Who Killed... The Zutons ?

The Zutons

Epic  |  2004
note : 8
8 / 10
par Popop  |  le 15 février 2004

Difficile de parler de The Zutons sans évoquer leurs collègues de The Coral : même ville d’origine (Liverpool), même style de patchwork musical, mêmes scènes partagées sur plusieurs tournées en commun, même producteur (Ian Broudie). Avec leur premier single, "Creepin’ And A Crawlin’", The Zutons sonnaient même comme un The Coral de seconde zone. Heureusement, conscient que pour un plan de carrière il y a mieux à faire que de rester dans l’ombre des potes, le quintet s’est ressaisi pour livrer une poignée de singles épatants, suivis de près par ce premier album tout aussi enthousiasmant.

La plus grande force de The Zutons réside en cet univers complètement taré dans lequel ils laissent leur musique évoluer. Entre le graphisme très cartoon de la pochette et les titres de certains morceaux ("Zuton Fever" ici, "Zutonkhamuun" sur une face-B), le décor est planté. Ajoutez à cela une énergie épatante et un humour décalé, et vous obtiendrez un cocktail explosif : le single "Pressure Point", avec son assaut final de cris hystériques, reste aussi jouissif à la vingtième écoute qu’à la première, tandis que le rockabilly de "Long Time Coming" (rien à voir avec le tube du même nom des Delays) sonne comme du Happy Mondays repris par Madness sous amphétamines. La variété est également de mise, avec suffisamment de petites douceurs acoustiques pour reprendre son souffle entre chaque brûlot power-pop. Sur la fin du disque, si l’ambiance prend des allures de bande-son pour film d’horreur avec des titres comme "Nightmare Part II", "Dirty Dancehall" et "Moons And Horror Shows" (tout un programme), le fun reste assuré, leur référence étant plus facilement Scooby-Doo que Blairwitch.

En douze titres et à peine quarante minutes, les Zutons font preuve d’une maîtrise impressionnante. Même leur look étonnant, façon Dexy’s Midnight Runners de la grande époque, force l’admiration. Sauront-ils gérer la suite avec autant de réussite que The Coral ? L’avenir le dira. Pour le moment, contentons-nous de nous laisser envahir par cette "Zuton Fever" infernale.

Le goût des autres :