez de venir. Le morceau « Yeah », brillante ode à l’incertitude et au changement d’avis, s’y prête d’ailleurs parfaitement. Et lorsque vous les saluez une dernière fois en pensant au lundi gris qui vous attend, l’inoxydable David Cronenberg — dont le flegme évoque ici son ami <b>William Burroughs </b>— vous rappelle, d’une voix grave et avec son humour pince‑sans‑rire, la vanité de notre existence et l’importance de se concentrer sur l’« ici et maintenant ». On n’a qu’une vie : autant la vivre intensément, la brûler par les deux bouts, comme Charli le fait symboliquement avec toutes les cigarettes qu’elle s’enfile dans le clip de « Rock Music ». ]]></content:encoded>
			<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 19:31:33 +0200</pubDate>
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			<title>Reality Awaits - The Strokes</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/reality-awaits/</link>
			<description><![CDATA[Être fan, c'est souvent triste et épuisant pour tout le monde, à commencer par soi. Le fan ne veut jamais vraiment ce qu'on lui offre, il veut ce...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Être fan, c'est souvent triste et épuisant pour tout le monde, à commencer par soi. Le fan ne veut jamais vraiment ce qu'on lui offre, il veut ce qu'il a déjà aimé, ce qu'il connaît par cœur, ce qu'il a rangé bien au chaud dans un coin de sa mémoire et qu'il exige qu'on lui resserve à l'identique, année après année, comme si l'art pouvait, ou devait, se répéter sans jamais bouger. Être fan, trop souvent, est une forme de paresse déguisée en fidélité, une manière commode de confondre l'amour et l'habitude, alors que l'habitude est une maladie.
Être fan des Strokes, en particulier, est un exercice éreintant, tant le groupe est absent, brouillé, disparaît des années durant sans un mot, réapparaît sans prévenir, repart aussitôt, comme s'il fallait sans cesse apprivoiser de nouveau une créature qui ne demande jamais rien. Ajoutez à cela des commentaires qui soufflent le chaud et le froid, et on sent bien, depuis quinze ans au moins, qu'ils ne veulent plus vraiment être un groupe, ou alors un groupe à leurs conditions. 
Les Strokes n'ont jamais cessé de répondre aux attentes. Les leurs. Deuxième album solide, sans prise de risque, parce que la carrière est encore jeune, troisième album foutraque et tentaculaire, parce que l'envie de liberté et de conquête devient soudain plus forte que l'envie de plaire, quatrième album qui arrive après des pauses en solo bienvenues, et ainsi de suite, disque après disque, chacun réglant ses comptes avec le précédent plutôt qu'avec un public trop souvent pris pour arbitre.&nbsp;<i>Reality Awaits</i>, septième album, premier en six ans donc, et ça grogne déjà, ça regrette qu'on n'y trouve ni &quot;Reptilia&quot; ni &quot;Someday&quot;, comme si le groupe devait éternellement se rejouer lui-même pour mériter qu'on l'écoute encore. Les Strokes ne sont pas nostalgiques, c'est leur force, et c'est une force qui compte double aujourd'hui, à une époque où presque tout le monde, autour d'eux, l'est. 
Car l'époque, justement, ils en font pleinement partie. Non pas comme des commentateurs distraits, mais comme des acteurs à part entière. Julian chante ici le succès sans gloire ni fierté (&quot;The Fruits of Conquest&quot;), la fin, la sienne sans doute (&quot;Tyrants of the Mellow Moon&quot;), notre attention qui vacille en permanence, incapable de se fixer sur quoi que ce soit (&quot;<link https://www.youtube.com/watch?v=4u3iI1WuU0k>Going Shopping</link>&quot;), ou plus simplement l'amour qui s'éteint sans drame ni éclat (&quot;<link https://www.youtube.com/watch?v=-ZdSZN7LdqY>Falling Out of Love</link>&quot;), si bien qu'on obtient, au fond, moins l'inventaire d'un groupe vieillissant que le portrait fidèle d'un présent qui nous ressemble à tous, qu'on le veuille ou non. 
