Numwami World

David Numwami

THE FFAMILY  |  2021
8 / 10
par Camille  |  le 30 juin 2021

On y est enfin, dans le monde où tout semble si simple. Les harmonies nous font sourire, les mots flottent, les rythmes pop nous donnent envie de pousser quelques pas de danse. Pourtant les messages qui s’y cachent ne sont pas forcément tout aussi roses et l’on comprend soudain que cette apparente légèreté ne fait qu’enrober une réalité un peu plus sombre. Et là où l’on voudrait opposer joie et tristesse comme les smileys qu’il a tatoué sur ses doigts comme unique dualité, David Numwami crée un monde où elles s’entremêlent, honnête et sans filtre, dans une élégante complexité.

Il lui aura fallu quelques années pour nous livrer son univers, après s’être épanoui dans Le Colisée, groupe créé avec des camarades du lycée, puis dans l’ombre d’artistes tels que Frànçois and The Atlas Mountains, Nicolas Godin (Air) ou encore Charlotte Gainsbourg. Et même si le grand saut en solitaire peut terrifier, c’est également une libération artistique qui lui permet de nous livrer tout ce qu’il gardait pour lui jusqu’à présent.  

Sa musique n’est qu’un prolongement de sa personnalité ; douce, brillante et intelligente. Il nous accueille dans son rêve avec bienveillance (« Hello ») et s’en va sur un nuage de bonheur qui travaille le même thème musical (« Music Is Forever »). Dans une poésie sans fioritures et empreinte d'une sincérité désarmante, le Bruxellois nous balade dans ses aventures musicales tantôt galériennes (« Beats »), tantôt empreintes de nostalgie (« Bruxelles-Sud »). 

Détaché, clairvoyant, il observe ce siècle duquel il fait partie et les tendances parfois étranges auxquelles on se livre sans plus aucun recul ; sur « Théma », il pose comme un Georges sur le devant de la chaise avec sa guitare acoustique et ajuste ses lunettes de grand-père pour nous raconter cette histoire que l’on connait trop bien. Le stalk sur les réseaux sociaux. « Dans le musée de ta vie / Tous les tableaux sont à moi / Je fais que te téma, téma,… ». 

Nous n’avons été que conquis·e par David Numwami tout au long de ses teasing, même si l'on a l'impression d'avoir été un peu trop spoilé sur le contenu, laissant peu de place à la découverte de nouveaux titres. Ce premier EP ne fait que confirmer notre ressenti. La création lui est inhérente et il est authentique jusqu’au bout, ces 7 titres étant les sept merveilles de ce petit monde dans lequel il nous emmène. Nous voilà désormais suspendu·es au désir d’en voir plus, tout en sachant l’exercice difficile que peut constituer la sortie d’un deuxième album.

Le goût des autres :