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        <title>Les chroniques GMD</title>
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            <title>Les chroniques GMD</title>
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			<title>Les champs de sacs plastique - JeanJass</title>
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			<description><![CDATA[Vu de l’extérieur, on serait tenté de penser que tout va bien dans la vie de JeanJass : sa page Discogs s’allonge plus vite que la liste des victimes...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Vu de l’extérieur, on serait tenté de penser que tout va bien dans la vie de<b> JeanJass</b>&nbsp;: <link https://www.discogs.com/fr/artist/2983079-Jean-Jass?srsltid=AfmBOorfknuKRa9IGrHpjZZ-KH9TNHzT2HyATz8r7-4l3aO0cpQBitze>sa page Discogs</link> s’allonge plus vite que la liste des victimes de Patrick Bruel, il vient d’avoir un deuxième enfant, et il se passe rarement plusieurs mois sans que lui, son acolyte <b><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/osito/>Caballero</link></b> ou son voisin de palier <b><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/joyboy/>Peet</link></b> viennent réenchanter l’actualité rap belge le temps d’un projet ou d’un featuring qualitatif. Mais comme beaucoup de gens sur qui les problèmes semblent glisser comme les gouttes de pluie sur une veste en Gore-Tex, les choses sont différentes à l’échelle macroscopique&nbsp;: on a toujours su que JJ était d'un naturel pessimiste – <link https://youtu.be/cErVlMMCnWE?si=iGEGZgFpX01jhQaP&t=585>et ce n’est pas le bouquet final de sa récente&nbsp;<b>Grunt</b> qui nous contredira</link>. Et là où certains reprennent rendez-vous chez leur psy pour expier leur mal-être et mieux le comprendre, JJ fait dans l'auto-médication : il appelle son <i>plug</i>, se fait livrer quelques produits, et s’enferme dans le studio. Le résultat de ces deux dernières années de pérégrinations mentales s’appelle <i>Les champs de sacs plastique</i>. Et ce titre, à la fois poétique et bizarre, est à l'image de l’œuvre qu’il illustre.
On avait laissé JeanJass sur <link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/tous-ces-ongles-ronges/>un <i>Tous ces ongles rongés</i></link><i>&nbsp;</i>qui faisait plus délire de producteur, et on est heureux de le retrouver dans un cinquième disque beaucoup plus généreux et protéiforme. Toujours fidèle à la bizarrerie de ses visions (l’orchestre midi de <b>Chilly Gonzales </b>sur &quot;IMAX&quot;, le sample de dabkeh sur &quot;El Guerrouj&quot;), JeanJass travaille la matière avec une audace qu'on avait plus observée&nbsp;depuis <i><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/hat-trick/>Hat Trick</link></i>. Pour cela,&nbsp;le Carolo continue de faire en sorte que l’expérience soit à l’image de son joint de <i>cali kush</i>&nbsp;: la plus tassée et la plus pleine possible, si bien qu’il ne faut pas plus de trente minutes de son pour permettre à <i>LCDSP</i> d’être un disque suffisamment dense et labyrinthique pour nous donner envie d’y revenir. Chose suffisamment rare pour être soulignée d’ailleurs&nbsp;: tous les producteurs au projet (<b>H Jeune Crack</b>, <b>Dee Eye</b>, <b>Agusta</b>, <b>Mike Shabb</b> ou <b>Karma Bangers</b>) sont crédités sur les serveurs de streaming comme s’ils étaient des featurings à part entière. Une jolie manière pour l’homme aux deux casquettes de remettre le beatmaker au cœur du projet à l’heure où la personnalité du rappeur prend trop souvent le pas sur la réelle qualité de la musique.
Et au milieu de tout ça&nbsp;? Et bien il y a le verbe et le flow du &quot;roloto le plus cool avec <b><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/sincerement/>Hamza</link></b>&quot; : qu’il soit dans l'égotrip sur une prod <i>drumless</i> façon <b>Nicholas Craven</b> (&quot;Faune Marine&quot;), qu’il exhibe ses cicatrices sur un refrain <i>catchy</i> (&quot;1xpas+&quot;) ou qu’il s'adonne à l’art perdu du <i>storytelling</i> (&quot;Le pays de mon père&quot;), JJ multiplie les exercices de style tout en y mettant beaucoup de lui – encore plus que d’habitude. Car s’il nous donne l’occasion de rigoler au détour d’une <i>punchline</i>, l’amertume qui infuse ce disque donne le sentiment que comme nous tous, il ne sait pas tout à fait où il va, ni tellement d’où il vient vraiment – comme sur ces beaux moments de <i>Lost in Translation</i> lorsqu’il s’agit d’évoquer ses origines marocaines. Et c’est finalement ce qui nous touche le plus ici&nbsp;: cette impression de mettre en mots et en musique ce que l’on peut essayer de communiquer en thérapie.
