Naturality

ORB

Flightless Records / Castle Face Records  |  2017
8 / 10
par Pierre  |  le 27 novembre 2017

Il est normal d'accorder davantage d’intérêt aux Australiens de ORB qu’au dernier abruti adoubé par les NRJ Music Awards, notamment quand on connaît les maisons-mères du groupe : Castle Face Records et Flightless Records, respectivement label d’un certain John Dwyer (monsieur Thee Oh Sees) et auberge d’à peu près tous les compatriotes de King Gizzard & The Lizard Wizard dignes de notre intérêt. Malgré ce joli pedigree et un premier album (Birth) plein de guitares saturées et de riffs sabbathiens, le groupe n'est pas bien populaire par chez nous.

Quoiqu'il en soit, et comme sa pochette d’une sobriété exemplaire le laisse suggérer, les Australiens passent avec Naturality du côté un peu plus light de la Force, sans pour autant adoucir le propos. Car la vague psychédélique qui continue de déferler sur la planète n’a pas épargné ORB, le groupe enrichissant ainsi une formule certes très qualitative, mais relativement anachronique. A la noirceur des riffs (« O.R.B ») se mêlent aujourd'hui des velléités plus aventureuses, souvent par le biais de sonorités analogiques assez cosmiques ou d’allusions directes à leurs collègues australiens précédemment évoqués ("You Are Right").

Bien évidemment, on conserve ici ce qui confère à ORB une sacrée puissance de frappe : un son pachydermique et oppressant, une très grosse basse qui roule, quelques couinements vigoureux et une batterie martiale qui confère à certaines compositions un aspect cathartique. De quoi aboutir à un hard rock tutoyant le stoner, parfois la musique psychédélique, et qui semble finalement bien s’accoutumer de son statut un peu bâtard à une époque le hard rock ne semble plus faire bander qu'une poignée de crasseux. 

Rappelant au hasard Black Sabbath ou d'obscures formations aujourd'hui vénérées comme BANG, évoquant plus récemment Fuzz ou CFM, le groupe démontre avec inspiration et habilité que le hard rock n’a rien de désuet lorsqu’il ne se borne pas à l’auto-parodie et ne se suffit pas de ses propres clichés. Espérons tout de même qu'il reste quelques irréductibles suffisamment couillus pour en apprécier les vertus.