Songs To Break Up To EP

Ta-Ku

HW&W Recordings  |  2013
7 / 10
par Aurélien  |  le 9 novembre 2013

C'est bien connu: quand on passe un été chaud et riche en émotions, l'arrivée de l'automne est synonyme des pics d'amertume et de garçons émotionnels. Et gageons qu'avec la formidable moisson d'octobre qui a vu s'enchaîner la sortie des albums de Ryan Hemsworth, FRIENDZONE et de Ta-Ku, ces jeunes garçons auront de quoi habiller leur spleen pour l'hiver. En effet, ces trois livraisons transpirent cette nostalgie adolescente qui a fait les beaux jours de l'industrie R&B des 90's. En tout cas, avec Songs To Break Up To, la couleur est affichée dès le départ. Tu veux renouer avec le Ta-Ku qui claquait la bise à Nujabes et à J Dilla ? Ou avec celui qui te droppait de la grosse wonky bien pompière ? Lâche l'affaire, ici l'Australien veut te voir écraser des larmes amères dans ta baignoire. Et on aurait du mal a lui en vouloir, car malgré une discographie riche et plurielle, le beatmaking de l'Australien n'a jamais paru aussi abouti que sur cet hybride parfait entre les univers de Drake et de Nosaj Thing. Au menu de ce neuf titres donc, des cascades de piano salées et des voix de nymphes sous codéine, le tout intelligemment complété par le coup de pouce bienvenu de quelques voix ou du copain Atu (déjà auteur d'un sacré truc pour Soulection cette année). Histoire de pimenter un peu la contagieuse dépression sonore d'un beatmaker décidément increvable, on trouve même sur cet EP deux bien belles relectures du "Love Lost" de Daughter ou encore du "Comfort Inn Eding" de Jhene Aiko, qui témoignent à la perfection de la difficulté que le producteur a à avoir une patte qui lui soit réellement propre, sans pour autant mettre à mal la pertinence de ses entreprises. Autant dire que les griefs à opposer à Songs To Break Up To sont bien maigres, voire inexistants, et qu'on vous recommande de vous jeter sur ce court format qui va, une fois posé sur la platine, réchauffer a coup sûr le coeur de plus d'un fan de Yung Lean ou de 808s & Heartbreak.