KIRK

DaBaby

Interscope  |  2019
7 / 10
par Ruben  |  le 14 octobre 2019

En 2019, le rap américain connaît son baby-boom, et entre Lil Baby, Bhad Bhabie, Baby Keem, Bali Baby, SahBabii et Sada Baby, la bataille fait rage. Cependant, force est de constater que c’est bien DaBaby qui repart avec la tétine en or. En effet, son année 2019 a été jalonnée de succès qui le propulsent loin devant cette concurrence néonatale : tout d’abord, en juin dernier, le rappeur de Charlotte a décroché un premier tube « Suge (Yea Yea) » ; ensuite, il s’est placé sur la prestigieuse liste des Freshmen du magazine XXL ; enfin, il a tout simplement été invité sur tous les gros disques US de l’été, du Post Malone au Chance The Rapper en passant par celui de la clique Dreamville. Bref, si l'on retire Lil Nas X de l'équation, DaBaby est LA révélation hip-hop de cette année.

Avec KIRK, DaBaby nous prend à contre-pied d'entrée de jeu avec l’introspectif « INTRO », qui s’éloigne des habituelles fanfaronnades du rappeur de 27 ans. Exit les punchlines égocentriques et machos, ici c’est Jonathan Kirk, le père de famille, qui s’ouvre. Vulnérable et le cœur lourd, DaBaby raconte comment son père est décédé la même semaine que son idole Nipsey Hussle, quelques jours avant le début de sa première tournée nationale. On aurait aimé en connaitre davantage sur la face cachée du bonhomme - surtout que, contre toute attente, son storytelling est franchement poignant - mais passé l’introduction, DaBaby ne lâchera plus une miette. Son personnage déjanté et égocentrique reprend immédiatement le dessus et les douze titres suivants défileront en moins de 35 minutes.

Dans la lignée de son prédécesseur Baby On Baby sorti il y a seulement six mois, KIRK est un disque ultra nerveux qui ne laisse aucun répit à son auditeur. Adepte d’ad-libs lunaires, DaBaby ne lâche rien, surfe sur les 808’s avec une facilité déconcertante et enchaîne les punchlines hilarantes . Il faut également noter un choix d’invités intelligent : le flow mongolo des Migos s’insère parfaitement dans son univers, l’alchimie avec Nicki Minaj fonctionne à merveille et la connexion avec la crapule Kevin Gates fait des étincelles sur le fabuleux « POP STAR ». Mais contrairement à ce que laissait sous-entendre son interprète, KIRK n’est absolument pas le nouveau Tha Carter III ; il n’en reste pas moins un disque fun, extravagant et saugrenu qui confirme surtout que le charismatique Jonathan Kirk est plus que jamais en lice pour décrocher le titre honorifique de « rookie of the year ».

Le goût des autres :