
Panic Prevention
Jamie T
Si comme moi vous ne portez que peu d'intérêt à une certaine presse anglaise qui s'enflamme pour le moindre artiste ayant une once de talent, il y a fort à parier que le (micro)phénomène Jamie T. vous soit complètement passé sous le nez. Pourtant, ce jeune garçon originaire de Wimbledon a emprunté une voie désormais classique et déjà foulée par les Arctic Monkeys ou Lily Allen: tiré de l'underground grâce à quelques singles prometteurs (« If You Got The Money », « Sheila ») et un engouement de la blogosphère qui s'est traduit par des dizaines de milliers d'amis sur MySpace, le jeune homme devient rapidement la coqueluche du NME et l'ami public numéro un des majors. Et à ce petit jeu, c'est Virgin qui remporte la floche et a donc le privilège de sortir Panic Prevention.
Avant même d'avoir entendu la moindre note, il est possible de vous faire une idée plus ou moins claire de la musique du jeune Londonien. Pour ce faire, il vous suffit de jeter un regard attentif sur la photo qui illustre Panic Prevention: appuyé tranquillement contre le mur d'une pièce étroite que l'on imagine être sa chambre, Jamie T. est plongé dans un bordel innommable. Les murs, le sol et les étagères semblent prêts à crouler sous le poids des photos de potes, des affiches de films, des disques, du PC ou des instruments. Mais mine de rien, on tient dans cet espace aussi restreint que surchargé tous les éléments constitutifs de l'univers singulier de Jamie T. Car Panic Prevention est le genre d'album audacieux que seule une ville bigarrée comme Londres peut produire: né du croisement entre The Streets, The Clash, The Arctic Monkeys et Dizzee Rascal, Panic Prevention est un chaudron bouillonnant contenant une délicieuse potion magique dont vous reconnaîtrez sans la moindre difficulté les principaux ingrédients mais qu'il vous sera impossible de reproduire car seul Jamie T. est en possession des dosages exacts. Qu'il s'agisse de hip hop potache, de rock furieux ou dépouillé, de ballades touchantes ou d’un mélange de tout cela, rien ne semble effrayer ce gringalet au phrasé précis qui se plaît à jongler avec les genres et maltraiter sa basse acoustique sans jamais tomber dans la faute de goût ou le remplissage.
A 20 à peine, Jamie T. débarque avec sous le bras une ribambelle de titres accrocheurs habités de cette insouciance juvénile qui les rend encore plus irrésistibles. Il n'y a pas à dire, Panic Prevention, au même titre que les dernières livraisons de Tap Tap ou de Benjy Ferree, est de ces albums qui vont font dire que 2007 s'annonce comme une excellente année. Et dire que les nouveaux albums de Arcade Fire, !!! et lcd soundsystem ne sont même pas encore sortis…
Le goût des autres :












