Klang !

The Rakes

V2  |  2009
8 / 10
par Popop  |  le 27 mars 2009

« Klang ! », c’est une onomatopée qui veut dire beaucoup de choses, un impact métallique, un choc un peu brutal… « Klang ! », c’est surtout le bruit que les Rakes ont fait avec leur deuxième album, le terriblement décevant Ten New Messages. Après avoir tant fait rêver les amateurs de pop couillue avec Capture-Release, les Britanniques se sont simplement pris le mur, la charpente et les fondations sur la gueule avec un disque à des années-lumière de la spontanéité de leurs débuts. D’où la question naturelle qui pointe le bout de son nez au moment de se plonger dans ce troisième opus : Klang ! est-il le bruit d’un groupe touchant le fond ? Ou celui de 4 musiciens vexés, cherchant à rentrer dans la maison en cassant une fenêtre après avoir été foutus à la porte à grands coups de pieds au cul il y a deux ans ?

La réponse, on l’a dès le premier morceau, "You’re In It". Les Rakes sont de retour à l’intérieur. De la maison ? Oui et non, un peu plus proche, un peu plus profond aussi si l’on en croit les paroles hautement érotiques de cette saillie d’ouverture… Les choses sont claires, les râteaux ne sont pas là pour tortiller du cul et rentrent (l) directement dans le vif du sujet. Pas le temps de faire dans le détail non plus : à seulement 29 minutes au compteur, Klang ! ne s’encombre pas de préliminaires et secoue du bassin sans faiblir. Sur le canapé du salon, dans la cuisine ("Bitchin’ In The Kitchen"), devant un vieux documentaire à la TV ("1989"), dans un cabaret miteux ("The Woes Of The Working Woman"), sur la montagne ("The Final Hill"), Klang ! est un disque à l’énergie juvénile et sexuelle dont la seule ambition est de donner du plaisir.

La prestation est d’autant plus réussie que derrière cette apparente décontraction, les textes d’Alan Donohoe sont plus incisifs que jamais, décrivant à merveille les mœurs de ses contemporains dans des saynètes cinglantes. Au final, Klang ! aurait presque pu être le bruit de la mâchoire de l’auditeur se décrochant s’il ne manquait au disque un tube du calibre de "Retreat" ou "All Too Human". Il faut donc se contenter d’un « Klang ! » de rappel, comme une cloche sonnée pour rameuter les fans partis vers d’autres horizons. Revenez les mecs, les Rakes ont remis du vin dans leur eau !