TFCF

Liars

Mute  |  2017
5 / 10
par Yann  |  le 5 septembre 2017

Même si la rédaction de GMD n'a pas spécialement apprécié la trajectoire prise par la trajectoire de l'entité Liars depuis WIXIW en 2012, on a toujours envie de découvrir dans quelle direction le projet (désormais l'affaire du seul Angus Andrew) se dirige à chaque nouvel album. Et la surprise est à nouveau de taille sur ce TFCF: fini les gros claviers qui tâchent de Mess, et bonjour les guitares acoustiques et les formats pop finalement très classiques. Belle ambition, même si on finit à la fois sur notre faim, et avec une indigestion.

Difficile de dire si ce huitième long format sous le nom Liars sera considéré comme un album de transition ou la pierre tombale d'un projet qui a déjà dépassé les 15 ans de vie. Globalement, on ressent le manque de direction globale du disque, qu'on pourrait sans doute attribuer au départ d'Aaron Hemphill. Le visuel est laid, mais pas assez pour être drôle ou ironique. Les envolées pop se prennent parfois trop au sérieux, parfois pas assez. L'album passe de morceaux où transparaît une recherche, souvent maladroite, de nouvelles directions à des passages d'auto-hommage au son "Liars", mais qui évoque presque des chutes de studio des albums précédents.

Malgré ce qui peut sembler être un jugement un peu sec, on ne jettera pas la mariée avec sa jarretelle. Assez étrangement, certains titres s'en sortent mieux une fois qu'on les écoute en dehors du contexte de l'album. "Emblems of Another Story" et sa longue introduction lugubre qui mène à un final pop assez bien mené tire un excellent parti de la voix de Angus Andrew, là où elle peut vite agacer sur "Cliché Suite". Les tentatives et influences "urbaines" fonctionnent pas mal sur "Staring At Zero", au contraire de "Cred Woes" où elles tombent comme un cheveu dans la soupe. Le format "pop d'intello à guitare" est bien maîtrisé sur l'ouverture "The Grand Delusional" alors qu'il sonne comme du mauvais Panda Bear sur "No Help Pamphlet" ou du Radiohead raté sur "No Tree No Branch".

Il serait de bon ton de conclure ici en disant que certains essais menés sur ce TFCF laisse entrevoir un avenir meilleur pour le projet de Angus Andrew. On n'en est malheureusement pas complètement convaincu. Il y a de bonnes idées, mais trop peu et trop éparses pour imaginer que l'Australien parviendra à les canaliser seul.

Le goût des autres :