Write About Love

Belle and Sebastian

Rough Trade  |  2010
7 / 10
par Julien  |  le 26 octobre 2010

Il est parfois intéressant, pour un album, d'étudier son packaging, en particulier sa pochette, forme de reflet visuel du contenu audio, image et son connectés afin de faciliter l'éclosion des métaphores. Dans cette optique-là, l'illustration de Write About Love ne nous dit pas grand chose des nouvelles chansons de Stuart Murdoch. Ou alors des niaiseries. Par contre, si l'on prend un peu de recul, les significations apparaissent.

Ce qui nous importe, c'est que cette pochette est un portrait, un portrait pris avec un filtre coloré. Et que c'est une jeune personne qu'on y voit. Comme dans absolument tous les disques de Belle and Sebastian. C'est le signe d'une cohérence esthétique, certes, mais aussi d'un vecteur commun auquel les Écossais ne dérogent pas. Le filtre est violet cette fois-ci, c'est une jeune femme qui est photographiée, à l'époque de The Boy With The Arab Strap c'était un jeune homme avec un filtre vert – différence minime, simple jeu de déclinaison d'une même forme de base. Et pour défendre ce Write About Love qui ne crée guère l'unanimité, on peut utiliser cet argument, qu'au fond ce qui importe n'est pas tant le jeu des variations que ce qui reste en place, immuable : le squelette de base du projet Belle & Sebastian qui ne fait que prendre de nouvelles formulations au fil des ans.

Il est vrai qu'aujourd'hui, les compositions de Stuart Murdoch sont moins légères et plus mordantes que sur par exemple If You're Feeling Sinister. Mais c'est discret, presque de l'ordre du détail dans la mesure où le positionnement du groupe reste encore strictement le même: celui d'un groupe poli, gentil, dont la niaiserie potentielle est toujours désamorcée par une qualité d'écriture et d'arrangement prodigieuse. Les fans de longue date se lassent, ne trouvent plus la magie d'antan ? C'est possible et même très compréhensible. C'est en partie une question de génération, de parcours de vie – on ne peut pas faire durant cent ans l'apologie de son adolescence. Pourtant d'autres jeunes poussent derrière, grandissent, et eux aussi méritent de découvrir les Belle and Sebastian, ceux d'aujourd'hui, plus tout à fait les mêmes que dans le temps mais avec encore d'intacte leur capacité à parler aux jeunes gens en fleur.

Le goût des autres :