Villains

Queens of the Stone Age

Matador Records  |  2017
7 / 10
par Gwen  |  le 4 septembre 2017

Il y a quatre ans, nous avions affaire à un Josh Homme physiquement et psychologiquement mal en point qui se servait d’un Like Clockwork toutes en crevasses et goudron pour cristalliser son désarroi. La bonne nouvelle, c’est que Josh Homme va mieux. Au courant des derniers mois, il s’est payé un tour à dos d’iguane avec l’album Post Pop Depression, a diverti le voisinage à la fancy fair de sa gamine et a probablement redécouvert le tendre suçon du soleil sur sa peau de rouquin. C’est donc le nez dans un verre de rosé que nous l’imaginons donner son coup de téléphone à Mark Ronson au moment de relancer la machine Queens of the Stone Age.

Mark Ronson. Le nom dont se servent les métalleux pour menacer leur progéniture lorsqu’elle ne se presse pas suffisamment pour se brosser les dents. Le mec qui javellise le top I-Tunes et ose remettre le veston blanc au goût du jour. Mais aussi le mec qui a offert le titre "Uptown Funk" à la planète (et l'album qui va avec). Et tout le monde aime "Uptown Funk". D’après les derniers rapports, ceux qui ne réagissent pas à "Uptown Funk" sont désormais classés dans la catégorie robots ménagers. Accordons-le lui, Mark Ronson a quand même réalisé quelques trucs sympas. Il lui suffit de tenir la pop au creux de sa paume et de lui susurrer des mots doux pour que les plus réfractaires retrouvent le chemin du dancefloor. Mais voulions-nous vraiment ça pour QOTSA ? 

La seule réelle incursion rock de Ronson date de l’album Arabia Mountain des Black Lips et nous donnait déjà des raisons d’être rassurés. Le gars sait rester en retrait quand la situation le demande et ne cherche pas à tartiner ses gimmicks à tout prix. D’ailleurs, mis à part quelques synthés et une basse plus soutenue, rien ne nous fait remarquer sa présence sur Villains. Ils ont beau avoir élagué les solos et tassé les morceaux, il s’agit définitivement d’un album de Queens of Stone Age. Plus léger, certes. Plus poli, sans doute. Mais pour être honnête, la voix de Homme a toujours chatouillé les aigus et le groupe a toujours cultivé sa fibre pop. Si un titre comme "No One Knows" a récolté autant succès à sa sortie, c’est entre autres parce que les nouveaux arrivants sont parvenus à y coller un déhanchement plutôt inhabituel sur un gros riff de malotru. Et lorsque la bande a décidé d’attendrir la viande, elle a simplement fait appel à celui qu’elle considérait le mieux placé pour faire le job.

QOTSA a donc entamé un virage mais le coup de volant n’est pas aussi brusque qu’annoncé. La course est même plutôt agréable avec ses paysages familiers (le psycho-billy "Head Like a Haunted House", les coups de burin de "Feet Don’t Fail Me") et ses dos d’âne gentillets (le clapping-friendly "The Way You Used To Do", "Villains of Circumstance" taillé pour un générique de fin et sa décapotable qui s’éloigne dans le crépuscule). Il y a quelques tentatives moins convaincantes également mais au moins, il se dégage leur envie de ne pas faire du sur place. Ce n’est pas Songs for the Deaf, encore moins Rated R, et peu importe. Ceux-là existent et il suffit de les réécouter. En attendant, la caravane QOTSA avance et se fout assez de savoir si elle en a abandonné quelques-uns à la dernière la station-service.

Le goût des autres :