MFMB

MFMB

La Bulle Sonore – 2009
par Julien, le 6 mai 2009
7

MFMB, sur son MySpace, se présente comme un point de rencontre des Daft Punk, de My Bloody Valentine et de Joy Division. Ce qui, il y a quelques années, nous serait apparu comme une folie nous indiffère aujourd'hui quelque peu. M83, Maps et d'autres passant par là, les nouveautés électro-pop-shoegaze sont devenues une douce habitude, plaisantes, mais qui nous laisse sans emballement. Je n'étais donc pas tellement excité au moment d'insérer ce mini-album dans mon lecteur. Erreur de ma part, puisque entre les influences avancées par ce jeune groupe suédois et la réalité de leur musique, il y a un gouffre. Ce n'est pas la première fois qu'un groupe se trompe de la sorte, confondant ce qu'ils aiment et ce qui les a objectivement influencés ; je ne sais pas ce qu'MFMB a écouté ces dernières années, mais rien, dans les références qu'ils décrivent, ne laissait présager une telle déflagration.

Car on peut dire que cet EP bastonne sévèrement et ne s'embarasse d'aucune dentelle. Inutile de chercher la moindre ressemblance avec Hot Chip, Metronomy ou n'importe quel groupe hybride dans l'air du temps, MFMB est clairement et uniquement rock. S'il y a bien une boîte à rythme très présente et une basse volontiers synthétique, elles sont à entendre comme stigmates des mouvements new-wave voire industriels, nullement comme acoquinements avec la nouvelle scène électro-pop.

Ces Suédois jouent du rock, donc, avec des guitares sales et des voix éraillées. On pense souvent à the Arcade Fire ou Broken Social Scene pour leur lyrisme exacerbé (c'est flagrant sur le superbe "Fine Detail"). À U2 aussi, pour certaines mélodies très enlevées. Beaucoup plus étonnant encore, un morceau comme "Control" ressemble à un pur morceau gothique-indus de Paradise Lost. Il y a beaucoup d'énergie déployée, ça joue fort et vite. La contre-partie est que cela paraît encore un peu brouillon et vert. Il y a des choses à canaliser (notamment la voix) et d'autres à affiner (certains arrangements vraiment légers). Mais la formule marche bien : elle est complètement décomplexée, avec une spontanéité communicative. On attend par conséquent avec un brin d'impatience la sortie d'un premier long format, en espérant qu'ils dégotent pour l'occasion un producteur de bon niveau, capable de les propulser très loin.