My Name Is My Name

Pusha T

G.O.O.D Music  |  2013
6 / 10
par Tristan  |  le 15 octobre 2013

Depuis le temps qu'il se fait un nom à coups de featurings et de mixtapes, difficile de ne pas savoir que la moitié de Clipse est désormais affranchie de ce passé en groupe. Et pourtant, l'héritage de cette période révolue se ressent toujours aujourd'hui sur My Name Is My Name, notamment dans le choix d'instrumentaux plutôt minimalistes et dans la quasi-absence de mauvais goût.

En effet, si le statut culte des deux premiers albums du groupe de Virginie est peut-être à réévaluer, il est certain qu'il ne faisait pas partie de ces groupes partant dans tous les sens et collaborant avec des artistes à la légitimité discutable. Cela s'expliquait sûrement par la proximité qui existait alors entre le duo Pusha T / Malice et les Neptunes, alors au sommet de leur art. Pour ce premier véritable album de Terrence Thornton, cela s'explique sans doute par la présence de Kanye West dans l'entourage proche.

En clair, quand on est respecté comme Pusha T et qu'on sait où on veut aller, nul besoin de suivre la mode. Non pas que cet album soit révolutionnaire, mais on sent que Pusha T, suivi de près par Yeezy, le visualisait parfaitement dans son esprit. Un album sans trap, où Future serait un peu à contre-emploi, où il dirait à Chris Brown et The-Dream d'être sobres, à Hudson Mohawke de composer une simili-balade sur laquelle Kanye West viendrait s'égosiller ("Hold On"), et globalement à tous les invités de ne pas lui voler la vedette pendant qu'il rappe, encore et toujours, à propos de drogues et de domination.

Avec le temps, Pusha T a musclé son flow, c'est indéniable. Il l'a également assorti de quelques gimmicks (ce fameux « woo! » piqué au catcheur Ric Flair), tout en restant capable de revenir à une relative douceur d'antan (« Let Me Love »), presque synonyme à l'époque de Clipse d'anonymat rapologique tant les flows des deux frères étaient semblables. Tout l'enjeu de l'album est là, comme le dit le titre: pérenniser un nom au milieu des cadors du rap. Et si l'on a peu de choses à reprocher à Pusha T, fondamentalement rien n'a vraiment changé depuis Lord Willin'. Durant l'écoute on ne doute pas du charisme du emcee virginien, qui n'est plus un rappeur transparent, et le plaisir ressenti est réel, quoique fugace.

On en vient alors à réfléchir sur une éventuelle absence d'âme, de celle qui fait que les morceaux fonctionnent mais ne se fixent nulle part. Et c'est peut-être là que réside tout le problème de My Name Is My Name...

Le goût des autres :