Mieux encore, la désincarnation de <b>Julian Casablancas</b>, entamée depuis longtemps déjà, trouve ici sa forme la plus aboutie, la plus assumée aussi, en devenant pleinement machine (les fans des affreux&nbsp;<b>The Voidz</b> auront ici peu de raisons d’être surpris), et cette mue répond exactement à la même logique, celle d'une voix qui se dérobe, qui se retire d'elle-même. L'auto-tune est un outil comme un autre qui n'a même plus l'excuse de la modernité pour prétendre choquer qui que ce soit (et pourtant), et vingt ans après ses premiers usages massifs dans la pop, l'employer aujourd'hui n'est plus un geste provocateur, c'est un geste tout court, aussi neutre, aussi disponible, qu'une guitare ou qu'une batterie. 
Faire rager les fans, les titiller, les décevoir, est presque un devoir pour n'importe quel groupe digne de ce nom, et dieu sait que les <b>Strokes</b> savent décevoir avec une constance qui force presque le respect tant elle est aussi méthodique que frustrante. Tant mieux, car comment prétendre aimer un groupe aussi dysfonctionnel, aussi imprévisible, aussi rétif à toute logique de carrière bien tenue, et lui reprocher ensuite d'en faire la matière même de ses chansons, la source de son inspiration plutôt que la cause de sa perte ? On ne peut pas aimer le chaos et exiger l'ordre en retour. 
Jamais, depuis leur premier album il y a vingt-cinq ans, les <b>Strokes</b> n'avaient été aussi cohérents, aussi pleinement ancrés dans leur temps plutôt qu'en surplomb ou en retrait. Et vingt-cinq ans, c'est le temps qu'il faut aux choses, aux modes, aux sons, pour effectuer un tour complet et revenir, presque intacts, à leur point de départ. Sauf que les <b>Strokes</b>, eux, ne sont jamais revenus en arrière. Nous avons simplement fini par les rattraper, et nous perdrons de nouveau leur trace, bientôt. Grand disque, donc; mélodieux, habité, fascinant, impatient aussi, lumineux par endroits, sans doute leur plus grand depuis longtemps. Il faudra du temps à certains pour l'admettre. Tant mieux. ]]></content:encoded>
			<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 08:14:36 +0200</pubDate>
            <guid isPermaLink="true">https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/reality-awaits/</guid>
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			<title>you seem pretty sad for a girl so in love - Olivia Rodrigo</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/you-seem-pretty-sad-for-a-girl-so-in-love/</link>
			<description><![CDATA[Qu'Olivia Rodrigo pose sur une balançoire, robe rose et jambe tendue vers le ciel, pour la pochette de son troisième album, ce n'est pas tant une...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Qu'<b>Olivia Rodrigo</b> pose sur une balançoire, robe rose et jambe tendue vers le ciel, pour la pochette de son troisième album, ce n'est pas tant une citation directe qu'un imaginaire partagé, celui de la jeune femme libre et heureuse qui survole un instant sa propre vie, un imaginaire que <b>Jean-Honoré Fragonard </b>avait déjà peint en 1767 dans <i>La Balançoire</i>, et que <b>Courtney Love</b> avait elle-même convoqué en 1994 sur la pochette de <i>Live Through This</i>, où une reine de promo s'envole, couronne et bouquet à la main, entre deuil et allégresse. Trois images séparées de deux siècles et demi, trois femmes suspendues dans les airs, et pourtant Love, qui avait déjà accusé Rodrigo de lui avoir emprunté cette imagerie sans la créditer, ne compte visiblement pas parmi ses admiratrices.
Le disque, lui, tient largement ses promesses, et c'est bien là ce qui rend la pochette presque anecdotique face à l'écriture qui la porte, &quot;Drop Dead&quot; et &quot;Honeybee&quot; capturant cette ivresse amoureuse avec une précision mélodique que peu de ses contemporaines maîtrisent aussi bien, &quot;Maggots for Brains&quot; et &quot;My Way&quot; laissant affleurer la petitesse et la jalousie sans jamais sombrer dans la caricature, et &quot;The Cure&quot; ou &quot;Cigarette Smoke&quot; (oui, nous écrivons les titres avec des majuscules, il est grand temps que cette idée de tout écrire en minuscule s’arrête) refermant l'arc avec une justesse d'écriture qui confirme, une fois de plus, que Rodrigo sait raconter une histoire d'amour de bout en bout mieux que la plupart de ses aînées. 
