we have the window open at night

Slugabed

Activia Benz  |  2021
7 / 10
par Noé  |  le 6 juillet 2021

On ne sait que très peu de choses de Slugabed. En toute honnêteté, nous n’avions même jamais entendu ce nom avant l’écriture de cette chronique. we have the window open at night nous est tombé dessus comme on tombe sur un documentaire Arte sur les sous-marins soviétiques en pleine nuit, un peu par hasard et après plusieurs heures d’errance malheureuse sur internet.

On pourrait donc faire un bref historique de la carrière musicale du dénommé Greg Feldwick après avoir tapé scolairement son nom dans un moteur de recherche mais finalement, à quoi bon ? Pourquoi vouloir tenter de comprendre sa musique à travers d’anciens faits d’armes quand la simple écoute du premier morceau nous a déjà pleinement convaincus ? On s’est donc lancé dans l’écoute de we have the window open at night de la même manière qu’on se pointe à un rendez-vous Tinder sans avoir stalké son rendez-vous : sans trop d’a priori.

Avant toute chose soyons francs : l’écoute de we have the window open at night n’est pas forcément chose aisée. Les schémas rythmiques peuvent paraître confus et sont souvent enchevêtrés dans des éléments noise  / lo-fi difficilement identifiables. La construction générale du projet rend alors la digestion difficile et provoque ce même sentiment qu’une plâtrée de coquillettes après une soirée en terrasse à jeun. Passé le plaisir de la sustentation, une légère sensation de ballottement vous saisit, en témoigne le changement brutal de thème qui intervient à la fin de « the tiny man is here ». Même son de cloche sur « oh im floating » où Slugabed nous emmène dans une balade lysergique en associant de douces nappes de synthé à des mélodies hautement addictives. Une zone de confort que le producteur anglais prend pourtant plaisir à détruire d’un revers de la main, à grand coup de basses saturées et de sinistres samples de voix. Pour apprécier we have the window open at night il convient donc d’accepter de se faire malmener pour ensuite admettre que, parfois, pour aimer, il faut souffrir un peu.

Aussi salvatrice que frustrante, l’écoute de l’album s’apparente à cette sieste stratégique de fin de soirée qu’on commence sur le canapé d’un pote, bercé par le rythme des basses, et qu’on termine sur le même divan, réveillé par des cris stridents à quelques centimètres de nos oreilles.  Ainsi, la prochaine fois que vous vous lancerez dans ce foutu documentaire Arte sur les sous-marins soviétique, pensez que, dans un tout autre registre, la musique de slugabed peut vous offrir un roupillon beaucoup plus coloré.