The Only Place

Best Coast

Wichita  |  2012
6 / 10
par Pauline  |  le 5 juin 2012

Bethany Cosentino et Bobb Bruno courent après leur California cred’. Ils l’ont déjà prouvé sur un premier album, Crazy For You:, douze pistes avides de soleil qui pillaient sans complexes l’esthétique twee et garage des innocentes nineties. Pour le cute, ils balançaient des chatons sur la pochette du disque, pour le garage punk, Bethany se couvrait de tatouages et balançait sa meilleure attitude de rebelle de la côte. Avec même à la clé un featuring avec les bad boys de Wavves. Inégal, donc, ce Crazy For You mais tout de même sacrément accrocheur et addictif.

Avant de plancher sur un deuxième disque, le duo est passé par la case « rentabilisons notre style » en créant notamment une ligne de vêtements pour Urban Outfitters, temple du hipster s'il en est. Puis, petit saut par l’étape « on vend nos tubes aux séries à la mode » (chez Zooey Deschanel et Apatow). Et enfin : le studio.



The Only Place reprend les mêmes recettes que son prédecesseur : du soleil, du fun, des paroles simples et des mélodies catchy, le tout délicatement braisé à l’atmosphère californienne. Maintenant que Best Coast est solidement implanté dans le milieu fermé de la hype américaine, l’important est de se maintenir à flot. Sur The Only Place, Bethany chante encore et toujours ses amours d’outsider, sur fond de ballades surf rock assurément dégoulinantes de sucre. La bad girl nous sert des chœurs à base de « ouh ouh ouh » longs comme le bras, de « you and me », de « no one like you » et une fois pris dans cet engrenage de slow pop, on en redemande.



The Only Place est un album qui rend plutôt heureux, on ne l’enlèvera pas au duo californien. Mais une fois gratté ce joli vernis, il ne reste pas grand chose. Pas une chanson qui accroche, pas un seul sentiment éternel, pas d’enthousiasme amoureux comme on pouvait en ressentir à l’écoute du très ensoleillé Days de Real Estate. Il ne reste qu’un bon moment, et du sable dans les chaussures. Une jolie petite demi-heure, qui passe comme une délicate rom-com américaine dont on ne retient rien des personnages 5 minutes après la fin du film. La crédibilité inde-chic est là, mais pour les sentiments, on repassera.