Koendelietzsche

Actapulgite

Unknown References  |  2015
8 / 10
par Simon  |  le 22 décembre 2015

La rédaction de Goûte Mes Disques n’a jamais eu l’habitude de faire dans le mondain, préférant travailler calmement dans l’ombre plutôt que d’aller serrer des pinces dans tous les événements de petits journaleux de la capitale belge. Si on aime éviter de se confronter au vacarme de la ville, cela ne nous a pas empêché d’assister à la release party de la dernière sortie de Unknown References. Une invitation cordiale de la part d’un label qui propose tout ce en quoi en croit : du talent, de l’humilité et un projet modeste qui ne demande qu’à grandir sereinement dans le paysage électronique bruxellois. Les chips étaient offerts, les bières spéciales aussi. Pour toutes ces raisons, on se devait de sortir de notre autisme et apporter notre soutien physique au Koendelietzsche d’Actapulgite. Et puis, disons-le tout de suite, on nous avait envoyé les deux titres de cette K7 avant d’y assister et on était tombé de notre chaise dès la première écoute.

Deux titres longs (20 minutes chacun) et montés en une succession de tiroirs, de souffles drone et de kicks techno sourdingues. Deux pièces qui prennent le temps de se raconter en actes successifs, qui déambulent comme de tristes fantômes, qui appellent toujours le drame dans une transe larvée. Une sorte de réunion d’affaires entre le meilleur d’Andy Stott, de Holden et des protégés de Room40 ou L.I.E.S., où il n’y a de place pour aucun complexe, où l’artisan peut repenser la composition électronique avec la simplicité et la beauté qui font les grandes œuvres. Aussi discrètes soient-elles. Pendant trente grosses minutes, on prend notre pied avec conscience et on savoure en bonne intelligence. Jusqu’à l’arrivée de ces dix dernières minutes de la face b, complètement sorties de l’espace, maestria absolue qui nous ferait regretter qu’Antoine ne soit que Bruxellois – là où la nationalité anglaise ou allemande l’aurait déjà projeté sur les devants de la scène.

Qu’importe, ce Koendelietzsche est une grenade sous-marine, dont le bruit de l’explosion se limite à un impact sourd mais dont l’onde de choc percuterait le flanc de n’importe quel cuirassé. L’occasion de se rappeler que ce jeune homme fait partie intégrante d’un peloton militaire plus large (Aidons Antoine, Pacifique Records), lui-même intégré dans une légion de projets électroniques bruxellois qui nous garantit des jours heureux à l’échelle locale (la galaxie Vlek, Unknown References, Ekster, bepotel et tant d’autres). Une armada qui fait le taf avec une beauté assez folle et dans laquelle Actapulgite tient sa place comme celle du petit frère un peu autiste mais totalement génial. Un régal.