Car &quot;le film dans ma tête&quot; dont il parle en introduction se déroule sous nos propres yeux&nbsp;: celui d’une folie collective et tristement ordinaire à laquelle on participe tous plus ou moins. Pourtant, <i>LCDSP </i>ne se veut pas sombre, loin de là&nbsp;: c’est même toute sa capacité à puer la bienveillance et à disséminer au fil du disque des miettes d’espoir qui finit de nous convaincre que jamais JeanJass n’a été aussi pertinent que dans cet album catharsis où l’auditeur en sort aussi guéri que son auteur. Et s’il est trop tôt pour dire que <i>LCDSP</i> est le meilleur solo du carolo, on peut déjà dire que c'est son disque le plus profond et le plus personnel. Mettez du putain de respect sur son nom.]]></content:encoded>
			<pubDate>Tue, 26 May 2026 08:33:27 +0200</pubDate>
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			<title>For No Man Shall See Me And Live - World Peace</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/for-no-man-shall-see-me-and-live/</link>
			<description><![CDATA[Dix morceaux. Six minutes trente-cinq. Zéro déchet. World Peace n'a jamais fonctionné autrement. Depuis 2017, Derek Kanowsky et son équipe de la Bay...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Dix morceaux. Six minutes trente-cinq. Zéro déchet. <b>World Peace</b> n'a jamais fonctionné autrement. Depuis 2017, <b>Derek Kanowsky</b> et son équipe de la Bay Area (dont le casting plus ou moins rotatif inclut ou a déjà inclu des membres de <b>Spy</b> et <b>Fentanyl</b>) construisent patiemment l'une des discographies les plus radicales du powerviolence contemporain. 
Pour les non-initié·es, le powerviolence, c'est ce genre né dans le punk hardcore californien du début des années 90 autour de groupes majeurs comme <b>Infest</b>, <b>Crossed Out</b>, <b>Spazz</b> ou <b>Man Is The Bastard</b>. La marque de fabrique ? Des morceaux de quelques secondes, des changements de tempo violents entre blast beats galopants et breakdowns oppressants, une production volontairement hostile, et un mépris absolu pour tout ce qui ressemble à une concession commerciale. C'est du hardcore porté à son point de rupture, et World Peace en est aujourd'hui l'un des représentants les plus purs. 
Sur le papier, l’instrumentation est aussi dépouillée que brutale : deux lignes de basse qui se cognent et se répondent, une batterie qui blaste, aucune guitare parce que personne n’a besoin de mélodie et des voix qui hurlent à la figure de l'Éternel. Car World Peace revendique frontalement son obsession pour l'iconographie chrétienne et la terreur divine. Titres en latin, références à l'Exode, à la Genèse, au Nouveau Testament. Le groupe retourne le langage sacré comme un couteau dans une plaie. 
<i>For No Man Shall See Me And Live</i> fait office de nouvelle offrande au sein d’un catalogue <link https://worldfuckingpeace.bandcamp.com/music>qui compte plus d’une dizaine de projets déjà</link> et sort dans la foulée récente d'une compilation réunissant l'intégralité de leur discographie (<i>Contrary to the Order of Creation: The Complete Collected Works of World Peace MMXVII–MMXXV</i>). Comparé aux travaux précédents, ce nouvel “album” en profite par ailleurs pour marquer une légère inflexion via des riffs de basse encore plus groovy et avec une qualité presque nu-metal dans la façon dont &quot;Diaspora&quot; ou &quot;Land Of Plenty&quot; par exemple laissent respirer le tempo avant de tout écraser. Le terme &quot;accessible&quot; est relatif mais pour la première fois, on peut hocher la tête avant de se reprendre la charge en pleine face.
Comme souvent avec World Peace et la brièveté qui les caractérise, l'envie folle de tout reprendre depuis le début s’impose vite. Six minutes, c'est le temps d'un trajet en métro, d'un café qui refroidit, d'une pause clope sous la pluie. Si vous n'avez pas encore sauté le pas ou que vous vous sentez plus aventureux·se que d'habitude, considérez ce disque comme votre porte d'entrée vers quelque chose de plus abrasif, de plus urgent, de plus polarisant. Allez, vous avez largement le temps aujourd'hui. ]]></content:encoded>
			<pubDate>Tue, 26 May 2026 08:33:20 +0200</pubDate>
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			<title>Carving The Causeway To The Otherworld - Coscradh</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/carving-the-causeway-to-the-otherworld/</link>
			<description><![CDATA[Dans la liste des choses qui me semblent tout à fait concevables, bien calé entre le café italien corsé et le croustillant de la baguette française,...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Dans la liste des choses qui me semblent tout à fait concevables, bien calé entre le café italien corsé et le croustillant de la baguette française, le black/death gaélique se pose avec la douceur d'une feuille sur l'eau. Probablement en raison de sa nature ancestrale, traditionnelle et remplie de mysticisme, je pourrais même me mettre à rêver d'une musique extrême empreinte d'Irlande gaélique. Elle serait par définition guerrière, impétueuse et intensément violente (au moins autant que la volée de clichés alignés jusqu'ici) et elle n'aurait de moderne que son année de sortie, empêtrée dans une guerre de clans, récit d'un monde où le conflit ne se règle qu'à la hache de guerre. Ce deuxième album de <b>Coscradh</b> est un peu tout ça à la fois, et sa sortie sur <b>20 Buck Spin</b> – label qui ne se loupe jamais quand il s'agit de sortir du grand disque de metal – finira de nous convaincre d'enchaîner les écoutes nécessaires pour plier cette bonne tranche de musique de sauvageons. Alors on harnache solidement son cor de guerre à la ceinture et on plonge la tête la première dans ce qui nous est ici proposé.
