Twin Cinema

The New Pornographers

Matador  |  2005
7 / 10
par Popop  |  le 17 février 2005

On peut trouver le terme galvaudé, poussif, inutile, mais The New Pornographers est un supergroupe, un vrai. Le trio de têtes pensantes à lui seul a de quoi faire fantasmer tout amateur de pop digne de ce nom : A.C. Newman dans les bottes du leader, la charmante Neko Case aux vocalises et au charisme, et Dan Bejar (leader de Destroyer à ses heures perdues) dans le rôle de l’éminence grise. Ajoutez à cela une poignée de musiciens plus ou moins connus mais tout aussi talentueux pour les épauler, notamment Nora O’Connor (fréquemment croisée du côté de chez Andrew Bird), et vous comprendrez aisément que ce collectif qui compte désormais 9 membres permanents n’a pas usurpé son appellation d’origine non contrôlée.

Alors, quoi de neuf depuis Mass Romantic (2000) et Electric Version (2003) ? Ben pas grand-chose en fait, et c’est ça qui est bon ! Il y a bien quelques membres de plus, à commencer par la propre nièce de Newman aux claviers, Kathryn Calder (membre du groupe Immaculate Machine), mais on ne peut pas dire que cela se ressente particulièrement dans le son du groupe. On retrouve donc cette pop fiévreuse, chargée, agressive, portée par des voix tantôt masculines, tantôt féminines, souvent les deux. Sans trop s’éloigner de sa ligne directrice, le groupe parvient même à se réinventer dans la continuité, à l’instar de ce final quasi-gospel sur "The Bleeding Heart Show", l’un des tous meilleurs morceaux écrits par Newman. Et puis quand la fatigue se fait sentir, quand la surcharge menace l'auditeur, intervient alors Bejar, seul autre songwriter du collectif, pour redonner un peu de souffle avec son univers bariolé, à peine moins contenu ici ("Streets Of Fire") qu’au sein de Destroyer.

De toute façon, The New Pornographers, c’est l’histoire d’un équilibre bancal, toujours prêt à rompre, mais de manière peut-être un peu plus flagrante sur ce Twin Cinema (mieux produit et plus lisse que ses prédécesseurs). C’est sans doute pour ça que les supergroupes sont si peu nombreux et ne durent jamais longtemps. Mais comme ici chacun poursuit sa carrière de son côté et ne rejoint la troupe qu’à intervalles réguliers pour jeter quelques merveilles sur bandes et donner quelques concerts, on ne devrait pas trop avoir à craindre pour l’avenir de nos pornographes préférés.

Le goût des autres :

note : 77/10Nicolas