This Is Hope

Mull Historical Society

B Unique  |  2004
8 / 10
par Popop  |  le 15 mars 2004

Disque après disque, Colin MacIntyre continue son petit bout de chemin, comme si les modes n’avaient aucune emprise sur lui. Alors que le rock est de officiellement de retour, l’écossais qui se cache derrière ce faux patronyme de groupe qu’est Mull Historical Society s’acharne à sortir dans l’indifférence générale des disques de pop intemporelle, sorte de britpop décomplexée et délirante. Ce troisième album ne change pas la donne, si ce n’est du côté des possibilités de distribution de l’artiste, puisqu’après être passé de Warner Music (pour Loss) à l’excellente structure XL Recordings (Us sorti l’an passé et non distribué en dehors du Royaume-Uni), This Is Hope sort sur un petit label indépendant et dans une totale discrétion.

Pas de chance pour les amateurs du genre qui passeraient à côté, car l’écossais confirme tranquillement son talent de mélodiste hors pair, sans pour autant trahir son univers multicolore si charmant. Si le disque a la mauvaise idée de commencer par son plus faible morceau (le triste "Peculiar") la suite est proche du sans faute : "How ‘Bout I Love You More" rejoint "I Tried" et "The Final Arrears" sur la liste des singles imparables estampillés MHS tandis que "Treescavengers" et son gimmick entêtant au piano s’accroche bien fermement à la mémoire auditive. Autre temps fort, "Death O£ A $cientist" est une sorte de surréaliste monologue d’outre-tombe du Dr. Kelly, scientifique suicidé s’étant retrouvé l’an passé au cœur de la controverse entre la BBC et le gouvernement Blair. Toujours fortement concerné par l’actualité sociale, MacIntyre aborde notamment le thème du clonage humain (l’excellent "Casanova At The Weekend") et celui du coming-out (du point de vue des parents sur "Len").

Le faux départ mis de côté, This Is Hope est clairement le meilleur album de Mull Historical Society à ce jour. Plus condensé que Us et plus maîtrisé sur la longueur que Loss, le disque culmine avec le final touchant de "In The Next Life (A Requiem)", morceau quasi-religieux inspiré par le décès d’une des grand-mères du chanteur. Dommage que l'intérêt porté par l'industrie du disque à MacIntyre soit inversement proportionnel à la qualité de ses réalisations.