 Parce que guerrier, <i>Carving The Causeway To The Otherworld</i> l'est sans aucun doute possible. Il n'est d'ailleurs que la guerre, de sa direction artistique à son univers lyrical, Coscradh n'évoque que l'affrontement. Une inclination qui se confirme dans toute sa tendance musicale : un odieux mélange de death et de black, frénétique et désarticulé, qui lorgne en permanence sur la frange war metal du spectre – tiens donc – sans jamais s'y abandonner totalement. Sans être un pur rejeton de l'arbre généalogique qui irait de <b>Blasphemy</b> jusqu'à <b><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/from-the-visceral-abyss/>Teitanblood</link></b>, Coscradh y emprunte néanmoins tout son art de déplaire en beauté, sa séduction par la cacophonie et l'inconfort auditif. Si cela râpe l'oreille pendant quarante-quatre minutes, Coscradh sait que le war metal est une musique où tout se passe pour l'essentiel en coulisses. Jouant toujours sa partition au canif dans des mouvements compulsifs qui allient section rythmique absurde de performance et impermanence brillante dans les mouvements rêches de guitares, la science de ces Irlandais se jouent également sur le siège arrière. Là où l'agression première et les structures dissonantes s'arrêtent pour créer une musique qui vit tout le temps, lointainement, dans une brillance technique que les plus attentifs apprécieront à peu près à tous les endroits – à commencer par ces soli thrashisants qui tombent au beau milieu de ce bordel comme une pluie acide, indistincte et presque aléatoire.
Et pourtant, <i>Carving The Causeway To The Otherworld</i> n'est pas un disque de war metal. Enfin, pas seulement. C'est d'ailleurs ce qui le rend unique, sa capacité à être multiple en allant chercher dans la science death et black un vrai caractère au-delà du bestial pour nourrir la narration de son plan de guerre. On pense évidemment à la savante cacophonie death de leurs compatriotes de <b>Malthusian</b>&nbsp;ou au groove luciférien de ces rebuts de <b>Inquisition</b> dans ce qui sonne comme les deux meilleurs titres de cette partition (« Adradh Dé Ghoac » et « Caesar's Revelation »). Autant d'éléments qui finissent par s'agglomérer pour générer cet enfant fou de Coscradh, loin de l'accumulation de poncifs drainés par un paquet de leurs contemporains. 
 Un bordel qui respire les champs de batailles sordides, où les druides se battent torse-nu à la serpe, où les nécromanciens relèvent inlassablement des corps sans vie, où l'action est vécue de manière froide et sanglante, cynique et perverse. Un ballet glacial, chaotique et boueux, qui hurle de manière démente ses ordres - <b>Ciarán Ó Criodaín</b> sera d'ailleurs probablement en lice pour le titre de performance vocale de l'année - dans une grande scène où la mort frappe les yeux fermés ceux qui ont le malheur de ne pas regarder au bon endroit. Il y aurait encore tant à dire de ce deuxième album tant les écoutes continuent d'affiner une narration, un sens du détail et un équilibre dans le déséquilibre qui amènent <i>Carving The Causeway To The Otherworld</i> dans le cercle fermé des très bons disques de l'année en cours. Au fait, Coscradh en gaélique signifie le triomphe dans le massacre. On aurait probablement pu arrêter cette chronique à ce détail. ]]></content:encoded>
			<pubDate>Tue, 26 May 2026 08:33:04 +0200</pubDate>
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			<title>DJ-Kicks - Sofia Kourtesis</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/dj-kicks-13/</link>
			<description><![CDATA[Vous savez que sur Goûte Mes Disques, on est très attachés au principe du « qui aime bien châtie bien ». Par conséquent, quand les notes finissent...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Vous savez que sur Goûte Mes Disques, on est très attachés au principe du «&nbsp;qui aime bien châtie bien&nbsp;». Par conséquent, quand les notes finissent dans la moyenne basse, c’est très rarement pour parler d’un·e artiste pour lequel on n’a pas un minimum de tendresse ou d’affection. Dans le cas qui nous occupe, les critiques sont donc moins adressées à <b>Sofia Kourtesis</b> l’électronicienne sensible qu’à Sofia Kourtesis l’aspirante DJ. Car pour son <i>DJ-Kicks</i>, la Péruvienne exilée à Berlin donne l’impression de vouloir taper sur ce qui sera le dernier clou sur le cercueil d’un concept qui a déjà bien du mal à exister à l’époque des mix gratuits et dj sets qui se résument à quelques reels calibrés sur Insta.&nbsp;
Inaugurée il y a un peu plus de 30 ans par <b>CJ Bolland</b>, la désormais mythique série est censée être là pour donner du sens au concept de mix, élever celui-ci au même rang qu’un album par un storytelling ou une technique – ou les deux à la fois. Et c’est peu dire que de <b>Carl Craig</b> à <b>Tiga</b> en passant par le défunt <b>Jackmaster</b>, elle n’aura pas volé ses lettres de noblesse. Entendons-nous bien, des mix moins marquants sont venus garnir les armoires, mais à une époque où la concurrence sur ce secteur était particulièrement rude, cela ne portait pas vraiment préjudice au concept en tant que tel. Mais en 2026, il est triste de se voir refiler un produit aussi indigent dans ses intentions que dans son exécution. 
Le premier problème réside dans le choix des titres, plutôt convenu – pour ne pas dire carrément frileux. Mais sur ce point, on peut tout à fait entendre que la présence de noms comme <b>Aphex Twin</b>, <b>Four Tet</b> (son alias <a name="OLE_LINK4"><b><span style="font-family:&quot;Cambria Math&quot;,serif">△</span></b></a><b><span style="font-family:&quot;Segoe UI Symbol&quot;,sans-serif">▃</span></b><b><span style="font-family: &quot;Cambria Math&quot;,serif">△</span></b><b><span style="font-family:&quot;Arial&quot;,sans-serif">▓</span></b>) ou <b>Joy Anonymous</b> suffisent à attirer le curieux – et puis qui sommes-nous pour dire qu’ils n’auraient pas leur place ici en fait&nbsp;? Mais ce qui est rédhibitoire dans le<i> DJ-Kicks</i> de Sofia Kourtesis, c’est à peu près tout le reste. Ça commence par la technique de mix&nbsp;: quand elle n’est pas inexistante, les transitions semblent tellement prévisibles qu’on se dit qu’une IA aurait tout aussi bien pu s’en charger. 
