Seven Ways

Olivier le Goas & Trilog

Altrisuoni / Anticraft  |  2009
7 / 10
par Franck  |  le 10 mai 2009

Le dernier projet du batteur Olivier le Goas sort des sentiers battus. Le track-listing de Seven Ways est en effet très intriguant : sur ces 7 titres, 4 sont inspirés de compositeurs sans véritable point commun. On retrouve ainsi des noms connus, Maurice Ravel (XXème) ou Henry Purcell (XVIIème), un autre peu connu, Erasmus Widman (compositeur allemand du XVIème) et un autre carrément inconnu puisqu’il s’agit d’un Anonyme du XVIIème. Que font tous ces compositeurs sur un même disque, d’autant plus que certains sont séparés de plusieurs siècles ? Olivier le Goas a, semble-t-il, voulu jouer la carte de l’audace. Le projet de Trilog est avant tout de se mettre en danger pour pouvoir explorer les facettes cachées du jazz. Comment ? En puisant dans les différents mouvements de la musique dite « classique ». Le complice d’Eric Löhrer, de Marc Ducret ou Jean-Michel Pilc juxtapose ainsi des musiques inspirées de la Renaissance, du Baroque et de la musique moderne, le tout interprété à la sauce jazz. S’inspirer de Ravel ou Purcell pour accoucher d’une musique improvisée, il fallait y penser. Sur le papier, curiosité et peur s’entremêlent. Qu’en est-il après écoute ?

Seven Ways s’écoute. Et plutôt bien. "Le chant du Regards (d’après Erasmus Widman)" accroche tout de suite l’oreille. L’entrée en matière se fait par le saxophone lumineux de Vincent Mascart soutenu par la guitare discrète de Manu Codjia. "Rêves de Bourgogne" évoque les chants des troubadours que l’on pouvait entendre sur les routes du Royaume de France. On retrouve l’esprit de chaque musicien au sein de chacun des titres auquel Trilog rend hommage. Seven Ways est un album riche de toute cette histoire de la musique. On peut également apprécier le talent de compositeur d’Olivier le Goas à travers deux titres, "Dia" et "Seven Ways". Ce dernier titre est d’ailleurs une des grosses satisfactions de cet album. L’album se conclut par la reprise que tout jazzman se doit de faire. En l’occurrence, il s’agit ici de Bill Evans et de son "Turn out the Star".

Seven Ways tranche par son projet initial et sa mise en œuvre. Il n’est pas à mettre en toutes les mains. Et surtout, pas de quiproquo : il n’est pas du tout une reprise jazz des compositeurs précédemment cités. Ce n'est pas Purcell version jazz! Olivier le Goas a le mérite d’ouvrir grand le champ d’investigation de la musique. Il nous incite à nous replonger dans le répertoire mondial parfois oublié des grands compositeurs, ce qui ne peut pas faire de mal...