They Fall But You Don't

Mondkopf

In Paradisum  |  2017
7 / 10
par Côme  |  le 21 mars 2017

Très franchement, on n’attendait plus vraiment un nouvel album de Mondkopf, et lui non plus. En effet, le Parisien semblait vouloir se consacrer à d’autres projets (poke Autrenoir) et continuer d’explorer son amour pour le grindcore et d'autres musiques extrêmes - une passion bien visible dans le Goûte Mes Mix qu'il nous avait livré en 2014. Sa dernière tentative de faire un EP techno avec Mondkopf avait d’aileurs débouché sur le « digi-grind » d’Extreme Precautions, qui sonnait comme une sorte de point de non-retour pour le Français. Et puis les attentats de Paris ont eu lieu, et avec eux une nécessité de composer, de s’exprimer à nouveau, donnant ainsi naissance au retour de ce pseudonyme et à ce nouvel album, They Fall But You Don’t.

Si on aurait pu logiquement s’attendre à une explosion de détresse émotionnelle, surtout vu sa façon d’aborder sa musique comme un exutoire, Mondkopf se lance finalement dans le tout ambient avec une œuvre marquée plus encore qu’Hadès par sa volonté de créer des images mentales. Comme sur les pistes beatless du précédent album que l’on avait adorées à l’époque, tout est ici très mélancolique dans sa façon de travailler les montées en puissance et les interludes plus contemplatifs. Mondkopf continue ainsi à se rêver en poète maudit, à regarder les étoiles et les hommes tomber. Et loin de sombrer à l'inverse dans un lyrisme un peu baveux, le producteur continue à livrer un ressenti très simple et finalement bien plus touchant dans ses évocations.

On ne peut-on par contre pas s’empêcher de trouver Mondkopf parfois un peu évident dans ses références, l’influence d’un individu comme Roly Porter (surtout sur son album Life Cycle Of A Massive Star) se dessinant parfois trop nettement dans son ambient spatiale. Mondkopf a très bon goût et il suffit d’écouter le moindre de ses podcasts pour s’en rendre compte, mais on aurait aimé à l’écoute de ce qui est tout de même son cinquième album entendre un vrai grand disque d’un producteur qui a toujours étonné par sa maturité. De ce nouvel opus on garde certes une évolution toujours assez incroyable de disque en disque, mais qui en-est encore surpris à ce stade ? Surtout, qui espérait moins d'un individu que l'on n'hésite plus aujourd'hui à présenter comme l'un des plus producteurs les plus convaincants de sa génération.

On en vient parfois limite à se demander si Mondkopf est encore le projet le plus intéressant et original de Paul Régimbeau, lui qui avait notamment parlé d’un album d’Extreme Precautions inspiré par Portal. Si l’on espère encore s’évader dans ce disque quelques fois, on se dit que le producteur a encore bien des choses intéressantes à dire, et ce sous de multiples formes. Et c'est tant mieux, probablement.