L’autre gros problème est le rythme, inconstant. Passée une entame de mix plus clichée qu’un gilet molletonné en école de commerce, la sélection ne parvient jamais à installer une narration, à jouer sur les cadences comme les émotions, et tout avance par petits blocs qu’on a souvent du mal à relier entre eux. Parmi ceux-ci, on voudra juste sauver celui qui constitue le cœur de sa sélection. Ça &nbsp;débute par un inédit délirant d’<b>Axel Boman</b> pour se terminer sur une poussée d’acid signée <b>Logic100</b>. Et puis c'est tout.
Plus proche de la playlist que du mix album, ce <i>DJ-Kicks</i> est une douloureuse piqûre de rappel&nbsp;: sous ses airs inoffensifs, l’exercice est d’une difficulté redoutable, et nécessite d’un artiste de bien identifier ses forces et ses faiblesses – c’est comme cela qu’un <b>Erlend Øye</b> sera parvenu à déjouer bien des pronostics sur son DJ-Kicks en 2004. Quant à Sofia Kourtesis, on ne lui en tiendra pas trop rigueur&nbsp;: au milieu de son mix se niche un inédit de son répertoire, «&nbsp;<link https://sofiakourtesis.bandcamp.com/track/texas-changing-2>Texas Changing</link>&nbsp;», et il est formidable. Bref, on va plutôt penser au prochain album qu’à ce mix rigoureusement inutile.]]></content:encoded>
			<pubDate>Tue, 26 May 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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			<title>Music for Intersecting Planes - Leila Bordreuil + Kali Malone</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/leila-bordreuil-kali-malone/</link>
			<description><![CDATA[Un spectre hante l'Europe : le spectre de l'ambient à l'orgue. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<link https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikipédia:Lumière_sur/Manifeste_du_Parti_communiste>Un spectre hante l'Europe</link> : le spectre de l'ambient à l'orgue. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : <b><link https://stephenomalley.bandcamp.com/album/spheres-collapser>XKathedral</link></b> et <b><link https://kalimalone.bandcamp.com/album/the-sacrificial-code-2025-edition>Ideologic Organ</link></b>, <b><link https://clairemsinger.bandcamp.com/album/gleann-ci-in>Touch</link></b> et <b><link https://ashinternational.bandcamp.com/album/all-thoughts-fly-2>Ash International</link></b>, <link https://liv.paris>les organistes de France</link> et les ingés son d'Allemagne. On pourrait nous objecter que <link https://touch333.bandcamp.com/album/grand-mutation>le phénomène n'est pas récent</link>, qu'il n'est <link https://ideologicorgan.bandcamp.com/album/brace-for-impact>pas nécessairement limité à l'ambient</link>, et&nbsp;<link https://fujita.bandcamp.com/album/iki>encore moins à l'Europe</link>. Silence ! Il se passe clairement quelque chose dans les sphères ambient autour de cet instrument en ce moment, et on ne peut qu'en remercier <b>Kali Malone</b>. Au fil de sa discographie passée entre son label XKathedral et Ideologic Organ, la Suédoise est devenue une sorte de star du grand orgue et de ses dérivés, au point d'être carrément bookée au Primavera barcelonais, bien loin des églises dans lesquelles elle enregistre habituellement. Si elle peut sembler seule au sommet, son œuvre a pourtant toujours intégré des collaborateurs. Initialement simples interprètes, ces derniers se font de plus en plus présents, et après un disque collaboratif avec <b>Drew McDowall</b> l'année dernière, c'est désormais au tour de la violoncelliste <b>Leila Bordreuil</b>&nbsp;d'être conviée sur <i>Music For Intersecting Planes</i>. 
C'est peu dire que cette collaboration se distingue des travaux solo de Kali Malone. Loin des très longues plages tonales auxquelles elle a pu nous habituer, sa contribution à l'orgue est sur ce disque beaucoup plus axée sur les textures et le volume sonore, le violoncelle de Leila Bordreuil se chargeant de son côté de donner le cap des évolutions mélodiques les plus immédiates, le tout avec force grésillements et effets de larsen. Twist de taille : Kali Malone est également préposée aux ondes sinusoïdales, qui viennent sous-tendre les mouvements des deux instruments physiques et ajoutent encore un peu de pureté tonale et de radicalité. Enregistré en une seule prise au Temple de La Tour-de-Peilz en Suisse, le lieu d'enregistrement est lui-même un participant à part entière du disque : ce sont quelques cloches qui résonnent régulièrement, une voiture qui passe ou un tabouret qui grince selon les mouvements des deux compositrices, comme une manière d'amener un peu de légèreté et de tenter de désacraliser cette musique très sérieuse. 
