Wolfgang Amadeus Phoenix

Phoenix

Ghettoblaster  |  2009
6 / 10
par Jeff  |  le 3 juin 2009

Ces dernières semaines, j'ai développé un immense respect pour la bande de zigues en charge de la com' des Versaillais de Phoenix. En effet, injustement ignoré sur ses terres natales et bénéficiant d'un capital sympathie en béton armé à l'étranger, le groupe français est en passe de devenir l'un des phénomènes les plus attendus de l'année 2009 toutes frontières confondues, et mon petit doigt me dit qu'un tel revirement de situation n'est pas le fruit du hasard.

Ainsi, il faudrait être un sacré autiste pour ne pas avoir remarqué que depuis plusieurs mois déjà, la machine est en route et qu'un buzz savamment orchestré se charge d'un impressionnant travail de sape auprès d'une clientèle potentielle à l'important pouvoir exponentiel. Cette furieuse marche en avant a pris des proportions carrément inattendues avec la participation du « meilleur groupe français du monde » (dixit le NME) à la « meilleure émission d'humour et de divertissement du monde » (dixit à peu près tout le monde), le légendaire Saturday Night Live de NBC. En effet, il faut savoir qu'un passage dans l'émission, qui était ce soir-là présentée par l'ineffable Seth Rogen, est clairement un privilège, tant les groupes indie se font rares sur les plateaux de la vénérable institution de NBC. Mais où l'histoire a pris une tournure carrément mirifique, c'est que le groupe y a interprété « Listzomania » et « 1901 », les deux premières bombes balancées en éclaireur histoire de nous faire saliver. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la joyeuse troupe emmenée par Thomas Mars a carrément réussi son coup. « 1901 » et (surtout) « Lisztomania » incarnent tout ce que l'on aime chez Phoenix, à savoir cette propension à torcher avec une facilité qui semble déconcertante des pop songs radieuses alliant décontraction et force tranquille.

Vu les qualités et la constance démontrées par le groupe sur ses précédents efforts, il n'en fallait pas moins pour poser la question à 10 disques d'or: et si Phoenix faisait encore plus fort? On ne va pas faire planer le suspense (puis vous avez certainement déjà maté la note accompagnant la chronique), la réponse est non. Malgré un début tout bonnement affolant, avec les deux singles susmentionnés, un « Fences » relaxant qui aurait très bien figurer sur Alphabetical et un « Love It Like A Sunset Part II » plus tranchant, la seconde partie de l'album voit Phoenix traîner les savates et tomber trop souvent dans un travers assez gênant: faire du sous-Strokes, et ce malgré une production aux petits oignons signée Philippe Zdar  et dont la valeur ajoutée sur ce Wolfgang Amadeux Phoenix se doit d’être soulignée, l'homme se mettant au diapason du groupe et non l'inverse. A l'arrivée, le seul point positif que l'on peut déceler dans ce Wolfgang Amadeus Phoenix, hormis sa première partie purement et simplement imparable, c'est que la formation française n'est pas une machine de guerre infaillible. Après trois albums et demi d'une qualité irréprochable, la troupe versaillaise parvient certes à conserver sa place sur le trône, mais attention, celui-ci commence à légèrement vaciller...

Le goût des autres :

note : 88/10Popop note : 88/10Nicolas note : 66/10Soul Brotha note : 77/10Julien note : 77/10Julien Gas note : 88/10Thibaut