Hideout

Film School

Beggars Banquet  |  2007
6 / 10
par Nicolas  |  le 20 décembre 2007

On se souvient d’avoir découvert Film School en 2005 alors que le groupe assurait la première partie de The National, les formations étant toutes deux originaires de San Francisco et signées sur Beggars Banquet. Musicalement parlant, Film School s’éloignait pourtant de la formation de Matt Berninger afin de plonger dans le sillage de groupes tels que Joy Division, The Cure ou My Bloody Valentine. Mais alors qu’on lui prédisait une ascension fulgurante, le quintette américain ne parvint jamais à se démarquer et resta dans un relatif anonymat. Ce qui n’empêcha pas la guigne de s’acharner sur le groupe qui se fit voler son matériel…

Un déménagement et deux années plus tard, de San Francisco à Los Angeles, voilà que Film School nous revient donc avec Hideout, un album plus sombre que son prédécesseur qui ne manquera pas de définitivement catégoriser le groupe comme faisant partie de la vague "revival". Dès lors, Film School ressort tout son attirail pour nous prouver qu’il maîtrise sa leçon, c’est-à-dire les années 80 et 90 : cold et new wave, post-punk, shoegazing étant allégrement passés en revue sur les 13 plages de Hideout. Bien plus assuré que par le passé, notamment au niveau vocal, le groupe essaie également de mieux échafauder ses murs de guitares afin de gagner en limpidité. Et si un fameux brouillard enveloppe toujours leurs compositions, celles-ci pèchent tout de même par un certain manque d’originalité tandis que leur univers tarde lui aussi à se renouveler.

Dès lors, on aura vite fait de dire que Film School connaît son sujet… mais qu’il n’y apporte rien de personnel, à l’image d’un écolier un rien trop modèle se sauvant grâce à l’étude "par cœur". Quant à nous, nous prendrons le rôle du méchant professeur en le gratifiant d’une mention faible mais passable... tout en insistant sur le fait qu’il devra sans doute s’accrocher au niveau supérieur, c’est-à-dire lors de la sortie du quatrième effort, sous peine d’être complètement largué ! A bon entendeur…