Wedding

Joy Wellboy

BPitch Control  |  2015
5 / 10
par Yann  |  le 28 mai 2015

Généralement, j'évite de parler d'albums pour dire qu'ils ne sont pas très bons si je n'ai pas une bonne raison de le faire. Ici, la bonne raison de parler de Wedding, c'est de vous inciter à aller écouter le premier disque du duo bruxellois Joy Welboy. Ca s'appelle Yorokbi's Mantra, et même si on n'en a pas parlé ici, c'était un des chouettes disques de 2013, une rencontre classieuse entre trip-hop et synth-pop qui ne laissait pas de côté la qualité des voix. Bref, un album bien écrit et doté d'une vraie personnalité.

Malheureusement, le second disque, toujours sur BPitch Control, manque cruellement de ces qualités. Enfin, on retrouve quand même, par moments, le plaisir d'un duo de voix assez particulières, qui se complètent parfaitement. Cette alchimie vocale nous offre d'ailleurs les meilleurs passages du disque (sur "The Final Still" ou "Time's a Runaway Train", par exemple). A côté de cela, l'album souffre de grosses lacunes d'écriture. Si le côté bancal des morceaux finissait par être touchant sur Yorokbi's Mantra grâce à un bon goût sans faille dans la production et l'interprétation (on y reviendra), ce n'est ici pas le cas. L'ensemble manque de relief, les titres paraissent extrêmement longs, quand ils ne donnent pas l'impression d'être des patchworks d'idées qui n'auraient pas abouti. De plus, on n'y détecte aucune évolution depuis le disque précédent, à part quelques cornichoneries plus expérimentales sur le dernier quart. On me dirait que ce second disque a été réalisé avec des chutes de studio du précédent que cela ne m'étonnerait qu'à moitié.

Comment fait-on, alors, quand on n'a pas d'idées lumineuses et qu'on veut pondre un nouveau disque? Et bien, on reproduit les schémas en altérant un peu la production. Le son lui-même n'a pas beaucoup évolué: on reste sur un mélange de claviers/sons électros avec guitares et batteries. Mais alors que l'ensemble était résolument moderne en 2013, ici, on est bien plus proche des sons 80's (volontairement ou pas, telle est la question). Parfois, c'est pas trop mal, comme sur le single "Waiting For You", qui aurait sa place dans la partie correcte de la discographie des Pet Shop Boys. Parfois, c'est la catastrophe complète, notamment sur "Comme sur des roulettes", le seul titre en français du disque, qui fait penser à un mauvais Lio.

Mais au final, ce qu'on reprochera le plus au disque, c'est de manquer définitivement de classe ou de bon goût, quand le premier en était rempli. C'est difficile à définir, la classe. Un ensemble de petits détails qui, alignés, dégagent une impression particulière, une personnalité. Avant, on retrouvait bien une ligne de basse étonnamment dansante ou un clavier mélancolique bien placé. En 2015, le clavier fait penser à du Kate Bush, et la voix masculine à du Chris Réa vocodé. Et au final, on s'emmerde.