Labyrinthes

Malajube

City Slang  |  2009
7 / 10
par Nicolas  |  le 2 juillet 2009

Ayant atterri dans nos contrées par la grâce de Trompe-l’œil, remarquable second album, les Montréalais de Malajube remettent le couvert avec Labyrinthes, un troisième opus forcément attendu puisque le groupe a considérablement gagné en audience ces dernières années. D’autant plus que leur mérite n’est pas des moindres : ils nous ont tout simplement réconciliés avec la pop en français. Rien que ça. Mais surtout, ils n’hésitent pas à faire passer la langue de Voltaire au second plan, la primauté étant accordée aux mélodies qui font mouche.

À partir du moment où on ne change pas une tactique qui gagne, il paraissait évident que les Canadiens s’évertueraient à offrir de dignes successeurs aux imparables "Montréal -40°C" et "Pâte Filo". Avec "Ursuline" pour ouvrir le bal, Malajube n’a cependant pas eu peur de dérouter son auditoire tant ce premier titre de sept minutes lorgne vers le prog-rock. Revenant à des eaux plus paisibles, et donc plus pop, avec "Porté Disparu", le groupe ne cessera jamais de faire le grand écart tout au long de ce Labyrinthes. Sans avoir fondamentalement changé, ayant tout au plus légèrement évolué, le quatuor n’a rien perdu de son habileté à écrire des morceaux accrocheurs ("Porté Disparu" donc, "Luna", "Les Collemboles"…). D’autre part, le disque s’avère relativement complexe, voire héroïque. À l’image de ses prestations scéniques, la formation semble s’être décidée à monter le son et à faire preuve d’une technicité sans faille. Au risque de perdre quelques auditeurs en cours de route. Si Malajube se la joue tantôt pied au plancher, tantôt avec plus de légèreté, le groupe n’est pas près de changer cette formule qui, au final, leur offre pas mal de libertés. Et on doute également que les Canadiens soient à court d’idées.

Avec Labyrinthes, les Montréalais de Malajube transforment facilement l’essai et font même mieux puisqu’ils parviennent enfin à traduire sur disque ce qu’ils nous délivrent sur scène. Avec leur univers sonore, à la fois tortueux, insaisissable et alambiqué, ces derniers livrent une œuvre dont il est difficile de s’échapper. Malajube ou le Dédale des temps modernes…