Yessir Whatever

Quasimoto

Stones Throw  |  2013
7 / 10
par Jeff  |  le 26 juillet 2013

On peut sans vraiment se tromper affirmer qu’en 2013, Stones Throw a méchamment perdu de sa superbe. Entre un effectif qui peine à se renouveler, des projets qui ont bien du mal à nous enthousiasmer et des têtes de gondole qui se font assez calmes, on ne peut plus compter que sur l’éventuel coup d’éclat. Bref, la structure fondée par le digger Peanut Butter Wolf traverse une grosse crise existentielle. Un peu comme Sub Pop dans le rock ou Kompakt dans les musiques électroniques. Symptomatique de cet état de fait, la sortie la plus remarquable du label en cette année 2013 restera probablement ce Yessir Whatever, nouvel album de Quasimoto. Enfin, quand on dit nouvel album, on se doit de tempérer l’excitation de ceux qui s’attendent à du son frais, puisqu’on retrouve sur cette nouvelle sortie une douzaine de titres inédits, rares, issus de vinyls épuisés, mais dont la particularité notable réside dans le fait qu’ils ont tous été remasterisés pour l’occasion par Madlib, qui se cache pour rappel derrière cet alias unique en son genre. Et donc, neuf ans après The Further Adventures of Lord Quas, le rappeur dopé à l’hélium (et à d’autres psychotropes en tous genres) revient pour une petit tour de carrousel. Forcément, Yessir Whatever étant une compilation de vieilleries (de première bourre, on le souligne), l’auditeur fait un petit bond en arrière et se remémore la larme au coin de l’œil cette époque où Stones Throw alignait les disques essentiels – le Donuts de J Dilla, le Madvillany de Madvillain ou le Toeachizown de DâM-Funk. Et puis une fois qu’il a fini de chialer, ce même auditeur comprend toute la pertinence d’un projet comme Quasimoto en 2013. Car à une époque où des mecs comme A$AP Rocky se font les fers de lance d’un hip hop tout drogué, il y a encore de la place pour un Quasimoto, ses boucles sorties de l’au-delà, son flow nonchalant et sa production lo-fi. Yessir Whatever est également l’occasion de comprendre combien l’œuvre  d’Otis Jackson Jr. traverse les époques avec une redoutable facilité. Autant de raisons qui nous font espérer que le Californien se bouge un peu le derche et nous livre un véritable nouvel album de son alias perché.