Not All Heroes Wear Capes

Metro Boomin

Republic  |  2018
7 / 10
par Ruben  |  le 12 novembre 2018

Metro Boomin, c’est un peu le Pep Guardiola du rap : toujours dans les bons coups et courtisé par les plus grands, Leland Wayne est un coach charismatique et passionné, au CV impressionnant, qui s’impose aujourd’hui comme un faiseur de tubes et de carrières dont le producer tag ("If Young Metro Don’t Trust You, I’m Gon’ Shoot You") est autant une marque de fabrique qu'un gage de qualité. Joueur professionnel sur FL Studio depuis 2009, Metro Boomin s’est lentement mais sûrement mué en gourou du game et a grandement contribué à la démocratisation et la mondialisation de la trap. Ayant supervisé le travail des plus grands – Drake, Kanye West, Travis Scott, Future, Gucci Mane, la liste est interminable, il était évident que le casting de son premier album studio allait aligner autant de stars qu’une équipe de Premier League prétendante au titre.

La force de Not All Heroes Wear Capes réside dans le fait que Metro Boomin parvient à bâtir une zone de confort pour chacun de ses collaborateurs, tous plus à l’aise que Sergio Aguero dans une surface de réparation : Swae Lee dispose de beats colorés qui lui permettent d’étaler sa science du refrain, Young Thug nous renvoie à l’époque du premier Slime Season tandis que 21 Savage nous sort ses habituelles punchlines délicieusement débiles – cette fois-ci, la crapule chuchotera même une partie de son couplet sur « Don’t Come Out The House », façon Ying Yang Twins. Mais ce qui ressort surtout de ces 44 minutes de foire au banger c'est l'incroyable hétérogénéité des instrumentaux : l’ambiance dancehall du folklorique « Only You » est aussi efficace que les collaborations plus traditionnelles avec Gucci Mane ou le rookie Gunna. Bref, ça enchaîne et ça combine avec l'aisance et l'efficacité du triangle doré De Bruyne - Silva - Mahrez.

Etrangement, un des points culminants du disque est l’interlude « Only 1 » qui nous replonge dans le monde brumeux et élégiaque de 808’s & Heartbreak. Magistralement exécuté par Travis Scott, cette balade mélancolique, parfaitement autotunée, est de loin la pièce du puzzle qui met le mieux en lumière le rôle de chef d’orchestre de Metro Boomin, histoire de démontrer que c’est bien lui la star de son disque. Ainsi, à l'instar du maître à penser catalan de Man City, le hitmaker du Missouri est capable de tirer le meilleur de son effectif grâce à une science du terrain et un flair qui font de ce Not All Heroes Were Capes un condensé de bangers fort appréciable, qu’on vous recommande presque autant que notre playlist Spotify entièrement consacrée au bonhomme.

Le goût des autres :