The Play Don't Care Who Makes It

2 Chainz

Def Jam  |  2018
8 / 10
par Ruben  |  le 2 mars 2018

On ne s’en cache pas: on a un vrai faible pour 2 Chainz. Et au fil des années, la carrière du bonhomme a fait l’objet d’un suivi plutôt détaillé par nos services, comme le démontre ce dossier ou notre chronique d'un dernier album qui n'aura pas eu le succès qu'il mérite. Mais avec le temps, on en a acquis la conviction: s'il est bien un format dans lequel Tauheed Epps excelle, c'est l'EP. C'est simple, les siens nous ont toujours laissé une saveur délicieuse en bouche et Freebase, Felt Like Cappin et Hibachi for Lunch ont à chaque fois été dévorés par la rédaction tel un menu Best Of un lendemain de veille.

Au menu du jour, 4 pistes, ni plus ni moins. Vu les contraintes, Titi Boy n'a guère le temps de niaiser et nous propose en entrée l'irrésistible « OK BITCH » et son instru dopée au flûtiau qui prouve une fois de plus que l’instrument à vent préféré des collégiens est une mine d'or pour le rap. En plat principal, le chef étoilé d’Atlanta nous sert le banger « PROUD » sur lequel la cohésion avec les copains YG et Quavo a le mérite de nous ouvrir l’appétit. Arrivé le dessert, une sucrerie nommée « LAND OF THE FREAKS », 2 Chainz sort ce flow chantilly dont lui seul à le secret - « Don't fuck with Goofy niggas, that's Disney ». Enfin, la voix discrète de l'inconnue Sitara Kahnai fait de « LAMBORGHINI TRUCK » un digestif de choix qui conclut de fort belle manière ce bon repas.  

Une fois sorti de table, certaines questions subsistent. Au vu de la qualité indiscutable de ce projet, 2018 marquera-t-il le grand retour de l’EP ? La distribution dématérialisée d’un projet court et compact semble plus que jamais au goût du jour et à une époque où 10% des artistes concentrent 90% des écoutes numériques, il semble primordial de proposer un produit condensé permettant de maintenir l’attention de l’auditeur avant que celui ne soit happé par les algorithmes. On remarque d'ailleurs que, depuis le début de l’année, certaines grosses pointures du double H ricain ont choisit de cocher la case EP - on pense notamment au Scary Hours de Drake qui a affolé tous les compteurs. L'approche du Canadien - novatrice pour lui - et la pertinence de The Play Don't Care Who Makes It ne font que nous conforter dans l'idée que ce format répond parfaitement aux exigences du consommateur de rap en 2018 - une grosse pensée pour nos vaillants lecteurs parvenus au bout des 24 titres de Culture II