Reste que la citation, sur la pochette, fonctionne malgré tout davantage comme un décor que comme un discours, Fragonard prêtant sa texture picturale sans sa préciosité, <b>Courtney Love</b> prêtant sa silhouette sans sa rage, et &quot;Purple&quot;, abandonné au profit du rose, pourrait presque servir de clin d'œil involontaire à ce glissement, ce changement de nuance dans un même nuancier plutôt qu'une vraie rupture. Mais il faut aussi lui reconnaître ceci, que peu d'artistes de ce calibre laissent encore une place, même petite, au doute et à la question, et &quot;What's Wrong With Me&quot; trouve une sincérité qui dépasse largement l'emballage promotionnel autour d'elle. Il restera donc cette évidence plus douce qu'amère, que citer la rébellion avec autant de soin n'empêche pas, parfois, d'en retrouver un peu de la vraie chaleur, en chanson sinon en image. ]]></content:encoded>
			<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 08:24:24 +0200</pubDate>
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			<title>Rotting On A Golden Throne - Zerre</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/rotting-on-a-golden-throne/</link>
			<description><![CDATA[Mais quelle époque de merde. On a retourné tous les angles d’attaque possibles pour vous parler de ce quatrième album de Zerre et une seule chose est...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Mais quelle époque de merde. On a retourné tous les angles d’attaque possibles pour vous parler de ce quatrième album de <b>Zerre </b>et une seule chose est certaine : il n’y avait pas pire timing pour sortir ce <i>Rotting On A Golden Throne</i>. Et le plus rageant dans toute cette histoire, c’est que les Allemands n’y sont strictement pour rien. Mais l’histoire est faite ainsi, et qu’elle soit structurelles ou conjoncturelles - nous allons y revenir - les circonstances qui encadrent la sortie de cet album auront un impact définitif sur sa réception. Qu’on le veuille ou non.
Le thrash metal tout d’abord est affreusement codé. Plus encore que peuvent l’être les grands patrons de ce metal jeu - disons le black, le death et le doom, pour faire court - le thrash metal est une musique de son époque et, à moins de s’appeler <b>Voivod</b>, <b>Vektor </b>ou <b>Atheist </b>ou d’emprunter le versant technico-technique de la montagne, tout revient toujours aux dix même groupes. Ceux-là ont plus ou moins tout inventé, en tous cas dans leur formule la plus mainstream, et mangent à tous les buffets à volonté quand il s’agit d’évoquer l’arbre généalogique du genre. C’était le fameux bloc allemand contre le bloc ricain. Et ça l’est encore aujourd’hui, malheureusement pour tous les autres.&nbsp;
Le Big Teutonic 4 est plus actif que jamais : <b>Kreator</b>, <b>Sodom </b>et <b>Destruction </b>sortent d’une récente tournée mondiale et continuent à sortir des disques vraiment pas dégueu pendant que <b>Tankard </b>vit sa meilleure vie de second couteau de luxe. Côté américain c’est la même : <b>Exodus</b>, <b>Megadeth </b>et <b>Anthrax </b>auront sorti un énième album en 2026 et <b>Slayer </b>reste un top 10 metal de tous les temps malgré leur quatorze tournées d’adieu. Et <b>Metallica</b>, et bien c’est Metallica.
Le problème, c’est que Zerre se colle sur ce qui fait à peu près le succès de tous les groupes cités plus haut, dans une version crossover - comprenez trempée dans un bain punk-hardcore. Et qu’à cet endroit précis, il y a sur leur chemin le plus grand groupe de la décennie, à savoir <b>Power Trip</b>. Et que malgré le décès du charismatique <b>Riley Gale</b> en 2020, les auteurs de l’éternel <link https://www.youtube.com/watch?v=FOWf8uqGf8A>“Executioner’s Tax (Swing of The Axe)”</link> ont décidé en 2026 de reprendre le chemin de la scène et des studios. Décidément, quand on vous disait que ce <i>Rotting On A Golden Throne</i> avait mal calculé son moment.
