Passed Me By

Andy Stott

Modern Love  |  2011
8 / 10
par Simon  |  le 22 juin 2011

Difficile de parler valablement de dub-techno sans évoquer le nom d’Andy Stott. En effet, au côté des Luke Hess, Pendle Coven, Claro Intellecto,  Quantec ou Fluxion, notre homme a largement contribué à prolonger le grand héritage techno laissé par Basic Channel. Son plus haut fait d’armes reste encore son Unknown Exceptions, collection plutôt recommandable de ses principaux EP’s, qui mêlait avec une habilité certaine les codes de la tecno-dub, du dubstep et de l'ambient. Mais si Unknown Exceptions avait des qualités indéniables, il n’en restait pas moins qu’on attendait d’Andy Stott une vraie œuvre de référence, un disque à la hauteur de son incroyable talent. Le moins que l'on puisse dire c’est que Passed Me By remplit cette tâche à la perfection.

Toujours sur Modern Love, ce nouveau LP est aussi court – trente-trois minutes au compteur – qu’intense. Il n’y a pas ici de round d’observation, on plonge directement dans une œuvre aux sonorités extrêmement dense. Passed Me By est un disque de techno c’est clair, mais en invitant de manière diffuse le dubstep et l’ambient, Andy Stott passe véritablement un cap. Quoique Passed Me By n’est pas à proprement parler une question de genre, plutôt une histoire de composition, de choix de couleurs. Le grain analogique est total et les machines sortent épuisées d’autant de manipulations, les lignes sont clairement incertaines et tout bouge à l’instinct. Tout cela nous rappelle la liberté folle d’un Actress, l’ésotérisme d’un Shackelton (dont la parenté sur « Dark Details » sonne comme un hommage flagrant) ou l’angoisse d’un Marcel Dettmann. Passed Me By est un disque animal, lent et brutal : ses basses roulent et tournent avec une moiteur extrêmement physique, les nappes ambient sont d’une densité folle, appelant paradoxalement autant la noirceur que la lumière.

Bref, Passed My By est un disque en béton, une vraie expérience sonore qui nous prouve que la dub-techno est un art difficile, mais que les chefs d’œuvre peuvent encore exister une fois le genre mis dans des mains aussi expertes que celles d’Andy Stott. Un vrai must-buy qui ne cesse d’enchanter par la hauteur de sa composition et la profondeur de son itinéraire. Massive!