The Jace Tape

Jace

Ear Drummers Entertainment  |  2016
7 / 10
par Ruben  |  le 17 avril 2016

C’est en naviguant à vue sur Datpiff à la recherche du nouveau Chief Keef (en espérant ne pas tomber sur le nouveau Slim Jesus) que je suis tombé par hasard sur la tape de Jace. Intrigué par la couverture - mais sans vraiment espérer grand-chose de cette mixtape qui semble se perdre au milieu des dizaines d’autres uploadées quotidiennement sur la plateforme -, ma souris se déplace instinctivement vers le bouton 'Télécharger'. Une rapide écoute diagonale pour se rendre compte qu’en effet le projet est ennuyeux à mourir puis direction la corbeille ?

Pas vraiment car, dès l’inaugural « Get It », c'est la claque. Je suis immédiatement frappé par la profondeur de l’instru qui accumule percussions étouffées et synthés lissés camouflant une légère note de piano. Le tout est couplé à un flow digne de Chance The Rapper et la transition parfaite avec la deuxième piste « Call Log » me fait basculer en mode Leo DiCaprio dans Django: « Monsieur, vous avez commencé par éveiller ma curiosité, mais là vous captez mon attention ».

Mais qui est donc Jace ? Une petite recherche sur Google et tout s’éclaire : signé sur le label Ear Drummers du mastodonte Mike WiLL Made It, Jace est un membre du collectif Two-9, qui avait déjà attiré l’attention de la rédaction avec les excellentes mixtapes Two-9 Forever et B4FRVR. Naturellement, le gars a accès à une ribambelle de producteurs ingénieux – Resource, Ducko Mcfli, FKi - ce qui explique la finition exemplaire du projet.

En effet, que ce soit la petite montée de violons immédiatement stoppée sur « J.A.L. » ou la présence d’un véritable fil narratif relayé par d’innombrables dialogues étalés sur la tracklist, The Jace Tape rassemble tous les ingrédients nécessaires pour prétendre au statut d’album studio. La contribution en retrait de Jeremih sur « Lick Read », l’énergique « Tonight Freestyle » ou encore l’énorme taloche qu’est « Rush » confirment la qualité globale du projet. Enfin, accompagné par Robb Banks, le rappeur d’Atlanta boucle sa tape sur un bon bangers des familles intitulé « Bonus Midas ».

Totalement à contre-courant, Jace propose une alternative pertinente à l’overdose de trap qui contamine la scène d’ATL - voire l’ensemble du rap-jeu. Et, cerise sur le ghetto, le tout est en téléchargement libre.