Mechanical Bull

Kings of Leon

Columbia  |  2013
6 / 10
par Jeff  |  le 16 octobre 2013

On a tous connu des passages à vide, des périodes où rien ne va. C’est souvent dans ces moments que l’on a bien besoin de se faire engueuler par un pote bien intentionné, qui a en a sa claque de nos accès de misérabilisme. Les Kings of Leon eux, n’ont pas eu besoin de ce genre d’admonestations pour avoir à nouveau les yeux en face des trous : en lieu et place d’un sermon nerveux, c’est à une avalanche de merdes de pigeon qu’ils ont eu droit, un soir de juillet 2010 sur une scène de St. Louis. A l’époque, le groupe croulait sous le poids de sa notoriété et de ses egos, et cette pluie de fientes aura joué gros dans le bon vieux meltdown qui a suivi et débouché sur une pause bien méritée ainsi qu’une remise en question. A a priori, celle-ci aura été salutaire: certes, on n’est pas revenu avec ce Mechanical Bull aux fulgurances de deux excellents premiers albums (Youth and Young Manhood et Aha Shake Heartbreak), et Caleb Followill n’a certainement pas retrouvé le look de péquenot du Tennessee qu’il défendait fièrement en 2003, mais il y a suffisamment d’indices sur ce sixième album des KoL pour nous faire penser que c’est vers ce rock sudiste immédiat et couillu que le groupe aimerait revenir. Ne serait-ce qu’en entendant le single « Supersoaker », qui est probablement l’un des meilleurs trucs écrit par la famille Followill depuis qu’elle dévale la pente savonneuse jonchées de « Sex on Fire » et autres « Use Somebody ». Un morceau rageur, qui justifie tous les espoirs placés dans un groupe dont on a trop vite fait les nouveaux Creedence Clearwater Revival. Enfin, ce retour aux sources, c’est tout le bien qu’on leur souhaite. Parce que si il y a de quoi se réjouir sur Mechanical Bull, on peut également y entendre quelques titres qui nous font croire que rien n’a vraiment changé depuis Come Around Sundown – ce rock de stade sans âme ou ces ballades complètement opportunistes, qui nous font haïr la capacité du groupe à nous tirer une larmichette. Ce qui nous fait surtout penser qu’au bout du compte, il n’y a pas grand chose à dire sur Mechanical Bull, si ce n’est qu’il sert probablement de transition vers quelque chose de bien – ou pas. Au suivant.