Journals

Justin Bieber

Island  |  2013
7 / 10
par Tristan  |  le 18 janvier 2014

On ne va pas y aller par quatre chemins: pour écouter ce nouvel album du nabot canadien, il faut faire abstraction de ce que l'on sait de l'éphèbe à la mèche générationnelle d'une part, et aimer le r'n'b d'autre part. Partant de là, ceux qui n'ont pas encore pris leurs jambes à leur cou constateront qu'on ne trouve pas vraiment de racolage actif sur cet album, que les prods sont classiques mais soignées, et que même si le chant est certes geignard, l'ensemble est d'une qualité très honnête. Il y a sur Journals des trucs un peu ringards bien sûr: la guitare et les chœurs de « Bad Day », le solo de « Backpack », par exemple. Il n'y a aucune prise de risque non plus (faut pas rêver...), mais les mélodies s'insinuent dans nos têtes et mettent à mal notre estime de nous et notre crédibilité. Du coup, je ne sais pas si c'est un manque d'exigence de ma part, un esprit de contradiction face à l'opinion générale ou tout simplement que le disque est de qualité, mais alors je connaissais Justin Bieber comme tout le monde (comme un ado pitoyable donc), je le découvre ici comme un chanteur agréable à écouter - en tout cas pas du tout un mec qui fait de la musique de boys band.

On ne va pas encore épiloguer sur la capacité de mixité des américains, mais simplement rappeler qu'on trouve ici Chance The Rapper, R. Kelly, Future, Big Sean et Lil' Wayne derrière les micros, T-Minus, Diplo et Rodney Jerkins à la production et apparemment Drake à l'écriture de « One Life ». Je vois d'ici les remarques du type : « ils font ça pour la thune ». Bien sûr, et ce type de collaborations n'est pas toujours intéressant musicalement, mais ça fait plus avancer le schmilblick que les positions sectaires stériles. Et en l'occurrence, si Lil' Wayne livre un couplet d'une fainéantise désarmante (c'est un peu une habitude ces dernières années en même temps), les autres invités participent aux meilleures chansons, notamment « Confident » et « Pyd », où l'on voit d'ailleurs bien la différence qualitative au niveau de la voix avec l'ami Robert Kelly sur ce beat ultra filtré à la Noah « 40 » Shebib. Bref, pour faire simple, on dira que l'ensemble fonctionne très bien. D'ailleurs, il paraîtrait que le jeune adulte prend sa retraite. J'en serais presque déçu, en fait.