Treeful Of Starling

Hawksley Workman

Maple Music  |  2006
7 / 10
par Popop  |  le 21 février 2006

On a bien cru le perdre l’ami Hawksley Workman. Lessivé par des tournées à rallonge, égaré en chemin sur Lover/Fighter, un troisième album où le chanteur tentait un virage grand public pas toujours convaincant, s’épanchant jour après jour sur son site Internet pour faire part de ses doutes, on ne pensait plus le voir refaire surface. Surtout que pour celui qui a sorti coup sur coup 4 albums (dont un de Noël) en 4 ans, ce silence radio de presque trois années n’était pas forcément de bon augure. Et pourtant, ressourcé, reposé, le Canadien revient avec son disque le plus frais et le plus intime – bref pour utiliser un cliché usé jusqu’à la moelle, son disque de songwriter.

Dès les premières notes de "A Moth Is Not A Butterfly", on sent que notre mégalo de service a mis de l’eau dans son vin : la production est minimaliste, le piano domine toutes les compositions et le disque semble avoir été composé en solitaire, à l’écart de toute civilisation – tout l’inverse de son prédécesseur. A ce titre, Treeful Of Starling est presque la suite logique de Almost A Full Moon, la thématique mise à part. On est en effet assez loin des délires à la "Striptease" ou "Jealous Of Your Cigarettes", le ton est sobre, sérieux, quasi-religieux, et on imagine mal le bonhomme entonner ces morceaux sur scène avec son légendaire boa de plumes roses.

Mais bon, comment regretter ce virage à 90° quand il est accompagné de morceaux de la trempe de "Rain", "Ice Age", "Goodbye To Radio" ou "When These Mountains Were The Seashore" ? Sans temps mort, avec seulement 9 morceaux et 36 minutes au compteur, le disque a la bonne idée de ne pas s’éterniser - sans pour autant laisser de goût de trop peu. Un parfait équilibre sans doute temporaire car on imagine bien l’excentricité du Canadien reprendre le dessus dès qu’il aura refait le plein de confiance. Une étape de la carrière d’Hawksley Workman à savourer avant la prochaine mutation.