Lasers

Lupe Fiasco

Atlantic  |  2011
3 / 10
par Soul Brotha  |  le 24 mars 2011

Grâce à deux remarquables premiers albums, Lupe Fiasco est devenu une superstar du hip hop. On peut même le considérer comme une figure emblématique de l'évolution de ce genre et de son glissement vers la pop - Kid Cudi et lui étant, à ce niveau là, les enfants de Kanye West qui les a d'ailleurs parrainés tous les deux. Le gamin de Chicago a ainsi su gagner ses lettres de noblesse en brisant les codes habituels du rap, abordant des thèmes lourds sur des productions pop souvent réussies.

Pour autant, ce troisième album est une franche déception. Lasers est un disque incolore et assez pénible à écouter pour une raison simple: les choix musicaux sont totalement ratés. On peut en effet se demander d'où vient cette ambiance fade et ces beats dignes d'un vulgaire chanteur à gamines. La plupart des morceaux se ressemblent, faisant de ce disque une bouillie sonore particulièrement indigeste. Tellement indigeste d'ailleurs qu'on ne saurait retenir un morceau en particulier. Peut être l'atroce "I Don't Wanna Care Right Now" ou "State Run Radio", deux titres qui illustrent bien la morosité de l'ensemble. Mais ce qui est particulièrement dérangeant dans cet album, c'est qu'on ne comprend pas où Lupe Fiasco a voulu en venir. Tout cela est bancal, sent l'à peu près et le bâclé à tous les étages et ce n'est pas "All Black Everything" ou "Never Forget You" (avec John Legend au refrain, peut-être pour la caution urbaine) qui sauveront l'honneur de ce disque tout simplement mauvais.

Lasers est donc une grosse déception doublée d'un spectaculaire plantage pour Lupe Fiasco qui a d'ores et déjà ouvert le parachute dans la presse. Selon lui, son label Atlantic aurait tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues, rendant la conception du projet chaotique. C'est peut-être vrai, mais peu importe. Tout ce qui compte, c'est qu'on espère que le prochain album du emcee de Chicago sera meilleur et plus conforme au pédigrée d'un gars aussi doué que Lupe.

Le goût des autres :

note : 44/10Thibaut