Car <i>Music For Intersecting Planes </i>est un disque sévère, méditatif certes mais loin de vouloir faire tapisserie, imposant plutôt le silence pour prendre de la place et mieux faire respecter ses vrombissements. Sans vouloir rentrer dans une chronique morceau par morceau, le &quot;Intersecting Planes&quot; qui occupe la face A du disque est de ce point de vue impressionnant, semblant bouger à la vitesse d'une plaque tectonique : chaque note se mue en une autre, qui est tenue un moment puis retombe dans un quasi-silence, le morceau reprenant alors son pas de pachyderme sur la nouvelle note, et ainsi de suite. Les deux morceaux de la face B évoluent de leur côté beaucoup plus immédiatement, prenant le chemin du drone ambient pur, et mettent également un peu plus à l'honneur les deux instruments de manière distincte sur la fin du disque, le violoncelle sur les dernières minutes de &quot;Pilots In The Night&quot; et l'orgue sur &quot;Endless Dance of Eternal Joy&quot;. Et c'est quand les dernières notes de ce morceau s'estompent que l'on se dit que l'on tient là un très beau et singulier manifeste pour l'ambient à l'orgue.]]></content:encoded>
			<pubDate>Wed, 13 May 2026 06:57:18 +0200</pubDate>
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			<title>HOTLIFE - Tiga</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/hotlife/</link>
			<description><![CDATA[Les années 2010 auront été celles de la house et de l’EDM, tandis que les années 2020 auront été marquées par les retours en force de la trance et de...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Les années 2010 auront été celles de la house et de l’EDM, tandis que les années 2020 auront été marquées par les retours en force de la trance et de la hard techno. Autrement dit, tous les DJ’s et producteurs qui ont régné sur les années 2000 n’ont eu d’autre choix que de faire le dos rond. Ce constat s’est évidemment appliqué aux anciennes têtes de gondole de l’<link https://fr.ra.co/features/4493>electroclash</link>, qui ont dû patiemment attendre qu’une nouvelle génération change d’obsession et s’empare de leur héritage pour enfin ressortir de la niche où ils végétaient. Dans un ballet parfaitement synchronisé, ancienne et nouvelle école scellent aujourd’hui une alliance de circonstance qui ramène sous les projecteurs la musique de <b>Miss Kittin</b>, nous fait dire que &quot;Emerge&quot; passe toujours crème en 2026 ou qu’il y a encore tant de choses à découvrir dans le <i>back catalogue </i>d’<b>International Deejay Gigolo</b>.&nbsp;
Mais il y en a un qui visiblement n’en pouvait plus d’attendre, c’est <b>Tiga</b>. L’éternel dandy de l’electroclash n’a jamais cessé de produire ou d’apparaître dans nos timelines, mais il le faisait avec une retenue dont on se dit aujourd’hui qu’elle était sa façon à lui d’attendre son heure, et de choisir le moment opportun pour revenir avec un album qui nous rappelle que le patron, c’est lui. Le Canadien le plus cool du monde depuis que Mac DeMarco a arrêté les conneries a choisi de s’entourer de quelques collaborateurs dont la seule lecture des noms suffit à appuyer notre propos&nbsp;: le disque s’ouvre sur «&nbsp;Hot Wife&nbsp;», un banger glacial d’efficacité écrit à quatre mains avec <b>Boys Noize</b>&nbsp;tandis qu’on tombe plus loin sur <b>Fcukers</b>, le groupe qui incarne peut-être le mieux aujourd’hui l’esprit de&nbsp;l’electroclash originelle transposé à la Gen Z. Ailleurs dans les crédits, on ne s’étonne pas de croiser les noms de <b>Jesper Dahlbäck </b>(avec qui Tiga a pensé <link https://www.youtube.com/watch?v=T9tQdE2i1Vk>certains de ses plus gros tubes</link>) ou de <b>Matthew Dear</b>, un producteur au moins aussi élégant que lui et avec qui il a travaillé sur son précédent album - il date de 2016 et trop peu de monde l’a écouté.
Mais ne nous y trompons pas&nbsp;: si le casting est parfait, Tiga prend tellement de place sur <i>HOTLIFE </i>que ses invités ont de la difficulté à exister dans cette immense bacchanale où tout se joue et se vit à 110&nbsp;%. On pourrait penser qu’un tel maximalisme ne peut plus coller à la peau d’un artiste qui vient de franchir la cinquantaine. Pourtant, ces poses excessives, ce dandysme de tous les instants et cette envie permanente de frôler avec la démesure sont des caractéristiques qui semblent magnifiées par l’expérience dont peut aujourd’hui se prévaloir le Canadien. <i>HOTLIFE </i>est un album gavé de tout ce qu’on adore chez lui, mais dont les coutures ne montrent pas de signes imminents d’explosion. Et puis c’est aussi un disque qui nous rappelle combien Tiga excelle dans l’art de la reprise&nbsp;: après «&nbsp;Sunglasses At Night&nbsp;», après «&nbsp;Hot in Herre&nbsp;», après «&nbsp;Louder Than A Bomb&nbsp;», il s’offre ici avec une réinterprétation folle du «&nbsp;Need You Tonight&nbsp;» d’<b>INXS</b> – il aurait été si facile de jouer sur la sensibilité de l’original, qu’il choisit ici de transformer en une énergie vicelarde magnifiée par une prod <i>minimal tech</i> de première classe.
Si <i>HOTLIFE</i> ressemble parfois à une fuite en avant, elle a pour unique but de prendre un peu d’avance sur une concurrence pour qui va sonner l’heure du réveil. Mais avec son talent habituel, Tiga nous rappelle surtout que l’electroclash mérite mieux qu’un paresseux revival porté par ses tubes d’antan, et que la bête a encore de beaux jours devant elle.]]></content:encoded>
			<pubDate>Fri, 08 May 2026 08:35:57 +0200</pubDate>
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			<title>a short history of decay - Nothing</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/a-short-history-of-decay/</link>
			<description><![CDATA[Certains labels ont assez de crédit pour qu’on tende l’oreille à chacune de leurs sorties. Relapse Records en fait partie, et c’est précisément parce...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Certains labels ont assez de crédit pour qu’on tende l’oreille à chacune de leurs sorties. Relapse Records en fait partie, et c’est précisément parce qu’il m’a rarement déçu que j'ai écouté avec toute l'attention qu'il mérite <i>The Great Dismal</i>, sorti en 2020. En remontant ensuite la discographie de <b>Nothing</b>, j'ai rapidement compris que le groupe de Domenic Palermo n’avait pas attendu son quatrième album pour convaincre. Depuis <i>Guilty of Everything</i> en 2014, la montée en puissance a été réelle, jusqu’à faire du groupe originaire de Phillie une valeur sûre de la scène shoegaze. Forcément, la suite était attendue. Après la parenthèse commune de 2023 avec <b>Full of Hell</b>&nbsp;(<i>When No Birds Sang</i>), Nothing revient avec <i>a short history of decay</i>, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouvel album pose&nbsp; énormément de questions - à commencer par celle du départ de Relapse.
