The Cage Was Unlocked All Along

Zoey Van Goey

Chemikal Underground  |  2009
7 / 10
par Jeff  |  le 2 mars 2010

Une année réussie, ça ne tient pas à grand-chose. Prenez le label écossais Chemikal Underground: après un âge d'or qui l'avait vu sortir les meilleures galettes de Mogwaï (Young Team et Come On Die Young) ou Arab Strap (Philophobia et Elephant Shoe), on sentait clairement la structure créée il y a une quinzaine d'année par les Delgados à la recherche d'un second souffle salvateur, qui arriva dès le début de l'année 2009 avec le fabuleux album de The Phantom Band, Checkmate Savage. Mais alors que nombre de rédactions commençaient déjà à mettre sur pied leurs traditionnels classements de fin d'année débarquait The Cage Was Unlocked All Along, premier album de Zoey Van Goey, groupe basé en Ecosse mais composé d'une Anglaise (Kim Moore), d'un Canadien (Matt Brennan), et d'un Irlandais (Michael John McCarthy). Et même si celui-ci n'aura pas bénéficié des dithyrambes qui ont permis à Checkmate Savage d'inflitrer sans trop de problèmes quelques tops, il n'en reste pas moins tout à fait recommandable.

Si j'avais voulu faire un raccourci facile, je vous aurais dit que le groupe de Glasgow a sorti il y a quelques mois le disque que l'on attendait de leurs compatriotes de My Latest Novel – qui ne se sont pas révélés à la hauteur avec leur Death and Entrances. Mais vu le succès (lui aussi) limité dont bénéficie le groupe, le rédacteur espiègle que je suis va devoir avoir à d'autres artifices rédactionnels pour vous convaincre de jeter une oreille attentive à la musique de Zoey Van Goey. Histoire de conserver votre attention, je ne résisterai à la tentation de vous citer le nom de Stuart Murdoch, tête pensant de Belle & Sebastian, qui se retrouve aux manettes pour un titre de cet album, le forcément guilleret « Foxtrot Vandals ». Mais il serait erroné de croire que Zoey Van Goey donne uniquement dans la twee pop pleine d'innocence et de candeur. Certes, on décèle bien du B&S dans l'ensemble, mais il convient également de mentionner les noms d'Arcade Fire et des Delgados pour avoir une idée un peu plus précise de ce qui fait avancer le trio. Adepte d'une folk-pop inoffensive et facilement assimilable, le groupe ne prend clairement pas le moindre risque sur les dix titres de The Cage Was Unlocked All Along, préférant visiblement être considéré comme de bons copieurs plutôt que de piètres défricheurs – une attitude qui aura le don d'énerver certains, mais qui est tout à fait défendable à l'écoute de quelques unes des perles de douceur mélancolique qui illuminent ce premier effort.