The Guillotine

Hey Colossus

Rocket Recordings  |  2017
7 / 10
par Albin  |  le 5 juillet 2017

Pour les fans, ce nouvel album de Hey Colossus constituait une des grandes inconnues de l’année. En 2015, le groupe noise-rock britannique avait pris tout le monde de court en sortant à quelques mois d’intervalle In Black and Gold et Radio Static High, deux albums excellents, mais considérablement apaisés en comparaison avec le style beaucoup plus brutal auquel ils nous avaient jusqu’alors habitués.

Or, quelques mois après la sortie de ces deux disques, le guitariste Jonathan Richards, principal artisan du retour du groupe à un propos plus civilisé, annonçait son départ pour se concentrer uniquement sur son projet très pop 80's Kreol Lovecall. A-t-il emporté dans ses valises une bonne partie de la sage inspiration qui traversait les deux albums précédents ? Pas du tout. C’est même un certain soulagement qui se manifeste dès les premières notes de « Honest To God », morceau d’ouverture de l’album qui claudique autour d’une ligne de basse tortueuse et entêtante.

Les changements internes n’ont donc pas vraiment impacté cette bande de Londoniens énervés. The Guillotine s’inscrit dans la lignée des deux efforts précédents, soit une musique qui mêle influences noise rock, riffs stoner et héritage post-punk. A l’urgence d’un morceau incendiaire comme « Back in the Room » répondent des chansons plus posées telles que la très surprenante « Calenture Boy » ou même « The Guillotine » qui vient conclure l’album sur des nappes très psyché et post-rock.

Si des doutes persistaient encore, la conclusion est désormais inévitable : en trois ans, Hey Colossus a bel et bien muté. Les hurlements gutturaux, les guitares qui saturent tellement que les baffles avancent tous seuls et les morceaux construits autour d’un larsen font définitivement partie du passé. Hey Colossus se renie ? Sûrement pas. Le groupe semble plutôt s’être engagé sur la voie d’une sophistication de sa musique, sans pour autant virer pop ou prog. L’évolution était sans doute devenue nécessaire pour ne pas se vautrer dans l’auto-caricature. Néanmoins, ce nouvel album, s’il ne présente aucun défaut majeur, souffre tout de même de la comparaison avec In Black and Gold et Radio Static High qu’il ne parvient jamais à égaler. Il faut aussi reconnaître que ces deux-là avaient placé la barre sacrément haut.