La personnalité torturée de Dominic Palermo a toujours infusé sa musique, mais il s’exprimait jusque-là à travers des morceaux vaporeux et tenus par une vraie force d’aimantation. <i>The Great Dismal </i>en donnait un bon exemple : des textes rarement rayonnants, mais portés par une production ample, parfois euphorique dans sa noirceur. Ici, l’équilibre se dérègle. Que « never come never morning » ouvre le disque sur une simple guitare-voix ne pose pas problème ; en intro, le procédé fonctionne. Le problème, c’est quand l’album donne l’impression d’y rester bloqué. Mais ce qui inquiète vraiment, c'est la propension qu'à le groupe à frôler de plus en plus dangereusement avec l'auto-caricature. Et « <link https://nothing.bandcamp.com/track/cannibal-world _blank>cannibal world</link> » d'être le symbole de cette dégradation qualitative : un morceau qui avait du potentiel, mais que sa rythmique drum and bass vient parasiter plus que relancer, avec une pertinence qui évoque une préparation de marathon pour une équipe de rugby. Le disque navigue alors entre poussées de shoegaze et ballades pop rock sans relief, sans urgence, sans tension.
La production n’arrange rien, au contraire. On en vient presque à se demander si le groupe a réellement eu son mot à dire dans le mixage. Quand la section rythmique déborde dans une ballade, puis disparaît précisément là où elle aurait dû soutenir le morceau, la cohérence s’effondre. Après un album aussi marquant que <i>The Great Dismal</i>, la comparaison était forcément risquée. Mais ici, on ne parle même plus de surpasser l’album précédent : il aurait déjà fallu en retrouver l’impact, ou au moins la tenue. Ce n’est pas le cas. Au fond, <i>a short history of decay</i> donne surtout l’impression d’un disque qui se cherche, s’éparpille et finit par perdre ce qui faisait la force de Nothing : sa cohésion.]]></content:encoded>
			<pubDate>Fri, 08 May 2026 06:24:06 +0200</pubDate>
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			<title>Sealed Into None - Exxûl</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/sealed-into-none/</link>
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			<content:encoded><![CDATA[Elle devait finir par arriver, cette lettre d'amour. Et dans le metal de 2026, elle ne pouvait être adressée qu'à <b>Phil Tougas</b>, sorte d'icône du Saint-Metal qui encapsulerait un demi-siècle de fantasmes, auxquels des milliers de musiciens, et par derrière des millions d'auditeurs, prêtent leurs vies de manière presque religieuse, refaisant l'histoire comme on se plonge dans des textes sacrés. La difficulté qu'éprouvent aujourd'hui beaucoup de croyants désœuvrés tient aussi dans la perte de ceux qui ont pu faire office de Messie dans les précédentes décennies, qui ont défini la musique métallique au-delà des chapelles, jouant moins le jeu de la référence que celui qui consiste à en devenir une pour toute une génération. Doux paradoxe puisque la scène metal n'a jamais été aussi saturée, avec une profusion de musiciens mettant des patates dans la gueule d'à peu près tout le monde. Mais qui incarne le metal avec un grand M&nbsp;?
 Probablement un homme qui ne sait pas faire le choix de son école. Un homme qui sait tout jouer. Cet homme ne doit connaître que des réussites, sa vision doit être impeccable et sa parole doit porter suffisamment loin. Cette excellence à tous les niveaux ne peut aujourd'hui être incarnée que par Phil Tougas, Montréalais qui est de tous les projets, distillant ses charmes à la manière d'un réalisateur de grands films d'auteur. Car avec lui, il s'agit moins de guitares que de vision. Qu'on parle de death metal (avec <b>VoidCeremony</b>, <b>First Fragment</b> ou <b>Chthe'ilist</b>), de funeral doom (<b>Atramentus</b>, le récent <b>Funebrarum</b>), de black/doom vampirique (<b>Worm</b>) ou de black metal en solo (comment ne pas parler de l'énorme leçon de black sous le nom de <b>Zeicrydeus</b> l'année passée) ou du présent premier disque de <b>Exxûl</b>, tous les projets par lesquels le natif de Longueil confirment qu'il est bien l'homme providentiel. Et tous les labels le veulent&nbsp;: <b>Profound Lore</b>, <b>20 Buck Spin</b> ou encore <b>Century Media</b>, pour tout ce qu'il ne conserve pas pour son propre collectif, <b>The Stygian Oath</b>. 