La pilule est d’autant plus difficile à avaler que Zerre ne fait absolument rien de mal. Au contraire, il est plutôt extrêmement appliqué au moment de lâcher ses bombes thrash/hardcore au milieu de la foule. Quarante minutes de fièvre totale, soutenues par un rythme qui ne peut être que supersonique, remplies de breaks fiévreux et de backing vocals hurlés en gang, troquant les traditionnels coups de coudes dans la mêlée pour de la grosse échappée heavy. Probablement conscients que dans leur position tout sera jugé à la comparaison, les Allemands bombardent à l’énergie et ne s’épargnent d’aucun effort pour plaire à défaut d’innover. C’est cruel quelque part, mais c’est la dure loi du metal moderne.&nbsp;
A contrario, et tous les <i>thrasheadz </i>qui nous lisent le savent, quand un disque de thrash metal est bon, cela se sait après trente secondes. Et pour le coup, Zerre est proprement intouchable dans sa manière d’exécuter sa partition. Il y a assez de coups de semonce, assez de soli décadents, assez de refrains à beugler comme des sourds pour ne pas voir passer ces quarante minutes de gros fun métallique. Et après tout, n’est-ce pas la seule chose qu’on leur demandait en fin de compte ? ]]></content:encoded>
			<pubDate>Sat, 25 Jul 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
            <guid isPermaLink="true">https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/rotting-on-a-golden-throne/</guid>
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			<title>L'école de la nuit - Gilb'R</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/lecole-de-la-nuit/</link>
			<description><![CDATA[La French Touch, Gilb’R ne veut pas vraiment en entendre parler. Ne veut pas spécialement y être associé. N’en revendique pas forcément une part de...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[La French Touch,<b> Gilb’R </b>ne veut pas vraiment en entendre parler. Ne veut pas spécialement y être associé. N’en revendique pas forcément une part de l’héritage. Sauf que sur ce dernier point, on se doit de lui donner tort. Si la French Touch ne s’est pas bâtie sur les fondations de son label <b>Versatile</b>, ce dernier a fonctionné comme une sorte de miroir inversé. Avec Gilb’r en chef de meute, et une équipe d’<i>underdogs</i> composée de gens comme <b>Joakim</b>, <b>I:Cube</b> ou<b> Etienne Jaumet</b>, Versatile a proposé un contre-narratif inoubliable, loin des couvertures de Technik’art mais au plus près des cœurs d’amateurs de musique électronique jamais contre une improbable cabriole. 
30 années nous séparent des premiers <i>releases</i> du label, et cet anniversaire permet déjà de corriger une erreur monumentale contenue dans ce texte&nbsp;: non il ne faut pas parler de Versatile au passé. Alors c’est vrai que ces dix dernières années, le label s’était fait plutôt discret, et rien ne permet d’affirmer que les dix qui s’annoncent seront celles de la renaissance. Ce qu’on peut par contre dire, c’est qu’au moment de souffler la 30ème bougie, Gilb’R a su y mettre les formes, avec un album à tous points de vue inattendu.
Inattendu en ce sens qu’on avait franchement autre chose en tête quand <i>L’école de la nuit</i> est sorti mi-juin – les 3 c&nbsp;: congés, canicule, coupe du monde. Inattendu ensuite par son contenu&nbsp;: le disque n’est pas un album électronique comme on pouvait le concevoir venant de l’homme <link https://youtu.be/qXWPg7VVhZg?si=MIbZqnEjco6gzBGF>derrière ce genre de délices deep as fuck</link>. Non content de multiplier les influences, Gilb’r prend surtout un soin tout particulier à piocher dans des choses qui l’éloignent du dancefloor – question d’âge peut-être, volonté de se challenger certainement, ce qui est assez logique de la part d’un type qui n’a pas fait de la nostalgie un fond de commerce. 
Court mais varié, curieux mais sans jamais donner l’impression d’un fourre-tout mal maîtrisé, on aurait envie de dire qu'on tient ici&nbsp;le disque de la maturité, si Gilb’R n’en faisait pas déjà preuve à la fin des 90's. Façonné à parts égales par un amour du songwriting, des collaborations bien senties et des influences à aller chercher du côté de la synth-pop, du rock ou du jazz, <i>L'école de la nuit</i> oppose sans prétention aux tumultes d’un monde trop complexe en vignettes un rappel que la vie est peut-être avant toute chose une affaire de plaisirs simples et qu’au final, tout ira bien. On a le droit de ne pas croire Gilb’R mais pendant ces 35 minutes passées en sa compagnie, on lui donnerait franchement le bon dieu sans confession. ]]></content:encoded>
			<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 09:29:51 +0200</pubDate>
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