Love Me Hate Me Kiss Me Kill Me

Fukkk Offf

Citizen  |  2009
3 / 10
par Jeff  |  le 20 juillet 2009

Depuis qu'a débarqué le premier album de Boys Noize (Oi Oi Oi), le chaland a bouffé du Alex Ridha jusqu'à l'écœurement. Omniprésente en soirée ou en festivals, l'electro du producteur teuton a comblé de bonheur le kid avide de nouveaux sons tapageurs et exaspéré le vieux con à la culture encyclopédique ayant du mal à concevoir le succès de cet ersatz scandaleux de ces bons vieux Daft Punk. Mais quel que soit votre avis sur la question, une chose est certaine: l'ami Boys Noize se faisant un peu plus rare ces derniers temps, le champ est désormais libre pour une armada de jeunes loups prêts à en découdre avec une communauté de clubbers qui ne semble pas se lasser de cette invasion French Touch 2.0 dont ils étaient nombreux à avoir pourtant prédit le rapide déclin.

Parmi les premiers à monter au créneau, citons Fukkk Offf, un autre jeune Allemand aux dents extrêmement longues, et dont les accointances avec Ridha semblent avoir laissé de vilaines traces. Avec un alias de cet acabit et des morceaux aux titres aussi délicats que « Rave Is King », « I Give You Bass » ou « Bloodfuck », le jeune garçon ne laisse pas planer le moindre doute sur ses intentions: Fukkk Offf est là pour vous en foutre plein la gueule! Mais là où le bât blesse, c'est que notre jeune ami n'a pas vraiment le talent et le savoir-faire de ses modèles.

Partant d'un postulat de base assez simple qu'on qualifiera de 'Harder, Faster, Stronger', on remarque rapidement que Fukkk Offf a omis d'intégrer un élément à son équation, le côté 'Better'. On retrouve ainsi sur ce disque des éléments qui semblent avoir été pompés chez les plus grands faiseurs de tubes de la French Touch 2.0 et de la fidget house, à commencer par SebastiAn, Switch, Justice et les Crookers, pour un résultat qui aura pu faire des dégâts si Fukkk Offf avait au moins quelques bonnes idées à nous servir. Malheureusement, Love Me, hate Me, Kiss Me, Kill Me ne fait que très rarement illusion et insupporte avant même qu'on ait pu déceler les quelques onces de talent qui se cachent ci et là. On pourrait alors comparer Fukkk Offf à ces hordes d'imitateurs qui ont tous une belle brochette de voix dans leur escarcelle mais qui ne sont pas foutus  d'accompagner celles-ci de vannes percutantes et de mots bien sentis. Fukkk Offf, c'est un peu le André Lamy du milieu avec ses morceaux juste bons à boucher les trous ou assurer une transition pépère entre deux tubes des artistes mentionnés quelques lignes plus haut.

On est alors en droit de se poser la question suivante: Fukkk Offf serait-il à la French Touch 2.0 ce que Does It Offend You, Yeah? était à la nu-rave, à savoir le signe avant-coureur d'une fin de plus en plus proche? En tout cas, ce n'est pas avec des albums de cette qualité que la soi-disant relève nous permettra de patienter avant le retour discographique des rois du filtre et de l'électro qui tache...