 Pris en solitaire, <i>Sealed Into None</i> ne représente qu'une fraction du talent du Québecois. Et bien que Exxûl ne soit pas l’œuvre du seul Tougas, son empreinte sonne à nouveau comme définitive. Si on a pu évoquer des genres bien sombres dans les précédents paragraphes, tout est affaire de lumière sur ce disque de power metal / doom épique bien gavé au black metal. Sur ces quarante-cinq minutes de démonstration, il y a déjà tout ce travail sur les guitares; et si on ne limitera jamais Phil Tougas à sa seule maîtrise de la hache électrique, force est de constater que le Québecois met toute la concurrence dans le rétroviseur au moment de revêtir son costume de&nbsp;<i>trve guitar hero</i>&nbsp;exubérant. Et puis Phil&nbsp;Tougas sait raconter des histoires. Et il sait y mettre les formes. Entre la basse qui claque avec toute la chaleur métallique possible, les synthétiseurs qui crachent du rose dans leur langage FM, le lyrisme des tournoiements vocaux et les gongs de guerre, <i>Sealed Into None</i> est une grande œuvre épique qui ferait passer <b><link https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/the-stygian-rose/>Crypt Sermon</link></b> pour un groupe minimaliste. Une sorte de grand mélange entre tout ce que la deuxième vague du black metal hellénique a fait de meilleur (on pense évidemment ici au <i>Non Serviam</i> de <b>Rotting Christ</b>), l'héritage des grandes voix du epic power doom (<b>Solitude Aeturnus</b>, <b>Fates Warning</b> ou <b>Candlemass</b>) et les avances vampiriques d'un <b>Cradle of Filth</b> période <i>Midian</i>. 
Le disque tourne et tourne encore, et chaque réécoute place Exxûl dans la catégorie des disques qui ne s'écoutent qu'au sommet de la montagne, dans le fracas des éclairs, le marteau de guerre tendu au plus haut vers le ciel. <i>Sealed Into None</i> est ce moment précis où le metal se transcende pour devenir une matière autre, magique et éthérée. Une musique qui ne se conçoit que dans son rapport à l'aventure qui nous ferait presque oublier que tout ceci n'est pas réel. Phil Tougas, merci.&nbsp; ]]></content:encoded>
			<pubDate>Tue, 05 May 2026 09:06:08 +0200</pubDate>
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			<title>Blumenfantasie - Xylitol</title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/blumenfantasie/</link>
			<description><![CDATA[Existe-t-il un genre plus muséifié que l'IDM ? C'est bien simple, depuis les années 90, le mouvement semble tourner autour de quelques têtes...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Existe-t-il un genre plus muséifié que l'IDM ? C'est bien simple, depuis les années 90, le mouvement semble tourner autour de quelques têtes pensantes, avec un taux de renouvellement plus faible que celui du groupe Les Républicains au Sénat. L'idée n'est pas de négliger ou de renier ce qu'<b>Autechre</b>, <b>Aphex Twin</b> et <b>Boards of Canada</b> ont pu accomplir, mais il faut reconnaitre que leur talent combiné au marketing de Warp ont réussi à scléroser durablement le genre. On en a eu la preuve tout récemment avec l'annonce du prochain Boards of Canada, à grands renforts de cassettes vidéos, d'affiches cryptiques, et d'influenceurs Insta qui y vont de leur analyse d'une minute avant de se remettre à parler de <b>Geese</b>. Même dans ces pages, nos chroniques récentes consacrées au genre portent sur <link record:tx_gmdchron_article:8358>le dernier </link><b><link record:tx_gmdchron_article:8358>DMX Krew</link></b> (en rappelant l'affiliation Rephlex / la filiation Aphex Twin) et un <link record:tx_gmdchron_article:8356>disque de reprises d'Autechre</link> à la guitare. Clairement, on n'aide pas à faire avancer les choses. 
Si l'encéphalogramme de l'IDM donne parfois l'impression d'être complètement plat, tout le monde ne se satisfait pas de singer le trio warpien légendaire. Un peu comme ces personnes qui ne jurent que par l'art médiéval ou qui préfèrent les collections étrusques du Vatican à la chapelle Sixtine, Catherine Backhouse n'a d'yeux que pour un unique compositeur : Mike Paradinas, alias&nbsp;<b>μ-Ziq</b>. Et c'est tout naturellement que son projet <b>Xylitol</b> est signé&nbsp;depuis son précédent disque&nbsp;sur le label de ce dernier,&nbsp;<b>Planet Mu</b>. Dès la folle cavalcade du morceau d'introduction de <i>Blumenfantasie</i>, le voyage dans les années 90 est immédiat : le drum programming est hyper efficace, les synthés sont aériens et les mélodies sont limpides. <i>Blumenfantasie</i> n'est cependant pas une banale copie carbone de <i><link https://mikeparadinas.bandcamp.com/album/lunatic-harness-25th-anniversary-edition _blank>Lunatic Harness</link></i>. Le salut viendra ici de la bass music, genre qui ne s'est jamais trop encombré de ses légendes pour se focaliser sur une seule chose : usiner de l'amen break dans toutes ses modalités. Moins drill and bass / jungle que les compositions de&nbsp;μ-Ziq, <i>Blumenfantasie</i> lorgne sur tout le continuum hardcore, de la drum and bass aux breaks très <b>Lone</b>-ien de &quot;Melancholia&quot; en passant par une rapide incursion en territoire <i>happy hardcore</i> sur &quot;Falling&quot;. 
