Night Falls Over Kortedala

Jens Lekman

Secretly Canadian  |  2008
5 / 10
par Nicolas  |  le 25 décembre 2007

N’importe quelle mère rêverait d’avoir pour beau-fils un homme de la trempe de Jens Lekman. Avec ses airs de gendre idéal ou de premier de classe, le ténébreux crooner scandinave pourrait s’attirer la jalousie de la gent masculine. Et cela bien avant même de mentionner le talent de songwriter du Suédois, que l’on connaît depuis son remarquable premier album When I said I wanted To Be Your Dog (2004) et par la compilation d’EP’s Oh You’re So Silent Jens (2005). A l’époque de ces deux opus où l’on ne jurait que par les idées débordantes de Jens Lekman, on était encore loin de nous imaginer ce qui adviendrait à la fin de l’année 2007, le moment que le chanteur choisit pour définitivement tomber le masque.

Avec l’arrivée de Night Falls Over Kortedala, il faut donc impérativement revoir notre jugement. Alors qu’on trouvait génial l’univers baroque et grandiloquent du crooner suédois, ce dernier en remet une couche sur son nouvel album. Ayant davantage de moyens aujourd’hui, l’artiste laisse désormais parler toutes ses aspirations, sans contrainte ni retenue. Ainsi, Jens Lekman s’invente des chœurs en utilisant des samples de ses amies Frida Hyvönen et El Perro Del Mar sur "If I Could Cry (It Would Feel Like This)" ou joue à fond la carte de la disco sur "Sipping On The Sweet Nectar", où l’on retrouve cette fois un sample du producteur Jimmy Webb. Tout au long des 12 morceaux de ce Night Falls Over Kortedala, le dandy nous en fait voir de toutes les couleurs en prétendant esquisser les contours de pop-songs chatoyantes. Si la plupart des critiques s’affichent comme de réels suiveurs, on ne vous cachera pas que Night Falls Over Kortedala ne recèle pas toutes les vertus qu’on lui attribue à gauche, à droite. Aussi ambitieux qu’il soit, cet album est moins prenant que ses prédécesseurs tout simplement parce qu’il manque d’un minimum de cohérence. Jens Lekman a beau transformer la moindre idée qui lui passe par la tête en chanson, le résultat final est des plus pompeux. Ce n’est pas tout d’avoir une gueule d’ange, encore faut-il avoir bon goût. Et là, c’est loin d’être gagné…