Thirty Six Minutes

The Craftmen Club

Upton Park/Booster/Discograph  |  2009
8 / 10
par Romain  |  le 13 June 2009

La Bretagne ! Ses crêpes, ses blockhaus, ses menhirs et ses groupes de rock’n’roll à tendance folk! Combien de soirées adolescentes arrosées auraient été noyées dans l’ennui sans Matmatah ? Et combien de ces mêmes soirées se seraient finies dans une euphorie excessive si Miossec n’était pas passé par là ? Autant d’interrogations auxquelles des millions de neurones asphyxiés dans le chouchen auraient pu répondre…

Manifestement, les lascars du Craftmen Club ont été élevés à la même bouteille. Non seulement, ils héritent de l’énergie scénique explosive de la tradition mais aussi du même gout à accoutumer tout type de « folk-à-guimbarde » à un punk rock très franc. De guimbarde il est tout à fait question puisque le Craftmen Club a troqué le biniou contre le banjo, le goémon contre les cactus d’Arizona et la vieille charrue contre une Ford Mustang rutilante. Ainsi se retrouve-t-on plongé dans l’univers brûlant du psychobilly façon Cramps et  Gun Club, qui n’est pas sans rappeler celui de The Experimental Tropic Blues Band (qui sont d’ailleurs des potes). De surcroît, la référence à Violent Femmes, qui échappe rarement au répertoire du rock français, est aussi bien marquée : d’aucuns y verront certainement du Noir Désir ou du Louise Attaque, d’autres y verront juste du rock’n’roll.

Le tout aboutit  à un cocktail détonnant : un très gros son et une énergie tangible pour quelques titres hautement addictifs comme « Desert Land » ou « I Can’t Get Around » qui accompagneront vos escapades en décapotable à bon escient. Ceux qui n’ont pas de décapotable trouveront certainement qu’en Bretagne on chante dans un anglais approximatif ; à ceux-là on rétorquera que les défauts de prononciation des uns n’égaleront jamais en ridicule la taille du slim des autres. A bon entendeur !