Tout cet étalage de boucles percussives n'empêche pas <i>Blumenfantasie</i> d'être incroyablement mélodique. Si les morceaux les plus rythmés regorgent déjà de bonnes idées, on ne peut surtout s'empêcher de s'arrêter sur les passages plus downtempo et mélancoliques et notamment &quot;Mirjana&quot;, morceau d'IDM beaucoup plus traditionnel et qui n'aurait pas dépareillé sur le <i>Lilies</i> d'<b>Arovane</b>. Certes, c'est en rédigeant cette chronique qu'on se rend compte que <i>Blumenfantasie</i> a tendance à partir un peu dans tous les sens plutôt que de vraiment choisir un cap, et peut parfois rater sa cible sur la fin du disque. Dans un genre qui veut tellement panthéoniser ses artistes et ses créations qu'il en ressemble parfois limite à un mouroir, on ne peut que s'empêcher de vouloir saluer la démarche de Xylitol. L'IDM est peut-être toujours un musée, mais au moins quelques sales gosses courent dedans.]]></content:encoded>
			<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 09:07:19 +0200</pubDate>
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			<title>Vol.II - Angine de Poitrine </title>
			<link>https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/volii/</link>
			<description><![CDATA[ Il existe deux règles immuables dans le monde de la musique : les concerts de crust punk ramènent les pires odeurs que l’on puisse imaginer dans le...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[ Il existe deux règles immuables dans le monde de la musique&nbsp;: les concerts de crust punk ramènent les pires odeurs que l’on puisse imaginer dans le pit et le fait que d’incompréhensibles succès gâtent à jamais des groupes autrefois chers à nos yeux. C’est bien connu&nbsp;: devant l’approbation des suffrages, la plupart des gens rejettent le dernier groupe tendance. Snobisme&nbsp;? Élitisme&nbsp;? Bon goût exceptionnel d’une poignée d’élus&nbsp;? Les trois mon capitaine.
<b>Angine de Poitrine</b> cristallise à lui-seul ce débat. Après <link https://www.youtube.com/watch?v=0Ssi-9wS1so _blank>un passage sur KEXP</link>, le duo batterie/guitare de rock microtonal dada-pythago-cubiste est passé d’un relatif anonymat à des millions d’écoutes sur les plateformes de streaming et des remplissages de salles comme l’Élysée Montmartre en quelques minutes. Un succès viral engloutissant tout sur son passage, y compris la moindre chance de pouvoir discuter sans s'écharper de l’élément le plus important… la musique des Québécois. C’est aussi parce que tout a été dit sur l’album. Chaque comparaison avec <b>King Gizzard &amp; The Lizard Wizard</b> période <i><link record:tx_gmdchron_article:5598>Flying Microtonal Banana</link></i> a été essoré. Chaque variation des mots «&nbsp;fun&nbsp;» et «&nbsp;groovy&nbsp;» a été utilisée. CECI N’EST DONC PAS UNE CRITIQUE DU VOL.II, MAIS UNE DIARRHÉE VERBALE SUR CE QUE CE GROUPE DIT DE NOTRE CONSOMMATION COLLECTIVE DE LA MUSIQUE.
Sous peine de se faire taper les doigts par notre rédacteur en chef tatillon, écrivons tout de même quelques lignes sur l’album. N’écoutez pas les peine-à-jouir qui se plaignent de la supposée complexité d’un math rock filant la migraine.<b> </b>Angine de Poitrine est stupidement et étonnamment facile d’accès. Ces boucles, ces superpositions et ces morceaux instrumentaux n’ont pas besoin d’être intellectualisés pour être appréciés. Il y a une satisfaction incroyable à laisser se dissoudre les interactions entre les instruments comme des buvards d’acide. Je certifie que &quot;<link https://www.youtube.com/watch?v=ZYNRaq_4OcU _blank>Fabienk</link>&quot; et &quot;<link https://www.youtube.com/watch?v=1GX17FPk68U _blank>Utzp</link>&quot; pourraient faire autant danser les gens qu’un daron dans un mariage des Hauts-de-France après le vin d’honneur. Cravate sur le crâne façon Rambo inclus.
C’est quand même vachement chouette qu’un groupe de weirdos anonymes en costumes à pois blancs et noirs et aux masques en papier mâché, aux pifs aussi longs que mon paf, soit devenu du jour au lendemain la nouvelle coqueluche de la scène alternative et semi mainstream. On ose y voir là-dedans un ras-le-bol généralisé du conformisme sonore et la capacité à grande échelle des gens à sortir de leurs bulles de confort. Mais par pitié, ne prétendons pas que ça n’a pas toujours été le cas. Après tout, les <b>Butthole Surfers</b> étaient signés sur une major dans les années 1990 et leur baromètre expé-zinzin était quand même bien plus affolant. Ce n’est pas nouveau mais c’est toujours réconfortant à savoir.
Alors maintenant, quelle est la suite pour l’aventure Angine de Poitrine&nbsp;? La crainte de se faire dévorer tout cru par la hype et les rageux est réelle et serait réellement dommage en plus de n’être pas méritée. On pardonne bien à 80&nbsp;% des groupes à guitares d’écrire le même album tout au long de leur carrière, pourquoi ne pas faire grâce aux frères Klek et Khn de Poitrine de la même chose&nbsp;? Oui, la musique du duo dada peut s’avérer prévisible en utilisant des ressorts qu’on voit autant venir qu’une trahison de la gauche libérale et bourgeoise. Mais maudits soient celles et ceux qui ne dandinent pas du fiak devant leur live aussi efficace qu’une trahison de la gauche libérale et bourgeoise. Longue vie aux groupes programmés en festival à 18h devant un parterre de relous abreuvés de pintes coupées à l’eau faisant la queue leu-leu. C’est là que peut éclore l’amour et l’amitié. Finalement, Angine de Poitrine est l’équivalent musical du Tasty Crousty : omniprésence, communication agressive qui fonctionne et effet de mode probablement éphémère.]]></content:encoded>
			<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 08:02:56 +0200</pubDate>
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