Some People Have Real Problems

Sia

Hear Music – 2009
par Adrien, le 2 mars 2009
7

Tout le monde a encore en mémoire ce final de la série culte Six Feet Under, sorte de métaphore de l'existence, narrée avec la plus grande finesse et sensibilité. Et cette musique, enveloppante, petit bijou de pop mélodramatique magnifié par la voix suave de son interprète, l'Australienne Sia Furler. Forte de deux réalisations, dont l'excellent Colour The Small One, la chanteuse originaire d'Adélaïde enchaîne les succès notables, dont notamment une collaboration fructueuse avec les Britanniques de Zero 7 à l'occasion de l'album The Garden, sorti en 2006. Some People Have Real Problems n'est donc autre que le troisième et dernier effort en date de la ravissante mais non moins excentrique Australienne.

Colour The Small One possédait déjà son lot de titres entêtants et plaintifs, ce nouvel effort continue lui dans la lancée, délivrant de bout en bout une pop groovy des plus savoureuses. La galette s'avère au fil de l'écoute d'une maturité évidente: y sont dosés avec intelligence mélancolie et allégresse, le tout porté par une avalanche de cuivres et un piano aux accords nuancés. Mais le pouvoir de séduction de l'album tient définitivement dans la prestation vocale de sa génitrice. D'une profondeur remarquable, la chanteuse enchaîne mélopées lascives et titres pop enjoués avec une aisance claire. Évidemment, l'artiste n'évite pas l'écueil mielleux et aseptisé presque de rigueur dans le registre abordé. Le label, Hear music, propriété de Starbucks, est d'ailleurs là pour le rappeler. Ici cependant, le carcan commercial n'y fait rien : l'album s'avère plus que jamais personnel, dévoilant sans fard les enclins artistiques de l'Australienne, un univers fragile, ponctué de touches autant enfantines que neurasthéniques et empreint d'une maturité vocale incontestable. Une grande jeune fille en somme.

Some People Have Real Problems n'est bien sûr pas exempt de tout reproche. Mais même si la galette se caractérise parfois par une tendance à mélanger les genres, force est de constater que l'artiste nous revient en grâce à travers une succession de titres tous plus accrocheurs, exception faite des dispensables "Little Black Sandals" et "Lullaby". Aussi peut-on compter sur l'entraînant "The Girl", le doux/amer "Academia" (avec Beck en featuring), le mélodramatique "I Go To Sleep" ou l'argument pop joliment troussé "Electric Bird".

Si Sia joue bel et bien dans un registre au centre de toutes les convoitises commerciales, elle livre avec Some People Have Real Problems un album intimiste tout en retenue, laissant ainsi de côté la sensiblerie outrancière souvent de mise dans ce style musical. Et si ce nouvel album met une fois de plus en exergue tout le charme vocal de la chanteuse, il intronise définitivement Sia comme une artiste à part entière sur qui l'on osera à l'avenir placer les espoirs les plus fous.